Acquittement Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire : une décision politique ou judiciaire ?

Contre toute attente, Simone Gbagbo a été acquittée par la justice ivoirienne dans le second procès ouvert contre elle l’année dernière. En plus de l’étonnement général qu’a suscité cette décision, la relaxe de l’ancienne première dame ivoirienne a également suscité la colère de plusieurs associations et ONG de défense des droits des victimes, de quoi se demander si cette relaxe était une décision judiciaire ou politique ?

L’acquittement de Simone Gbagbo, accusée de « crimes contre l’humanité et crimes de guerre » alimente toujours les débats en Côte d’Ivoire ce jeudi 30 mars. Le verdict rendu par la justice ivoirienne mardi a suscité la colère de plusieurs associations de victimes qui au passage ont dénoncé « une prime supplémentaire à l’impunité », comme l’a souligné Issiaka Diaby, président d’une association de victimes. Pour lui, la déception est grande d’autant plus que « Les parents des victimes attendaient cette condamnation pour faire le deuil de leurs proches disparus ou assassinés », a-t-il poursuivi. L’acquittement de Simone Gbagbo a également suscité l’indignation de l’ONG Human Right Watch qui de son côté, a appelé la CPI à entamer des poursuites contre l’ex-première dame : « L’enquête peu approfondie et les preuves ténues présentées lors de son procès soulignent l’importance de l’affaire en cours contre Simone Gbagbo à la CPI pour des crimes similaires ».

Cette décision d’acquittement de Simone Gbagbo fait encore la une des journaux ivoiriens, car l’opinion publique en majorité s’attendait à une nouvelle condamnation de l’ex-première dame ivoirienne. Avant sa relaxe, le procureur avait requis la perpétuité pour Simone Gbagbo, dans un procès dont l’équité a été remise en cause par plusieurs mouvements des droits de l’homme. Mais coup de théâtre, le juge ordonne l’acquittement de l’ancienne première dame, un verdict qui sera suivi d’un tonnerre d’applaudissement dans le camp du FPI. Ce revirement, personne ne l’avait vu venir, car tous étaient unanimes sur une présumée responsabilité de Simone Gbagbo dans les violences post-électorales de 2010 – 2011. Le surprenant verdict rendu par la justice ivoirienne émanait-il d’une décision politique ?

L’appareil judiciaire remis en cause dans le procès Simone Gbagbo

La justice ivoirienne a essuyé de nombreuses critiques pendant le déroulement du procès de l’ancienne première dame ivoirienne. Pour des raisons d’impartialité évoquées, les avocats de la défense de Simone Gbagbo ont suspendu leur participation au procès, pour avoir demandé d’avoir accès à certaines pièces constitutives du dossier mais sans succès. Les avocats commis d’office pour assurer la défense de l’ex-première dame ont eu aussi dénoncé certaines zones d’ombres dans ce procès. Sans trop se prononcer sur la décision d’acquittement de l’épouse de Laurent Gbagbo, les trois principales associations de défense des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, le FIDH, la LIDHO et le MIDH ont rapporté que « ce procès a été un véritable fiasco » à tous les niveaux, appelant au passage les acteurs de l’appareil judiciaire à « tirer les leçon de ce nouvel échec. ».
Cet échec remet quelque peu en cause la crédibilité de la décision rendue mardi par la justice ivoirienne. Le jugement rendu mardi par le pouvoir judiciaire aurait-il été influencé par une quelconque décision politique ? Quelques partisans du Front populaire ivoirien semblent en tout cas persuadés que c’est le cas.

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