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Lutte anti-CFA : Quel impact aura l’arrestation de Kemi seba ?

L’activiste Kémi Séba a été mis aux arrêts tôt dans la matinée de ce vendredi par des éléments de la DIC, la division des investigations criminelles. Cette arrestation intervient à la suite d’une plainte déposée par le BCEAO contre le franco-béninois auprès de la justice sénégalaise.

Au cours d’une manifestation anti CFA qui s’est tenu il y a une semaine à Dakar, l’activiste et chroniqueur avait été filmé par une caméra, briquet à la main en train de brûler un billet de 5000 francs CFA.
L’arrestation de Kémi Séba à sa résidence a fait les grands titres de tous les journaux sénégalais ce vendredi 25 août. L’activiste franco-béninois a été arrêté tôt ce matin par des éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC) alors qu’il se trouvait dans sa résidence située à Dakar. Son interpellation fait suite à une plainte déposée par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de L’Ouest (BCEAO) auprès des autorités sénégalaises. A la tête d’une organisation panafricaniste opposée à la Françafrique, Kémi Séba est engagé depuis des mois dans une lutte contre le CFA, la monnaie africaine commune aujourd’hui à 16 pays du continent. Au cours d’une manifestation contre la monnaie coloniale le 19 août dernier, l’activiste franco-béninois a brûlé devant des caméras un billet de 5000 francs, un « acte purement symbolique » qui visait à montrer sa ferme opposition à cette monnaie commune qu’est le CFA. Avant son arrestation ‘ laquelle il s’attendait probablement, Kémi Séba a laissé un message sur sa Page officielle, pour expliquer pour ou moins à l’opinion publique et internationale les raisons qui l’ont poussé à brûler un billet de 5000 francs CFA devant des caméras.

Quelle peine encourt-il

Aux dernières nouvelles qui nous sont parvenus ce soir, l’activiste franco-béninois a été déféré au Parquet. Et d’après le code pénal sénégalais, Kémi Séba risque une peine de 5 à 10 ans de prison, car « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de changes, effets de commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge; Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans », en référence à l’article 411 dudit code. Pour l’instant, aucun commentaire des autorités sénégalaises sur cette arrestation de l’activiste franco-béninois.

Le dernier message de Kémi Séba avant son arrestation

« Je savais qu’en effectuant cet acte purement symbolique, la BCEAO (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest), sans doute sur commande de la BANQUE DE FRANCE, engagerait une procédure visant à me mettre en prison. Je le savais, et je suis prêt à en payer le prix du PLUS PROFOND DE MON ÂME. Bien que chroniqueur géopolitique TV sur Vox Africa, je suis LOIN d’être riche, et en brûlant ce billet, je savais aussi que je privais mes proches ainsi que moi-même de ce que j’aurais pu acheter avec ce dernier. Je tiens à préciser que j’ai agi SEUL, et que le frère qui m’a passé le briquet n’était pas au courant de mon projet de brûler le billet et donc ne pourra être accusé de complicité. Personne sauf moi, ne savait que j’allais commettre cet acte. Le FRANC CFA est un scandale économico-politique d’ordre COLONIAL qui tue notre peuple. Au nom de nos ancêtres, je ne peux pas me taire quand je vois les nôtres se faire dépouiller (aussi bien par l’oligarchie française que par nos élites africaines qui trahissent leur mission). Si pour placer ce combat contre le FRANC CFA au centre des débats (comme nous avons su le faire de manière historique cette année), je dois être privé de ma famille que j’aime éperdument, de mes frères et sœurs d’Urgences Panafricanistes, ou encore des nombreux frères et sœurs qui nous aiment, je le ferai sans hésiter. Car la souveraineté est le combat de notre génération. Et elle mérite que l’on puisse se sacrifier pour elle. Je précise que la BCEAO, plutôt que de vouloir me crucifier, aurait d’être la 1ère à écouter les aspirations du peuple et à chercher à bannir le Franc CFA. Au lieu de cela, elle cherche à faire incarcérer quelqu’un qui combat cette monnaie de gorille. ». L’activiste africain avait posté ce message sur sa page Facebook, peu de temps avant son arrestation ce vendredi matin à 7h par des éléments de la Division des Investigations Criminelles. En plus de se demander le sort que réserve la justice au chroniqueur franco-béninois, il serait également intéressant de se demander quel pourrait être l’impact de l’arrestation de Kémi Séba dans la lutte anti CFA ?

L’interpellation de Kémi, un tournant décisif dans la lutte anti CFA

Seule certitude, l’arrestation de l’activiste panafricaniste ce vendredi matin pour avoir brûlé un billet de 5000 francs donnera une nouvelle orientation à la lutte anti CFA. Si pendant des années des intellectuels africains se sont cantonnés derrières des discours sans vraiment combattre la monnaie unique, Kémi Séba vient de donner le ton et de tracer la marche à suivre. Parmi ceux qui saluent sa bravoure, certains en viennent même à établir une analogie entre l’activiste et l’américaine Rosa Parks, symbole de la lutte anti-raciale. Cette dernière s’était dressée contre tout un système en refusant de céder sa place dans un autobus à une personne de race blanche aux Etats-Unis, une action qui a été le début d’une révolution sans précédent dans la lutte pour la reconnaissance du droit des afro-américains. Si Kémi Séba a osé se dresser contre un système monétaire implanté depuis plus d’une soixantaine d’année, toute la question est de savoir si l’activiste sera suivi dans son élan de révolution contre le CFA.

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