Présidentielle au Rwanda : une réélection sans surprise de Paul Kagamé

Seulement trois candidats s’affrontent pour le fauteuil présidentiel au Rwanda, une élection qui suscite très peu d’intérêt puisque l’on tend inéluctablement vers la réélection de Paul Kagamé pour un troisième mandat. Après 23 ans de règne, le président sortant candidat à sa propre succession est plus que jamais assuré de gagner la présidentielle rwandaise du 4 août.

Au Rwanda, la réélection de Paul Kagamé lors de la présidentielle du 4 août ne fait plus aucun doute. Pour briguer le fauteuil présidentiel, seulement deux candidatures ont été validées, naturellement en plus de la candidature du président sortant qui brigue son troisième mandat. Sur les quelques 7 millions de rwandais attendus aux urnes jeudi pour la diaspora et vendredi pour le vote national, l’opposition table sur un taux de participation relativement en dessous des 50%, comme l’a récemment expliqué l’un des candidats à la présidentielle au Rwanda : « S’il s’agissait d’une élection libre, nous aurions une chance de dépasser les 51% », a indiqué Frank Habineza, le candidat du PDV, le parti démocratique vert. Grâce à la réforme constitutionnelle de 2015 adoptée par les rwandais à 98% par voie référendaire, Paul Kagamé file tout droit vers un troisième mandat à la tête d’un pays qu’il dirige depuis 23 ans, un règne qu’il pourrait perpétuer jusqu’en 2034. Face à lui, deux candidats ont tout de même relevé le défi de se présenter pour empêcher la nouvelle réélection du président sortant rwandais. Frank Habineza du PDV et le candidat indépendant Philippe Mpayimana sont les deux adversaires qu’affrontera Paul Kagamé le 4 août 2017 par la voie des urnes. Mais c’est un combat déjà perdu d’avance pour les deux outsiders, dans un pays où la liberté d’expression de la presse et de l’opposition fait couler beaucoup d’encres.

Paul Kagamé, toujours un héros contesté au Rwanda

Même si ce troisième mandat est contesté par l’opposition, Paul Kagamé reste tout de même très plébiscité dans son pays, notamment en raison des efforts faits pour ramener la stabilité et la paix au Rwanda après le génocide. Le président sortant passe aujourd’hui pour un héros dans son pays, même s’il est vivement critiqué par des ONG internationales pour le musèlement de l’opposition : « Les Rwandais savent qu’il a été essentiel au retour de la sécurité au Rwanda. Et la sécurité reste très importante. Les souvenirs sont encore trop présents. », a souligné un politologue rwandais. Paul Kagamé serait donc le seul capable de maintenir cette paix et cette stabilité si difficilement acquise au lendemain du génocide de 1994 qui a coûté la vie à environ 800.000 rwandais issus majoritairement de la tribu des Tutsis. Mais l’opposition rwandaise fait une toute autre lecture du règne sans partage de l’actuel président rwandais assuré d’une réélection au soir du 4 août 2017 : « Beaucoup de gens sont fatigués d’avoir le même gouvernement depuis 23 ans, mais ils ne le disent pas parce qu’il y a un climat de peur. Donc, lorsque l’on voit des gens chanter qu’ils aiment le gouvernement, parfois, ce n’est pas vrai. », a rapporté RFI, citant les propos de l’opposant Frank Habineza, qui se trouve être le seul candidat de l’opposition autorisé à se présenter à la présidentielle rwandaise, en plus du candidat indépendant Philippe Mpayimana.

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