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Burkina Faso: Des militaires bientôt nommés dans le gouvernement

Au Burkina Faso, les militaires devraient bientôt faire leur entrée dans le gouvernement, un an après avoir été exclus par une décision du Conseil national de transition (CNT). L’assemblée nationale burkinabé a donné son accord au retour de l’armée aux affaires gouvernementales.

Le parlement burkinabé a voté jeudi soir, un amendement autorisant les militaires à entrer dans un gouvernement, une possibilité que leur avait ôté le Conseil national de la transition (CNT), mis en place après la chute de l’ex-président Blaise Compaoré. En juin 2015, le CNT avait adopté une loi interdisant aux militaires d’occuper des postes politiques dont ceux de ministres, de directeur d’institutions ou de services dans l’administration publique. A défaut, la loi les obligeait à démissionner de l’armée pour pouvoir prétendre à ces postes.
« Il ne faut pas confondre dépolitisation de l’armée et démilitarisation de l’administration. Les militaires sont des citoyens à part entière. Ils ont des qualifications énormes et on peut faire appel à un militaire qui a des compétences avérées pour résoudre un problème dans un gouvernement ou dans l’Administration sans pour autant qu’il s’affilie à un parti politique », a justifié le député Halidou Sanfo en présentant le projet de loi.

Un retour au gouvernement qui s’annonce difficile

La nouvelle loi maintient cependant l’interdiction faite aux militaires d’adhérer à un parti politique ou à une association à caractère politique. La présence des forces armées au sein du gouvernement a longtemps été critiquée par la population ces dernières années. Le retour des hommes en tenu s’annonce donc difficile, avec les mauvaises expériences vécues par les populations sous le régime Compaoré. Du mouvement de contestation populaire ayant conduit à la destitution de Blaise fin octobre 2014 au coup d’Etat perpétré en septembre dernier contre le CNT, le climat de défiance entre la population et l’armée au Burkina Faso est toujours une réalité.

Assurer la défense du territoire burkinabé

Pour beaucoup, cette révision de la loi ouvre la porte à de prochaines nominations de militaires au Gouvernement, pour occuper les postes de la sécurité et de la défense, au regard du contexte d’insécurité. A titre de rappel, le pays a été frappé en janvier dernier par une terrible attaque terroriste qui a coûté la vie à plus de 25 personnes à Ouagadougou la capitale. Au Burkina Faso, l’armée a toujours été omniprésente dans la vie politique.
Six des huit présidents ayant dirigé le pays depuis l’indépendance étaient des militaires.

Source: TT/cat/APA

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