Education Bénin : longue tradition d’excellence scolaire

L’éducation au Bénin est une question cruciale, c’est pour cela que l’Etat ne badine pas avec.

Le Benin est connu pour ses nombreux intellectuels qui font sa fierté dans le monde entier. Déjà à l’époque coloniale, ce pays avait fourni à l’AOF, Afrique Occidentale Française, la plus part de ses enseignants et de ses gouvernants.

Cette longue tradition d’excellence scolaire continue de se perpétuer jusqu’à nos jours. Et il n’est pas question de briser l’élan, au contraire il faut sans cesse relever la courbe. C’est cette exigence qui pousse le gouvernement à prendre des mesures drastiques au sein des acteurs de l’éducation nationale.
Le gouvernement de Patrice Talon est très pointilleux sur l’excellence à tel point qu’il punit sévèrement tous les directeurs d’école coupables de mauvais rendements. Après l’année dernière, il récidive en révoquant plusieurs de ces directeurs d’établissement. La mesure se veut à a fois incitative et punitive pour ceux qui s’accommode de la médiocrité.

Les Talon, de grands amoureux de l’excellence

Le couple Talon est décidément un amoureux du travail bien fait, dans le domaine scolaire surtout. Depuis leur arrivée au palais présidentiel en mars 2016, Patrice et Claudine Talon ont fait de l’excellence leur cheval de bataille. La Première Dame a fait sienne la récompense des meilleurs élèves aux examens de l’enseignement secondaire. Il y a quelques jours, elle avait honoré les 50 meilleurs élèves du BEPC et les 10 meilleurs au Baccalauréat 2017, comme l’an passé. De son côté, son époux assaini les bases mêmes de cette éducation à travers son ministère de l’enseignement maternel et primaire.

Une lutte contre la médiocrité qui fait des dégâts

Déjà l’année dernière le gouvernement avait déchargé environ 618 directeurs d’école publique. Cette année, il s’apprêterait à en faire de même et pour les mêmes motifs. La mesure frappe tous les directeurs qui ont eu zéro d’admission au CEP 2017 ou tous ceux qui n’ont pas fait de progrès depuis trois années consécutifs. Pour l’heure la liste des directeurs ciblés n’est pas encore connue, mais ceux qui doivent passer sur le gril ne se font certainement plus d’illusions à l’heure actuelle. En effet rien ne dissuadera le ministère car l’année dernière le bras de fer engagé par les syndicats enseignants pour réhabiliter leurs collègues est resté lettre morte. L’on imagine bien que le bras de fer sera encore plus dur cette année. Il reste à savoir maintenant ce que gagne l’Etat en procédant à de tels limogeages.

Quelles conséquences sur la société

Si les mesures de décrochages de directeurs « médiocres » sont décriées, il n’en reste pas moins qu’elles portent grandement leurs fruits. Après les révocations de l’année dernière, il y a eu d’énormes progrès au niveau des résultats à ‘examen du CEP. En effet l’année dernière le taux de réussite était d’environ 40% alors que cette année il s’élève à 65%, soit 25 points de plus. Même si la méthode porte ses fruits, il demeure qu’elle fait de nombreux dégâts au niveau des directeurs d’école. Leur situation professionnelle en pâtit durement alors qu’ils ne sont pas les seuls responsables de l’échec des enfants comme l’a dit Paul Essè Iko, secrétaire général de la confédération syndicale des travailleurs du Benin.
Les directeurs des écoles primaires et maternelles du Benin ont en ce moment l’épée de Damoclès suspendu au-dessus de leurs têtes. Contrairement aux élèves qui attendent avec joie la rentrée du 18 septembre, les directeurs y pensent avec stress. Le ministère a décidé de frapper et il frappera comme l’année dernière et sans état d’âme. Bien que la recherche de l’excellence soit très louable, il faut dire que la méthode employée par l’Etat béninois risque de faire beaucoup de frustré. De surcroît elle table trop sur la quantité c’est-à-dire le taux de réussite au lieu de la qualité de l’enseignement.

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