Côte d’Ivoire : Le marché d’Abobo part en feu

par Laurence Guédé
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Le grand marché d’Abobo est totalement parti en feu dans la nuit du dimanche au lundi.

L’incendie a été déclaré aux alentours de 20h ce dimanche 17 septembre 2017. Les sapeurs-pompiers seraient arrivés plusieurs minutes plus tard alors que la population s’activait à éteindre le feu avec les moyens de bords. Jusqu’à 2h du matin ce lundi 18 septembre 2017, les soldats du feu tentaient encore de circonscrire l’incendie toujours avec l’aide des riverains venus sauvés ce qui pouvait l’être.

L’incendie du grand marché d’Abobo a fait ressurgir les vieilles querelles qui empoissonnaient les relations entre les populations et les autorités ivoiriennes. Fort de ces dissensions l’incendie n’a plus de causes techniques, il est devenu criminel, intentionnel. Certains individus estiment qu’elle servira de cheval de Troie d’une délocalisation longtemps prévue.

Un incendie nocturne qui ravage totalement le marché

Dimanche dans la nuit un important incendie s’est déclaré au grand marché d’Abobo situé entre la mairie, l’agence jeune emploi et la brigade de gendarmerie. Il aurait été signalé aux environs de 20h ce dimanche. Sur internet les images sont relayées en temps réel. On y voir sur celles-ci de gigantesques flammes dévorées des secteurs entiers. Les entrepôts se consumaient les uns après les autres au grand désarroi des internautes. Le marché central était dès lors en situation critique. Aucun motif d’espoir ne pointait à l’horizon surtout qu’aucun pompier ne se pointait à l’horizon.

La lutte s’organise entre pompiers et populations

Les sapeurs-pompiers sont arrivés sur les lieux au moins une demi-heure plus tard. « Nous avons été alertés aux alentours de 20h53. Nos premiers engins se sont présentés sur les lieux autour de 21h03. Le souci que nous avons rencontré, c’est l’approvisionnement en eau avec un débit qui n’est pas assez important : la bouche d’incendie ne fonctionnait pas correctement », s’est expliqué le commandant Serge Vitale Oualaye. Ses propos ont été corroborés par un témoin joint sur place : « Le premier sapeur qui est venu nous a dit qu’il n’y avait pas d’eau pour éteindre le feu ». Par la suite cinq camions des sapeurs-pompiers sont arrivés pour en découdre avec les flammes de plus en plus voraces. Deux camions d’incendie français auraient aussi prêtés mains fortes au GSPM ivoirien pour venir à bout de l’incendie.

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Les dégâts sont considérables

« Tout a brûlé, j’ai tout perdu. Il ne me reste plus rien dans ma boutique… » s’est attristé un riverain. En effet à l’arrivée des pompiers et de leurs renforts, il n’y avait plus rien à sauver sur place. Le marché central a été complètement emporté par les flammes. Plus des deux tiers du marché ont été consumés par l’incendie. Fort de cela les dégâts matériels sont importants. Entrepôts et marchandises sont partis en fumée. C’est la consternation chez les riverains mobilisés, la plus part du temps des commerçants. Leurs prières n’ont pas suffi pour arrêter la destruction de leurs marchandises. A présent l’incendie laisse place aux questions et aux responsabilités.

L’incendie : un moyen de se débarrasser des commerçants

« On est là depuis trois heures, un camion est venu pour faire semblant d’éteindre le feu », s’était écœuré une femme présente sur les lieux. Si l’on peut mettre en doute sa notion du temps, il faut néanmoins reconnaitre que les secours ont tardé à s’emmener sur les lieux. Serait-ce une manière de se débarrasser de ce marché que l’Etat voulait délocaliser il y a quelques années ? Les internautes ont une réponse toute faite. « Y’a longtemps qu’ils voulaient les chasser de la place qu’occupe le marché pour les envoyer vers Anyama là où ils ont décidé que serait le nouveau marché. Puis les commerçants ont refusé et quelques années plus tard le marché part en feu » a affirmé un internaute.
Le grand marché d’Abobo n’est plus que de noms. Au lendemain de l’incendie ravageur, il ne reste plus rien de ce marché. Il n’y a plus que des ruines, de la fumée et des bûches incandescentes. Les populations rejettent la responsabilité sur les autorités qui n’auraient pas accouru au plus vite. Certaines personnes vont jusqu’à affirmer que l’Etat a sauté sur l’occasion pour se débarrasser du marché. Pourrait-on croire à un incendie volontaire ou à un concours de circonstance heureux pour le gouvernement ?

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