Les démobilisés paralysent encore Bouaké : de nouvelles revendications financières

Les anciens soldats de l’armée ivoirienne ont encore fait parler d’eux dans la ville de Bouaké en descendant dans les rues pour réclamer des primes. Les démobilisés avaient d’abord essayé de prendre le contrôle du corridor nord de la ville avant d’être dégagés manu militari par les forces de l’ordre. Ils promettent de nouvelles actions pour que leurs revendications financières soient examinées par le gouvernement.

Une nouvelle manifestation des soldats démobilisés a été repoussée de forces par la police à Bouaké, ville épicentre des mouvements d’humeur qui ont secoué la Côte d’Ivoire. Il y’a de cela 24h, quelques dizaines d’anciens soldats de l’armée ivoirienne ont tenté de prendre le contrôle de l’entrée nord de la ville de Bouaké, une tentative qui a été mise à l’échec par une intervention musclée des forces de l’ordre. Pour dégager les manifestants du corridor nord, les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogène, sans qu’il y’ait de blessés ni de perte en vie humaines. Cette nouvelle manifestation des démobilisés en Côte d’Ivoire était pilotée par Aboudou Diakité, le vice-président de la « cellule 39 ». Tout comme les mutins, les ex-soldats rebelles réclament eux aussi des primes : « Il faut qu’on nous donne nos 18 millions de francs CFA, c’est pour cela que nous avons bloqué le corridor nord ce matin », a martelé l’un des porte-parole des démobilisés, brandissant encore la menace de nouvelles actions si leurs revendications ne sont pas prises en compte par l’Etat : « Nous allons continuer si on ne nous donne pas notre argent ». Comme on peut s’en douter, cette nouvelle contestation a fait réagir Amadou Ouattara, le président de la « cellule 39 » représentant les démobilisés de Bouaké.

Une forme de revendication condamnée

« L’acte que certains de nos camarades, dirigés par mon vice-président, ont posé ce matin, est grave. Nous condamnons cette forme de revendication » a confié Amadou Ouattara à l’AFP le dimanche. A en croire le président de la cellule 39, cette nouvelle manifestation des anciens soldats rebelles ne relèverait en aucune manière d’une action collective de l’association qu’il dirige. Selon lui, « Ce n’est pas avec la violence que nous allons obtenir quelque chose de nos gouvernants », une opinion que ne partage visiblement pas son vice-président Aboudou Diakité. Pour l’heure, la situation est sous contrôle mais les anciens soldats ont promis de nouvelles actions si le gouvernement n’engageait pas de franches discussions avec eux pour le paiement des 18 millions de francs Cfa (27.000 euros) qu’ils réclament.

Au nombre de 6.000, les démobilisés avaient décidé de ranger les armes pour passer du côté de la vie civile après la crise post-électorale ivoirienne. En contrepartie, l’Etat devait s’assurer de l’insertion sociale de ces anciens combattants moyennant le financement de certains projets de réinsertion. Mais aujourd’hui, les ex-soldats ne manifestent plus pour des actions sociales, ils exigent des primes, tout comme les mutins.

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