Gambie : le défi d’une restauration dans son pays

Adama Barrow le tout nouveau président gambien fait du retour de son pays dans la Communauté internationale son cheval de bataille.

Dès sa prise de fonction il a voulu marquer une rupture nette d’avec son prédécesseur qui n’était pas en odeur de sainteté avec la Communauté internationale. Parmi ses premières volontés figurent en bonne place la restauration des relations internationales de la Gambie avec l’extérieur, l’annulation du retrait de la CPI amorcée par l’ex président Jammeh et la réintégration du Commonwealth organisation des pays anglophones (l’équivalent de la Francophonie).
Le chemin sera long car Jammeh laisse un héritage de près de trois(3) décennies. Selon la Communauté internationale Jammeh tenait la Gambie d’une main de fer, il avait la main mise sur tout le pouvoir d’Etat..Elle l’accusait de non-respect des droits de l’homme, accusations auxquelles Jammeh répondait par des ’’pieds de nez’’. Rentré triomphalement à Banjul le 26 janvier, Adama Barrow se veut rassembleur et déterminé à ramener la confiance. Il a mis en marche son équipe pour redonner à la Gambie un nouveau visage .
L’opposition qui aurait été longtemps tenue à l’écart sous Jammeh a été associée à la gouvernance. Ainsi Barrow a nommé aux Ministères des Affaires Etrangères Ousainou Darboe l’opposant historique de Jammeh avec qui il a reçu, fin janvier, plusieurs délégations et ambassadeurs pour confirmer leur souhait de repartir d’un nouveau pied.
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Au sujet de la CPI Adama Barrow a d’ores et déjà annulé la décision de Jammeh de retirer le pays de cette institution internationale. Jammeh jugeait cette cour raciste et sélective et l’arrivée à la tête de cette cour d’une gambienne, Fatou Bensouda, n’y fit rien. A la suite des retraits burundais et sud africain motivés par des procédures uniquement africaines de cette cour, Jammeh avait émis son intention de retirer également aussi vite que possible son pays. Les nouvelles autorités gambiennes visent donc à stopper rapidement le processus de retrait de la CPI déjà enclenché par Jammeh. Avec son départ du pouvoir c’est l’abrogation de cette décision qui était attendue. A cet effet le jeudi 9 février, Neven Mimica, le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, a effectué une visite à Banjul. Il y a signé une série de contrats d’aide de l’Union européenne (UE) à la Gambie, pour un montant total de 225 millions d’euros. Il s’agit là d’un geste symbolique, l’UE ayant gelé son aide à la Gambie depuis décembre 2014 accusant le pays de non-respect des droits de l’Homme. Neven Mimica a assuré que l’UE était « pleinement engagée à la coopération » avec le gouvernement gambien. Il a aussi indiqué que le président Barrow lui avait confirmé son intention de rester au sein de la Cour pénale internationale (CPI), y voyant une « excellente nouvelle et le signe d’un retour au sein de la communauté internationale ».Ce retour à la CPI pourrait avoir comme conséquence directe la poursuite de certains dignitaires du régime de Jammeh comme l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Sonko

Autre chantier du nouveau président gambien la réintégration du Commonwealth. Le Commonwealth est une organisation qui regroupe 52 pays anglophones à travers le monde. Début octobre 2013, le gouvernement gambien avait annoncé son retrait immédiat de l’organisation anglophone. « Le gouvernement se retire du Commonwealth et décide que la Gambie ne sera jamais membre d’une institution néocoloniale, et ne fera jamais partie d’une institution qui représente un prolongement du colonialisme », avait alors affirmé les autorités gambiennes dans un communiqué.

Mais sur Twitter Ousainou Darboe aurait affirmé le 7 février qu’Adama Barrow allait « bientôt » se rendre au Royaume-Uni pour évoquer les conditions de ce retour. Mais selon des sources britanniques, aucune visite n’a pour l’instant été fixée.
Enfin dernier point de rupture internationale avec la politique de Jammeh la restauration des liens avec le voisin sénégalais, des liens depuis longtemps tumultueux et devenus exécrables avec la tension post électorale .En effet le Sénégal avait été l’instigateur de la mobilisation militaire internationale contre le régime de Jammeh qui refusait de céder le pouvoir à Barrow reconnu vainqueur aux termes des élections. Ayant d’abord reconnu sa défaite, Jammeh revient sur sa décision et saisi la Cour suprême de son pays laquelle cour demande un délai de trois(3) pour pouvoir vider le contentieux électoral .Barrow est alors contraint de s’exiler au Sénégal et de ce pays appelle la Communauté internationale à agir.. Après avoir été accueilli à Dakar mi-janvier en attendant que Jammeh accepte de quitter le pouvoir, de gré ou de force, il y a dépêché sa vice-présidente, Fatoumata Jallow Tambajang, le 3 février. Reçue par Macky Sall au palais présidentiel, elle a notamment annoncé que le Sénégal et la Gambie comptaient « revitaliser leurs relations de coopération ».De quoi à enterrer la hache de guerre entre ces deux pays qui partagent pourtant des liens culturels et ethniques forts. En attendant de voir les résultats de ce come-back sur la scène internationale Barrow peut déjà se pencher sur la question de la réconciliation internationale qui s’annonce ardue eu égards à cette présumé tentative d’assassinat sur sa personne dans une mosquée de Banjul vendredi dernier !

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