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Cameroun : le Premier ministre enchaine les réunions à Bamenda

Le Premier ministre camerounais, Philemon Yang, avait déjà, samedi en mi-journée, tenu quatre réunions de crise avec des dignitaires traditionnels ainsi que des représentants de syndicats d’avocats et d’enseignants de la région du Nord-Ouest à Bamenda, une ville ayant connu de violentes émeutes et une forte répression policière depuis le début de la semaine, a appris APA de sources concordantes.

Dépêché sur place, la veille, par le président de la République Paul Biya, le Premier ministre était en butte à une résistance des auxiliaires de justice et des dispensateurs du savoir dont un leader syndical, cité par la radio nationale, insistait pour le «retour au fédéralisme» afin de mettre fin à la «marginalisation» dont se plaignent plusieurs ressortissants des zones anglophones du pays.

Il est fort probable, au vu de la tension sur le terrain et selon plusieurs observateurs joints au téléphone par APA, que les contacts de Philemon Yang, lui-même originaire du Nord-Ouest, aboutissent à un langage de sourds, les revendications corporatistes, professionnelles ou sociétales s’étant désormais muées en demande pressante de sécession ou en exigence de fédéralisme, un système en vigueur jusqu’en 1961.

Jeudi soir en effet le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a au cours d’un point de presse fustigé une frange «marginale» de la population anglophone ayant choisi d’ouvrir un «front de violence et d’insurrection», alors que le pays est mobilisé pour la défense de son intégrité territoriale contre la secte islamiste Boko Haram.

Il a condamné «l’extrémisme et le jusqu’auboutisme» des protestataires, à travers des actes de vandalisme et de pillage ayant entraîné des entraves à la circulation, des casses et autres destructions d’habitations et d’immeubles abritant les services publics, des atteintes à l’intégrité physique allant «jusqu’à la mort d’une personne innocente».

Les avocats d’obédience anglophone exigent notamment la traduction dans leur langue de travail des textes de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) et que les enseignants, de leur côté, dénoncent entre autres la nomination de francophones pour dispenser des cours d’anglais.

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