Côte d’Ivoire: nouvelles modalités de passage en classe supérieure, le ministère s’explique

A l’occasion de la prochaine rentrée scolaire en Côte d’Ivoire, le ministère de l’éducation envisage de mettre en place quelques dispositions dites ‘‘transitoires’’ pour faciliter à certains élèves le passage en classe supérieure. Face à la colère de certains parents d’élèves, le ministère de l’éducation nationale s’est expliqué sur les raisons de l’instauration de ces nouvelles modalités.

Le ministère de l’éducation nationale en Côte d’Ivoire a décidé d’instituer de nouvelles modalités de passage en classe supérieure pour la rentrée scolaire 2017 – 2018. Ces mesures ‘‘transitoires’’ concernent aussi bien les élèves du primaire que ceux du cycle secondaire. Quelques jours après la parution des nouveaux barèmes dans la presse ivoirienne, de nombreux parents d’élèves ont dénoncé sur les réseaux sociaux l’institution de ces nouvelles dispositions. Pour certains parents, cette mesure n’aura d’autres effets que « d’encourager les enfants à la médiocrité », puisqu’ils n’auront besoin de fournir que très peu d’efforts pour aller en classe supérieure. Devant le mécontentement des parents, le ministère de l’éducation a rendu public un communiqué dans la soirée du lundi 17 avril pour tenter de justifier sa position. Selon le ministère, cette disposition devrait permettre à l’Etat et aux parents d’élèves d’épargner « 87 milliards de francs Cfa par an ». Mais l’argument financier n’est pas le seul motif d’institution de ces mesures transitoires dans le système éducatif ivoirien, « l’enjeu pour le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle est d’aboutir à une notation qui permette d’assurer un meilleur suivi du parcours scolaire de chaque élève. ». Dans ses explications, le ministère chargé de l’éducation a aussi insisté sur le fait que « ce n’est pas pour encourager la médiocrité » que ces dispositions ont été prises.

Les nouvelles dispositions de passage en classe supérieure

Grâce aux nouvelles dispositions qui entreront en vigueur dès la rentrée prochaine, les élèves des classes de CP1, CE1 et CM1 seront automatiquement admis en classe supérieure, même s’ils n’ont pas la moyenne minimale requise. Les élèves des classes de CP2 et CE2 n’auraient besoin que d’une moyenne générale annuelle (MGA) d’au moins 4 / 10 ou 8 /20 pour passer en classe supérieure. En plus du cycle primaire, les nouvelles mesures du ministère ivoirien de l’éducation nationale se sont également étendues aux élèves du cycle secondaire. Pour le passage en classe supérieur dans le premier cycle, « la moyenne générale annuelle minimale pour accéder en classe supérieure est 9/20 ».

Communiqué intégral du ministère de l’éducation nationale

« Bouleversements des modalités de passage en classe supérieure au primaire et au secondaire, Il ne s’agit pas d’encourager la médiocrité. Pour bien comprendre la nouvelle réforme de passage en classe supérieure il faut savoir que les redoublements coûtent à l’Etat ivoirien et aux familles, 87 milliards de FCFA par an. Et, le redoublement empêche certains élèves à avoir des places dans les écoles. Selon les dispositions transitoires, les nouvelles modalités de passage en classe supérieure au primaire CP1, CE1 et CM1 et au secondaire pour l’année 2016-2017, les élèves passent automatiquement en classe supérieure. Pour les classes de CP2 et CE2, l’élève passe en classe supérieure si leur moyenne générale annuelle (MGA) est supérieure ou égale à 4/10. Si cette note annuelle est inférieure à 4/10, soit 8/20, l’élève redouble. Dans l’enseignement secondaire, de la 6ème à la 3ème, la moyenne générale annuelle minimale pour accéder en classe supérieure est 9/20, soit de 4,5/10. Si au secondaire, la moyenne de l’élève est comprise entre 7/20 et 8,99/20, soit 3,5/10 et 4,49/10, l’élève redouble. Si la moyenne est inférieure à 7/20, l’élève est exclu, sauf cas d’exception. Aujourd’hui, renvoyer un enfant à bas âge de l’école, n’a plus son sens, surtout au CP1, alors que ce n’est pas première étape de son apprentissage. Quand on dit 4/10, cela choque. Mais, ce n’est pas pour encourager la médiocrité. Les classes de CP1 et CE1 sont dites de niveau. Celles de CP2 et de CE2, sont des classes de renforcement. Il ne s’agit pas de boucher les tuyaux mais de mieux enseigner nos enfants et leur laisser une chance de réussite. Aujourd’hui, depuis l’instauration des cours du mercredi 90% du temps d’apprentissage de nos enfants est reparti en 50% pour le français, 40% pour les sciences, les Mathématiques et 10% pour les autres disciplines. Pour cela, Un nombre important d’enseignants du primaire ont été formés sur les méthodes pédagogiques, c’est tout un important dispositif pédagogique qui est mis en amont pour favoriser la réussite d’ un maximum d’enfants. De plus, dans les emplois du temps des classes du primaire, des plages de renforcement des apprentissages et des heures de soutien pédagogique sont prévues pour la prise en charge des élèves en difficulté d’apprentissage. Et les cours du mercredi visent donc à combler les lacunes des élèves et mettre en phase l’enseignant et ses élèves, parce que plus les élèves sont exposés aux apprentissages, plus ils ont des meilleures chances d’apprendre. Sur la base de la nouvelle loi sur l’école ivoirienne datée de septembre 2015, l’école est obligatoire de 6 ans à 16 ans. Et, aucun élève ne peut être sorti du système éducatif normal et technique ou professionnel avant d’avoir atteint l’âge de 16 ans. Les enjeux pour le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle est d’aboutir à une notation qui permette d’assurer un meilleur suivi du parcours scolaire de chaque élève. Nos enfants seront évalués sur le travail accompli, et c’est sur la durée que nous percevrons les résultats. Et cela participera à l’amélioration de la bonne gouvernance en milieu éducative. Nous avons misé véritablement sur un temps d’apprentissage plus long de nos enfants dans des matières clés, pour élever leur niveau et les rendre plus compétitifs. Ensemble faisons en sorte qu’aucun de nos enfants ne soit plus jamais laissé à la rue parce que renvoyé de nos écoles. C’est le sens d’une école ivoirienne inclusive qui accepte tous les enfants, portant ou ne portant pas un handicap. ».

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