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Burkina Faso : enlèvement d’un homme dans une attaque à Diguel

Un enlèvement a eu lieu jeudi dernier dans une attaque menée contre la mairie de Diguel.

Les assaillants ont mis à sac l’établissement public avant de prendre la fuite. Pis encore, ils auraient apporté avec eux un agent de la mairie. Bien que l’identité du commando ne soit pas encore formelle, l’on parle déjà d’un acte terroriste. La thèse viendra du mode opératoire des assaillants qui rappelle quelques souvenirs datés de 2016. L’on pense alors qu’il s’agit d’Ansarul Islam, un groupe terroriste crée par des ressortissants burkinabés.

Cette unième attaque laisse penser que le Burkina Faso est devenu une cible privilégiée des djihadistes qui opèrent dans la sous-région, depuis le désert malien. Longtemps à l’abri du terrorisme régional, le Burkina Faso apparait de plus en plus comme le maillon faible de la bande sahélo-saharienne.

Une attaque éclair à la mairie de Diguel

Depuis quelques mois le Burkina Faso est la cible favorite des terroristes qui opèrent dans la sous-région. Le point culminant de ces fous d’Allah fut, pour l’instant, l’attaque du restaurant Cappuccino dans le centre de Ouagadougou. Cet assaut avait fait une vingtaine de victimes dont au moins une dizaine de Burkinabés et quelques étrangers. Jeudi dans l’après-midi, les terroristes ont encore frappé, cette fois à Diguel une localité située à 70 Km de Djibo dans le nord du pays. Quatre hommes armés seraient arrivés à moto, auraient tiré en l’air, mis le feu à la mairie puis seraient repartis en direction de Djiloungou au Mali.

« C’est environ quatre hommes lourdement armés sur des motos qui ont ouvert le feu sur la mairie »

aurait confié un témoin à un media local, la Radio Omega. Dans leur retraite, ils ont emporté le comptable de la mairie de Diguel. Outre l’enlèvement de cette personne, les assaillants ont causé d’importants dégâts matériels au sein de la mairie.

Qui sont les assaillants

Après l’attaque, face maintenant aux investigations. Les membres du commando seraient des proches du groupe terroriste burkinabé Ansarul Islam de Malam Dicko. C’est ce groupe qui avait revendiqué l’attaque de Nassoumbou contre l’armée burkinabé en 2016. Leur chef, Ibrahim Malam Dicko, est un imam et un djihadiste burkinabé. Ce prédicateur musulman d’origine peule luttait entre autre pour l’égalité entre les Peuls et les Rimaïbés. Bientôt il se radicalise te rejoint le Mali à la faveur de l’invasion djihadiste au nord de ce pays. Il est arrêté en 2013 par l’Armée française dans les environs de Tessalit et est fait prisonnier durant deux ans à Bamako. Libéré en 2015 il prêche à nouveau dans une mosquée de Djibo puis décide finalement de créer sa cellule de djihadistes en 2016. Il se fait alors appelé le « commandeur des croyants » et le « guide d’Ansarul Islam ».

Le Burkina Faso, un nouveau maillon faible du Sahel

Le Burkina Faso est devenu la cible privilégié des djihadistes depuis un certain temps. Même le Mali où ils sont officiellement implantés est rarement victime de leur furie. L’on serait alors tenté d’affirmer que le dispositif sécuritaire burkinabé n’est pas approprié pour des menaces terroristes. Les pays de la sous-région ne connaissent pas de telles attaques depuis des lustres. Seuls la Côte d’Ivoire et le Niger, hormis le Mali, ont connu la foudre des fous d’Allah. Mais depuis plus rien n’a été signalé dans ce pays-là. Que se passe-t-il donc au Burkina Faso ? Les suspicions veulent que Blaise Compaoré ait été le parrain des djihadistes. Et maintenant qu’il n’est plus aux affaires plus rien ne retiendraient ses poulains.
L’attaque de Diguel devrait réveiller les autorités burkinabés afin qu’elles prennent leurs responsabilités. L’Etat d’urgence devrait être décrété pour mettre fin à une montée en puissance du terrorisme qui inquiète. Si cela n’est pas fait maintenant, le pays pourrait devenir le nouveau sanctuaire de ces terroristes acculés au Mali par la coalition internationale. Il revient par conséquent au gouvernement du Burkina Faso de faire en sorte que la menace terroriste ne connaisse pas de recrudescence.

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