Afrique

Fin du suspens en Centrafrique

Le scrutin présidentiel se tiendra finalement le 30 décembre après plusieurs reports

Le suspens électoral en République de Centrafrique a pris fin depuis l’annonce de la date du 30 décembre retenue par les autorités de la transition pour le vote. C’est la première échéance électorale que le pays connaîtra depuis la destitution de l’ancien chef d’état François Bozizé en 2013 à la suite d’un soulèvement populaire. Initialement prévues pour le dimanche 27 décembre, ce double scrutin avait été reporté par l’Agence nationale des élections (ANE) évoquant le motif de l’indisponibilité des moyens logistiques pour cette première date. La campagne quant à elle prendra fin ce lundi 28, une occasion pour les candidats d’aller à la conquête des derniers électeurs dans ce pays qui compte environ 4,8 millions d’habitants.

Le dispositif sécuritaire mis en place

La situation sécuritaire reste encore très fragile en Centrafrique, malgré le déploiement des forces étrangères. On dénombre près de 10.000 soldats de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) qui auront la lourde charge de veiller au bon déroulement de ce scrutin dont l’enjeu est de taille pour ce pays. Une mission d’observation de l’Union Africaine sera également envoyée sur le territoire pour superviser l’élection de ce mercredi. Et c’est l’ancien premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye qui a été choisi par l’UA pour conduire la délégation d’observation africaine. Ce dernier prévoit de rencontrer les autorités de la transition et l’ensemble des acteurs impliqués dans cette échéance électorale qui se tiendra dans exactement deux jours.

Une partie de l’opposition crie déjà à la fraude

Certains acteurs de la scène politique centrafricaine n’ont pas manqué de soulever quelques inquiétudes qui pourraient entacher la sincérité et la transparence du double scrutin. Ces derniers accusent notamment l’Agence nationale des élections d’avoir délivré de fausses cartes d’électeurs dans certaines circonscriptions de la capitale, en l’occurrence les 5ème et 6ème arrondissements. Pour sa part, l’ANE a démenti formellement ces accusations portées contre des responsables de son institution qui aura un rôle capital à jouer, celui de départager les 30 prétendants retenus pour la course au fauteuil présidentiel.

Les défis qui attendent le prochain chef d’état

Le candidat qui sera élu à l’issue du scrutin présidentiel centrafricain aura l’immense tâche de réunifier un pays divisé entre deux tendances religieuses. D’un côté les chrétiens majoritaires au pays et de l’autre la minorité musulmane prise régulièrement pour cible par des forces d’autodéfense. La barrière entre les deux opinions religieuses s’est profondément accrue notamment lors de la prise de pouvoir par la Seleka. Celle-ci est accusée d’être à l’origine de nombreux massacres dans des localités habitées par des communautés chrétiennes. La cohésion sociale demeure ainsi l’un des enjeux majeurs du scrutin centrafricain.

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