Déchets toxiques à Abidjan: Trafigura opère toujours en Côte d’Ivoire malgré le scandale

Le scandale des déchets toxiques en Côte d’Ivoire continue toujours de susciter l’indignation chez plusieurs associations de défense des droits des victimes. Mais une bonne partie de la population vivant à Abidjan semble ignorer que la société Trafigura exerce toujours des activités sur le sol ivoirien, et ce, malgré les dégâts causés par le déversement des ordures il y’a 11 ans.

Si actuellement l’indemnisation des victimes de déchets toxiques à Abidjan fait la une dans l’affaire Probo Koala, le scandale du déversement des ordures cache encore bien des mystères. La rédaction de Côte d’Ivoire News a enquêté sur l’un des plus surprenants et probablement méconnus de ces mystères, la présence du groupe Trafigura en Côte d’Ivoire. C’est une information qui peut surprendre plus d’un mais la société de courtage pétrolier opère toujours sur le sol ivoirien, dans le domaine d’exploitation pétrolière. Alors que plusieurs associations de victimes, au niveau national comme sur le plan international, avaient fermement condamné le déversement des boues toxiques à Abidjan, le groupe Trafigura n’a pas quitté la Côte d’Ivoire, malgré les dégâts causés. L’actuel gouvernement est-il informé de la présence du courtier pétrolier dans la capitale ivoirienne ? Affirmatif, et la société nationale d’exploitation pétrolière (Petroci) a même noué un partenariat avec Trafigura, la société responsable de la pollution d’Abidjan en août 2006, une responsabilité qui reste encore à confirmer sur le plan judiciaire. Mais l’entreprise pétrolière fondée en 1993 par deux français opère sous une autre casquette en Côte d’Ivoire, probablement pour ne pas éveiller les soupçons sur sa présence à Abidjan, une ville qu’elle a pollué il y’a de cela 11 ans en déversant 580 tonnes de déchets toxiques sur 18 sites.

Sous quelle couverture opère Trafigura en Côte d’Ivoire ?

Le scandale des déchets toxiques en Côte d’Ivoire n’a visiblement pas empêché Trafigura d’exercer ses activités de courtage pétrolier sur le territoire ivoirien. La présence du marchand pétrolier dont le siège se trouve en Suisse est pourtant visible dans les rues d’Abidjan : Puma Energy. C’est désormais sous cette casquette que le groupe Trafigura opère en Côte d’Ivoire. Faut-il rappeler qu’en 2016, au plus fort de la crise qui avait secoué la Petroci, le gouvernement ivoirien, sous tutelle du ministère de l’Energie et des mines, avait conclu avec Puma Energy un accord de privatisation de la compagnie nationale d’exploitation pétrolière. Grâce à cet accord, la Petroci avait cédé une bonne partie de ses stations de vente d’essence à Puma Energy, en d’autres termes à Trafigura qui est sa maison mère.
Et le courtier pétrolier n’est pas seulement présent qu’en Côte d’Ivoire, mais dans plusieurs pays de la sous-région ouest africaine dont le Nigéria, le Sénégal ou encore le Ghana, à travers bien sûr sa filiale Puma Energy.

Une présence tout à fait justifiée

Si pour les ivoiriens il ne fait aucun doute que Trafigura est responsable du déversement des déchets toxiques à Abidjan, il faut rappeler aussi rappeler que le groupe a été juridiquement blanchi dans l’affaire du Probo Koala. Grâce à un arrangement pécuniaire passé avec les autorités ivoiriennes de l’époque, Trafigura avait déboursé la somme d’environ 200 millions de dollars pour échapper à toute poursuite judiciaire. Se faisant, le courtier pétrolier a échappé à la procédure de d’indemnisation des victimes, une opération conduite par le Cabinet Leigh Day en collaboration avec les associations de victimes.

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