Ciseaux d’or pour un coiffeur africain: entretien avec Rodrigue Guédé

La coiffure est un métier noble qui nourrit son homme, tel est l’avis de Rodrigue Guédé, coiffeur professionnel résidant à Abidjan. Dans une interview exclusive, le professionnel de la coiffe nous livre ses impressions sur ce métier qui draine aujourd’hui une bonne partie de jeunes ivoiriens.

1- Dites-nous en quelques mots qui est Rodrigue Guédé?

Rodrigue Guédé est un jeune ivoirien de 34 ans, exerçant le métier de coiffure. Père d’un enfant et fiancé, je suis le propriétaire du salon GUEDBO BARBERS GROUP situé dans la commune de Cocody.

2- Pouvez-vous nous dire brièvement comment avez-vous débarqué dans le métier de la coiffure ? Un résumé rapide de votre parcours ?

Apres avoir arrêté les cours, je m’ennuyais à rester à la maison à ne rien faire. Et le lieu où j’avais l’habitude de m’asseoir, il y’avait un coiffeur qui était déjà installé. C’est de lui que je me suis inspiré car je passais beaucoup de temps à l’observer réaliser les coupes pour des personnes. C’est véritablement en 2001 que l’idée m’est venue de me lancer dans le métier de la coiffure. A la base, je n’avais aucune formation, mais l’amour du métier transcendait déjà tout mon être. Aussi, j’ai réalisé qu’en coiffant les autres je pouvais me faire un peu d’argent de poche. Décidé de ne plus quémander de l’argent aux parents, j’étais résolu à me prendre en charge tout seul, et c’est ainsi que je me suis retrouvé dans le métier de la coiffure qui est devenu par la suite une véritable passion pour moi. Au départ, j’exerçais ce métier pour gagner ma vie mais plus tard l’amour du métier a gagné mon cœur.

3- Durant votre ascension professionnelle, il y’a eu des moments difficiles ? Si oui, pouvez-vous nous en dire en plus ?

Oui j’ai effectivement été confronté à des difficultés, parce qu’il m’a fallu d’abord travailler dans un premier temps pour les autres avant pour apprendre le métier. Et ce n’était pas du facile car j’ai été beaucoup exploité par les autres dans mon apprentissage, mais l’amour que j’avais pour ce métier m’a permis de minimiser toutes les difficultés qui se sont dressé devant moi. Au début, tu dépenses plus que tu ne gagnes, en énergie comme sur le plan financier. En plus de tout cela, il fallait aussi gérer l’humeur des clients qui étaient très exigeants. Donc en gros, ce sont les difficultés auxquels j’ai été confronté dans ce métier.

4- Avez-vous une particularité, un style bien à vous qui vous distingue des autres coiffeurs professionnels ?

Oui bien sûr, je tiens compte beaucoup de la ponctualité, de l’efficacité, de la qualité du travail, et aussi de l’expérience. Tous ces atouts font de moi aujourd’hui un professionnel.

5- On voit de plus en plus de jeunes qui ouvrent des salons un peu partout dans toutes les ruelles d’Abidjan et revendiquent aussi le statut de coiffeur. Selon vous, ont-ils les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?

De façon générale non, parce qu’il ne suffit pas seulement d’ouvrir un salon et de savoir et de savoir réaliser quelques belles coiffures pour prétendre au titre de coiffeur professionnel. Pour ma part, je pense qu’il faut allier ponctualité, rigueur dans le travail, communication, sans trop se laisser aller comme si on était dans son propre salon chez soi. Pour prétendre au titre de coiffeur professionnel, il faudrait d’abord acquérir quelques aptitudes professionnelle, et si possible passer par une école de formation pour peaufiner son talent.

6- Vous qui exercez ce métier depuis maintenant quelques années, est-ce que vous êtes en mesure d’affirmer aujourd’hui que la coiffure est un métier qui nourrit son homme ?

J’affirme sans équivoque que la coiffure un métier qui nourrit son homme, et je gagne bien ma vie en coiffant. Avec un peu plus de rigueur, on peut très facilement exceller dans ce métier et gravir des échelons. Même le petit coiffeur du quartier peut bien gagner sa vie, à condition de mettre un peu de rigueur et de sérieux dans le travail, et surtout respecter le client, car c’est un détail très important pour la fidélisation d’un client.

7- Aujourd’hui, quelles sont les difficultés auxquels sont confrontés les coiffeurs professionnels en Côte d’Ivoire de façon générale ?

Pour moi, la difficulté majeure des coiffeurs aujourd’hui est le problème de ressources humaines. Il y’a de nombreux jeunes gens qui exercent ce métier mais pourtant ne croient pas véritablement en ce qu’ils font. Après quelques mois d’apprentissage, la plupart finissent par jeter l’éponge. Cette situation est réellement pénalisante pour nous, et cela peut même créer un petit frein à ton business. Lorsque les clients s’habituent déjà à un coiffeur, il est souvent difficile pour nous de les convaincre de confier leur coupe a un autre coiffeur qui vient tout juste d’arriver. C’est le problème général que nous, coiffeurs professionnels rencontrons régulièrement.

8- Nourrissez-vous des projets d’avenir ?

Oui, j’ai des projets d’avenir qui pourraient me permettre de rapprocher mes services vers la clientèle, mais pour l’instant je n’en dirai pas plus. Vous en saurez d’avantage au moment opportun.

9- Notre interview touche malheureusement à sa fin, quel est votre dernier mot à l’endroit de tous jeunes gens qui rêvent aujourd’hui de devenir des coiffeurs professionnels comme vous ?

Il faudrait que ces jeunes gens comprennent que la coiffure est un métier d’avenir, qu’il est primordial pour toute personne de se rendre beau, quelles que soit les circonstances. Donc, ce service qu’on apporte à la population est obligatoirement rentable puisque se coiffer est devenu une nécessité de nos jours. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de se faire coiffer, ce qui fait que la demande est plus importante que l’offre. Toute chose a un début, qu’ils prennent leur courage à deux mains, et ne cèdent pas au découragement et à l’abandon. Chaque jour qui se lève, on a la chance d’avoir au moins un nouveau client de plus.

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