L’après mutinerie en Côte d’Ivoire: retour au calme avant la prochaine tempête?

Deux jours après l’accord trouvé entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les mutins, un calme olympien règne dans les rues d’Abidjan et de l’intérieur du pays. Après la mutinerie, le cours de la vie a repris progressivement, les barrages et corridors érigés ont tous été levés. Pourtant, ce calme olympien qui règne depuis mardi cache peut-être l’arrivée d’une nouvelle tempête, un nouveau vent de déstabilisation du pays.

Le retour au calme est effectif en Côte d’Ivoire après quatre journées de mutinerie qui ont secoué Abidjan, Bouaké, Korhogo, Daloa et plusieurs villes et localités du pays. Si certaines écoles étaient désertes dans la commune de Cocody mardi, les cours ont véritablement repris ce mercredi 17 mai dans la quasi-totalité des établissements scolaires de la capitale et de l’intérieur du pays. En lieu et place des mutins qui avaient occupé différents corridors pendant la grogne militaire, les policiers et gendarmes sont de retour à leurs postes. Les camions qui étaient stationnés dans la ville de Bouaké ont repris leur chemin vers la capitale depuis mardi, les commerces et banques ont ouvert après une période d’inquiétude liée à la nouvelle mutinerie en Côte d’Ivoire. Ce calme qui règne actuellement au pays a pourtant un prix. Alors que la contestation militaire prenait de l’ampleur, le ministre délégué à la défense a déclaré lundi qu’un accord avait été trouvé avec les mutins sur les modalités de sorties de crise. Le contenu de cet accord n’a pas été dévoilé par le ministre Alain-Richard Donwahi mais tout porte à croire qu’il serait lié au paiement des 58,8 milliards de francs Cfa restants de la prime promise aux 8400 soldats mutinés. Comme en janvier, les mutins obtiennent gain de cause en Côte d’Ivoire après avoir fait pression manu militari sur le gouvernement. Même si la question des primes semble à priori réglée, le pays n’est pas totalement à l’abri de nouvelles revendications sociales, voire financières.

Des contestations sociales en vue après la mutinerie en Côte d’Ivoire ?

La fin de la mutinerie ne signifie pas pour autant la fin des contestations sociales en Côte d’Ivoire. En plus des revendications militaires, l’Etat ivoirien fait face depuis des mois à des revendications sociales portées par les fonctionnaires. Pendant le mois de janvier, l’administration publique a entamé une longue série de grèves qui ont poussé l’Etat de Côte d’Ivoire à céder sur certains points de l’ordonnance 2012 relative au régime de retraite. Mais l’une des principales revendications des fonctionnaires reste encore insatisfaite, malgré les pressions exercées sur le gouvernement avec les appels à la grève. Toujours aucun accord en vue entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les syndicats de la fonction publique pour le paiement du stock des arriérés dont le montant s’élèverait à 249,6 milliards de francs Cfa. Et le nouvel accord passé avec mes mutins risque de jeter de l’huile sur le feu, étant donné la position encore trouble du gouvernement sur le paiement des SDA (Stock des arriérés). Une tempête est certes passée avec le retour des mutins aux casernes, mais ce calme olympien pourrait bien être de courte durée si l’Etat tarde à satisfaire les revendications financières des fonctionnaires ivoiriens.

206 total views, 2 views today


  

 
Haut

Hello !

Vous aimez Cotedivoire.news ? Merci de nous faire un Amour de LIKE ! !