Johann Rupert, le businessman loin des paillettes

L’actionnaire principal du groupe Richemont, le numéro deux mondial du luxe, pilote son groupe dans l’ombre, depuis son Afrique du Sud natale.

Johann Rupert homme le plus riche de l’Afrique du sud, est le principal actionnaire de Richemont, numéro deux mondial du luxe. Ses nombreuses propriétés dans l’horlogerie, la haute couture et la joaillerie dont Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget et Lancel. Après des études de droit et d’économie, Johann Rupert quitte l’Afrique du Sud pour New-York où il débute une carrière au sein de la banque « Chase Manhattan » puis rejoint la banque d’affaires « Lazard Frères ». A son retour en Afrique du Sud en 1979, il fonde son propre établissement, la « Rand Merchant Bank », une banque dont il renforce l’assise à coups d »acquisitions très diversifiées. En 1985, il devient directeur général de  » Rembrandt », la société familiale fondé par son père, Anton Rupert.

Le riche silencieux

En 1987, craignant des rétentions contre les sociétés liées à l’apartheid, il sépare les actifs sud-africains des actifs étrangers. Ces derniers constituent la compagnie Richemont, un groupe qui a généré 4,827 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2006-2007. En 2002, Johann Rupert prend les rênes du groupe Richemont. Le luxe tapageur, non merci. Johann Rupert aime la discrétion. L’actionnaire principal du groupe Richemont fuit l’exposition médiatique. Ce trait de caractère explique la structure particulière de son empire, très décentralisé. Dans l’horlogerie, la haute couture ou la joaillerie, chacune de ses «maisons» gère sa production, sa communication, ses investissements et sa trésorerie. «Nous avons les personnes qu’il faut pour cela», assure-t-il. Cette philosophie est devenue son premier commandement : «ne remettez pas à demain ce que vous pouvez déléguer aujourd’hui».

Deuxième fortune sud-africaine derrière les Oppenheimer, la famille Rupert critique la politique ségrégationniste, mais s’enrichit considérablement durant cette période. Mais le véritable essor du groupe dans le luxe sera impulsé dans les années 1990 par le seul enfant intéressé par les affaires, Johann.

Tomber dans le luxe au hasard d’une rencontre

Mais gérer des sommes astronomiques et diriger plus de 14 000 collaborateurs n’intéressent guère Johann Rupert. Ce qui le séduit dans le luxe, c’est le réseau relationnel que l’on peut tisser. Il commence d’ailleurs à se pencher sur ce secteur grâce à une rencontre, avec la fille de l’un des propriétaires de Cartier. A l’époque, il vient de s’installer dans la capitale économique américaine après un stage à la Chase Bank, proposé par David Rockefeller, ami de la famille. Il propose alors à son père de prendre des parts au capital du joailler, qui cherche de nouveaux actionnaires. C’est ainsi que l’entreprise paternelle Rembrandt, implantée dans les vins et spiritueux ainsi que dans le tabac avec une participation dans British American Tobacco, met un pied dans le luxe.

De son côté, Johann Rupert poursuit sa carrière de banquier newyorkais, notamment chez Lazard, puis il rentre dans son pays natal pour racheter une banque commerciale de Johannesburg avec des amis. En 1986, il quitte ses affaires pour épauler son père au sein du groupe familial. Pour éviter les sanctions liées à l’apartheid, ils décident de séparer leurs actifs en deux branches : les sud-africains d’une part, et les étrangers de l’autre. Ces derniers donnent naissance au groupe Richemont en 1988. Ce portefeuille contient des parts minoritaires chez Cartier, mais aussi dans Montblanc et Dunhill, des filiales de Rothmans.

Courte expérience exécutive

Johann Rupert préfère donc rester dans l’ombre. A la tête d’un groupe qui a généré 4,827 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2006-2007, il pilote ses affaires en Afrique du Sud, et embarque dans son jet privé de temps en temps, quand il souhaite visiter ses maisons parisiennes ou le siège de sa holding, la Compagnie financière Richemont, en Suisse. Car s’il délègue volontiers, il n’oublie pas cependant de contrôler le travail de ses équipes. Il lui arrive même de se déguiser pour visiter ses boutiques à l’improviste.Mais il n’a pas toujours été aussi détaché de l’évolution de Richemont. En 2002, il avait pris les rênes du groupe, avant de céder son poste deux ans plus tard.

Son aventure en tant que PDG a été troublée par le marasme économique qui a suivi les attentats du 11 septembre et l’épidémie de Sras en Asie. Il a alors sué sang et eau pour redresser la barre de Richemont, avec succès. Et il disculpe la crise économique. «Au fond, dans ce business, le seul danger, c’est soi-même. Nous nous sommes fait beaucoup de mal», assure-t-il. Pour résoudre les problèmes internes, il mène un audit complet, et renouvelle ses équipes d’encadrement. Pour mettre un terme aux querelles de personnes au sein du groupe, Alain-Dominique Perrin est évincé de la direction générale de Cartier, et de son siège de numéro deux du groupe. Outre l’accroissement de la productivité de ses salariés, Johann Rupert s’attaque au redressement des comptes de Dunhill et de Lancel.

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