Opération militaire de l’armée ivoirienne contre la mutinerie, les mutins résistent toujours

Pour endiguer la mutinerie en cours depuis quatre jours en Côte d’Ivoire, le chef d’Etat a décidé de soumettre les mutins par la force. Une opération militaire menée par l’armée ivoirienne est actuellement en cours pour ‘‘le rétablissement de l’ordre’’ à Bouaké, Abidjan, Daloa, Korhogo et Bondoukou.

Une opération militaire de l’armée ivoirienne est actuellement en cours pour mettre un terme à la nouvelle mutinerie lancée depuis Bouaké il y’a quatre jours. Parti depuis la deuxième grande ville du pays, la grogne militaire s’est étendue à plusieurs régions de Côte d’Ivoire, comme c’était le cas en janvier dernier. Les mutins sont toujours dans les rues ce lundi malgré l’opération militaire lancée par le chef d’Etat-Major, le général Sékou Touré, pour les contraindre à retourner dans les casernes rétablir l’ordre. Tôt dans la matinée de ce 15 mai, les populations de Bouaké ont été réveillées par des coups de feu tirés par les mutins qui contrôlent toujours la ville. Un habitant de la ville rapporte avoir entendu des tirs à l’arme lourde, preuve de l’intensité de la tension qui règne actuellement à Bouaké depuis 5h du matin. Selon les informations que nous détenons, trois contingents de l’armée ivoirienne ont été envoyés dans la ville épicentre des mutineries qui secouent la Côte d’Ivoire.

Situation toujours tendue à Abidjan, Daloa, Bondoukou et Korhogo

En plus de contrôler Bouaké, les mutins ont également bloqué les accès et la circulation dans de nombreuses villes du pays. A Daloa, des tirs sporadiques ont été entendus ce lundi matin, alors que la population avait manifesté samedi pour dénoncer cette nouvelle mutinerie des hommes en armes. La situation est toujours tendue à Bouaké et Korhogo, les militaires qui occupent toujours les rues avec un seul message à la bouche : « on veut notre argent c’est tout. Une promesse, ça se respecte ! ». En dépit de l’opération militaire lancée par l’armée ivoirienne, Abidjan la capitale était également en ébullition ce lundi matin. Plusieurs coups de feu ont été tirés en provenance du camp d’Akouédo dans la nuit du 14 au 15 mai. Les militaires ont également tiré en l’air dans le camp Gallieni situé dans la commune du plateau, le centre des affaires. Et aux dernières nouvelles, des tirs ont retenti ce matin en provenance de la base maritime située au port fruitier de la commune de Plateau à Abidjan.

Les mutins réclament le respect des engagements pris

Au plus fort de la mutinerie qui avait secoué la Côte d’Ivoire en janvier dernier, l’Etat de Côte d’Ivoire, après avoir ouvert des négociations avec les soldats mutinés, s’est engagé à satisfaire leurs revendications. Ceux-ci réclamaient des primes Ecomog dont le montant serait de 12 millions de francs Cfa (18.240 euros) pour chacun des soldats. En tout, 8400 mutins étaient concernés par ces primes dont une partie (5 millions de Francs Cfa, soit 7600 euros) avait été versée en janvier, l’autre tranche du versement étant prévue pour le mois de mai. Et à la grande surprise des soldats mutinés, un sergent présenté comme leur porte-parole a déclaré jeudi soir lors d’une rencontre avec le président Alassane Ouattara que les soldats renonçaient à leurs revendications financières, ce qui n’est visiblement pas le cas. Depuis vendredi, les soldats mutinés sont descendus dans les rues pour réclamer les 7 millions restant de la prime qui leur avait été promise en janvier par le chef de l’Etat. Plus d’une vingtaine de personnes ont été blessés depuis le début de ce nouveau mouvement d’humeur en Côte d’Ivoire. Malgré l’opération militaire en cours à Bouaké, les mutins campent toujours sur leurs positions et montrent ce lundi qu’ils sont visiblement prêts à en découdre avec leurs frères s’il le faut.

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