Filière cacaoyère en Côte d’Ivoire: ‘‘on nous achète le cacao à crédit’’, révèle le président du SYNAPRICCCI

Alors que l’économie ivoirienne repose essentiellement sur la filière du café cacao, le secteur traverse depuis des mois une crise qui pourrait impacter la production nationale si aucune solution n’est trouvée. Dans une récente déclaration, le président du SYNAPRICCCI a fait de surprenantes révélations sur les réelles conditions de vie des paysans qui menacent d’entrer en grève dès ce mercredi.

Si l’Etat ivoirien tire pleinement profit des recettes générées par la filière du Café Cacao en Côte d’Ivoire, on ne saurait en dire autant des paysans censés être les premiers bénéficiaires. Pour permettre à ces derniers de pouvoir vivre convenablement de leur travail, le gouvernement ivoirien avait mis en place un politique de prix sécurisé, garantissant ainsi un prix d’achat fixe aux planteurs quelles que soient les tendances du marché. Mais cette mesure mise en place par le gouvernement serait loin d’être respectée si l’on en croit la déclaration faite ce mercredi 15 février 2017 par Mr Christophe Auguste Douka, le président du SYNAPRICCCI, le syndicat national des Producteurs Individuels de Café Cacao en Côte d’Ivoire : « Les prix fixés par le Conseil du Café Cacao sur instruction du Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, malgré son statut de ’’prix sécurisé’’ ne sont pas respectés au bord champ », a-t-il souligné dans sa déclaration. Mais Christophe Auguste Douka est allé encore plus loin dans ses révélations alors que les acteurs de la filière cacaoyère menacent d’entrer en grève ce mercredi pour une durée indéterminée.

Les producteurs de cacao ne touchent pas encore les prix dits sécurisés

Dans sa déclaration, le président du SYNAPRICCCI est revenu sur le plafond de prix garanti que chaque producteur est censé toucher lors de l’achat de ses fèves. Le prix minimum d’achat bord champs fixé par le Conseil du Café-Cacao en Côte d’Ivoire s’élève 1100 francs Cfa le Kg pour les fèves de cacao puis à 750 francs Cfa minimum pour le café. Mais en réalité, les premiers acteurs de la filière cacaoyère toucheraient moins que le prix bord champs fixé par le gouvernement ivoirien : « On nous achète le cacao à crédit entre 700 francs et 900 francs/Kg », soit une marge de différence comprise entre 200 et 400 francs Cfa. ‘‘Mais plus grave’’ encore, souligne le président du SYNAPRICCCI, « en nous distribuant des papiers qui n’ont aucune valeur juridique ». Ces révélations mettent en évidence quelques calvaires vécus par les producteurs de cacao qui s’insurgent contre le blocage sans raison du processus de commercialisation des fèves de cacao, raison pour laquelle ils ont décidé de lancer une grève illimitée ce mercredi si le blocage persiste.

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