Procès des disparus de Novotel: prison à vie pour cinq accusés dont Dogbo Blé

L’avocat général du Tribunal de première instance de Yopougon a requis ce mardi 11 avril la perpétuité pour cinq des dix accusés dans le procès des disparus de Novotel. Pour le général Dogbo Blé ainsi que quatre autres coupables, Me Souleymane Koné a requis la plus lourde des sanctions, à savoir la prison à vie.

Dans le cadre du procès des disparus de Novotel enlevés pendant la crise post-électorale ivoirienne, l’avocat général du Tribunal de Yopougon a requis ce mardi la prison à vie pour cinq accusés reconnus coupables dans le rapt de l’Hôtel. Cette lourde peine a été particulièrement requise pour trois militaires ivoiriens, un commissaire de police et un civil. Alors qu’il est sous le coup de deux condamnations, le général Dogbo Blé Bruno figure parmi les accusés pour qui la perpétuité a été requise par Me Souleymane Koné, l’avocat général du tribunal de Yopougon. La prison à vie a aussi été requise pour deux autres gradés de l’armée ivoirienne, à savoir le colonel Okrou Léopard (chef des opérations à la Garde Républicaine, notamment pendant la crise de 2011 en Côte d’Ivoire) et le colonel Aby Jean. Ce dernier avait, tout comme Dogbo Blé, déjà été condamné dans le cadre de la crise post-électorale ivoirienne. Avec le procès des disparus de Novotel, il risque une peine bien plus importante que celle de sa première condamnation. La peine maximale a été aussi requise pour le commissaire Osée Logué, ancien officier de liaison de police la garde Républicaine sous l’ère du président Laurent Gbagbo. Et le dernier des cinq accusés qui risquent la perpétuité est un civil répondant au nom de Guehi Bleka Henri, connu familièrement sous le nom de ‘‘Rougeaud’’. Un autre civil connu à l’état civil sous le nom de Yoro Tapeko encourt une peine de 10 ans dans le procès des disparus de Novotel, un marathon judiciaire à l’épilogue quelque peu regrettable.

Dogbo Blé, le cerveau de l’enlèvement du Novotel ?

Selon l’avocat général du Tribunal de Yopougon, l’ancien commandant de la garde Républicaine était informé de ‘‘l’enlèvement des otages du Novotel’’, en raison du fait qu’il était ‘‘le commandant militaire du palais’’. Tout comme dans le cadre des violences post-électorales et dans l’assassinat du général Robert Guéi en 2002, Dogbo Blé serait le « centre de gravité » de l’opération d’enlèvement des quatre disparus de Novotel. Mais le ‘‘silence’’ des accusés pendant les différentes audiences n’a pas permis de situer dans les faits la responsabilité des uns et des autres.

De nombreuses questions sans réponse, triste épilogue du procès des disparus

La joie des familles des victimes n’est que de moitié dans cette affaire. Même si le Parquet général a requis la perpétuité pour les principaux accusés dans le procès, les familles déplorent l’épilogue d’une procédure judiciaire qui n’a pas livré tous ses mystères. En plus de la condamnation des accusés qui seraient reconnus coupables, les familles des victimes s’attendaient aussi à ce que les prévenus passent aux aveux, en expliquant dans les moindres détails comment les quatre disparus ont été enlevés, conduits au palais présidentiel, torturés avant d’être assassinés : « Ce procès était aussi fait pour qu’une parole se délivre, pour que les familles sachent comment se sont passés les derniers moments et où les corps ont été jetés. On ne le saura jamais », a déclaré Me Pierre-Olivier, l’un des avocats des familles des victimes. Si plusieurs accusés ont reconnu avoir participé au rapt de l’hôtel, aucun d’eux n’a avoué directement sa culpabilité dans les meurtres de Stéphane Frantz Di Rippel, Raoul Adeossi, Chelliah Pandian et Yves Lambelin l’ancien directeur général du groupe SIFCA.
A ce jour, seul le corps sans vie de l’ancien DG de SIFCA a pu être retrouvé dans cette affaire d’enlèvement. Les familles des victimes devront donc faire le deuil de leurs disparus sans savoir où les corps ont été jetés

L’avocat de la défense dénonce des ‘‘contradictions’’ dans le procès

« Il y a des contradictions, des confusions au niveau juridique mais aussi au niveau logique. On nous dit qu’il y a préméditation alors qu’on insiste sur la surprise des officiers à l’annonce de la mort des Français. On nous dit qu’il y a eu des ordres tout en soulignant que la liste des otages ne correspond pas à celle des personnes recherchées. », a expliqué Me Dadjé Rodrigue, l’un des avocats de la défense. Pour lui, cette procédure judiciaire encore plus ou moins floue vise uniquement ‘‘à punir Dogbo Blé et la garde Républicaine’’. A noter que les avocats de la défense présenteront leur plaidoirie dans une semaine.

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