La 72e Assemblée Générale des Nations Unies se tient à New York depuis le mardi 19 septembre et s’achèvera le lundi 25.
Cette AG, l’organe le plus inclusif de l’organisation, réunit 193 Etats dont la Côte d’Ivoire. Parmi les Chefs d’Etats s’étant exprimés à la tribune des Nations Unies figure son Excellence Alassane Ouattara.
Il est monté sur la chaire de l’organisation internationale le mercredi 20 septembre. Plus que le fond de son discours, c’est bien l’entrée en scène du président ivoirien qui retint les esprits. En effet, il fut présenté comme le président de la République du Burkina Faso.
Cette présentation ne cesse de susciter diverses réactions. L’on crie à un scandale orchestré à des fins biens calculés quand bien même le speaker dit s’être mépris sur son CV. Dès lors c’est la bataille rangée entre les sympathisants et les détracteurs de l’homme d’Etat. Voilà qui ressurgit de plus bel, le débat sur sa nationalité du chef de l’Etat ivoirien.
Alassane Ouattara ou la nationalité douteuse
Alassane Ouattara, le Chef d’Etat ivoirien, traîne derrière lui une triste histoire de nationalité qui ne tarit pas malgré le temps qui passe. Commencée avec la lutte de succession du président Houphouët Boigny, cette polémique est toujours d’actualité. Dans les années 1990, le président Henri Konan Bédié avait lancé un mandat d’arrêt international contre son allié actuel pour « fraude sur la nationalité ». Sous le régime de Laurent Gbagbo, le même débat a exacerbé les haines et a abouti à une rébellion du nord contre le sud taxé de xénophobe. Alassane Ouattara a été longtemps présenté comme le symbole de l’exclusion des nordistes. Malgré des preuves de ses origines burkinabés apportées par ses rivaux, le président ivoirien a toujours affirmé qu’il venait d’une famille respectée de Kong, une ville au nord-est de la Côte d’Ivoire près de la frontière du Burkina Faso.
Acte intentionnel ou bévue du speaker
Le mercredi 20 septembre Alassane Ouattara s’est exprimé devant la tribune des Nations Unies à New York. Avant de monter sur la chaire, il a été présenté par le speaker comme le président du Burkina Faso. Coup de théâtre et surprise dans une salle qui réunit plus d’une centaine de ses homologues. Quelques secondes après, le présentateur s’excuse et affirme avoir été induit en erreur par une mention de son CV. En effet dans le CV du chef de l’Etat, il est écrit qu’il fit des études aux Etats Unis en tant que ressortissant burkinabé. Cela a suffi au speaker pour le présenter comme le président du Burkina Faso. C’est un fâcheux rappel et surtout une confusion intolérable car en plus d’exhumer un vieux débat, le speaker fait montre d’une inculture au sujet du continent africain.
Une bévue qui réveille un vieux débat
Le nombrilisme des Américains est connu. Ils n’auraient pas une connaissance approfondie du monde et surtout de l’Afrique qu’ils conçoivent comme un pays. Cette bévue n’est donc pas étonnante même si elle pourrait être intentionnelle. Des Ivoiriens demandent par conséquent des réparations pour ce qu’ils considèrent comme une insulte envers la nation ivoirienne. « L’ONU doit présenter ses excuses au peuple ivoirien, la foutaise est de trop » s’indigne un internaute. En effet, c’est bien là un parjure pour les Ivoiriens et les Africains en général que de confondre leur géographie. Ce serait même une façon de se payer la tête du président ivoirien qui n’a jamais reconnu ses origines burkinabés. Cependant beaucoup d’autres Ivoiriens estiment que le speaker n’a dit que la vérité. « Il a simplement dit la vérité » affirme un autre au sujet du speaker. En effet, ici tout est question d’appartenance politique. Indignation et moquerie se situent aux embouchures des idéologies.
Le speaker a dû faire passer un mauvais quart d’heure au chef de l’Etat de Côte d’Ivoire. Il lui a un peu jeté à la figure une nationalité que ce dernier a depuis longtemps renié, en partie au moins. Au-delà de la simple polémique sur ses origines, c’est bien là une frustration pour la plus haute personnalité de Côte d’Ivoire. Si certains préfèrent y voir le début d’une disgrâce, d’autres parlent de lapsus linguae qui ne provoquerait pas d’incidence diplomatique. En tout cas, c’est sûr que cette anecdote servira de grain à moudre à la presse et aux militants d’opposition.