Accueil ACTUALITÉ Côte d’Ivoire: l’état peut-il vraiment détruire le marché Roxy d’Adjamé ?

Côte d’Ivoire: l’état peut-il vraiment détruire le marché Roxy d’Adjamé ?

Roxy marché à Adjame Abidjan

Roxy, c’est le nom du plus grand marché de médicaments de rue d’Abidjan.

Ce marché se situe dans la très fréquentée et commerciale commune d’Adjamé. Sur ce célèbre site, des dizaines de femmes vendent chaque jour des médicaments contrefaits ou périmés à des clients qui n’ont pas toujours les moyens d’aller à la pharmacie. Malgré les risques encourus par ces derniers et les alertes lancés par les gouvernements successifs, Roxy existe toujours. Mais depuis un mois, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes.

L’Etat peut-il vraiment détruire le marché Roxy d’Adjamé ? Telle est la question que l’on se pose dans le contexte actuel des opérations éperviers initiées par l’Etat de Côte d’Ivoire à travers le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique. Commencée en début septembre, la destruction de ce marché devrait être totale dans les jours à venir.

Roxy et ses apprentis médecins

Roxy Adjamé est le plus gros marché de médicaments de la rue à Abidjan et de facto en Côte d’Ivoire. Il est situé à Adjamé, précisément sur le boulevard Nangui Abrogoua, un boulevard qui vient d’être vidé des commerçants qui l’encombraient illégalement. Ce déguerpissement, pour assainir la voie, est solidaire de la lutte contre les médicaments de la rue car les deux phénomènes se côtoient sur un même espace. Le marché Roxy existe depuis des décennies. L’on peut même dire, sans risque de se tromper, qu’il date de la modernisation de la ville d’Abidjan. Il a donc traversé plusieurs gouvernements qui ne sont pas parvenus à en venir à bout. Cette pharmacie par terre est animée par des femmes qui ne savent rien à la médecine que leurs expériences personnelles. Cependant, avec plus ou moins de succès, elles parviennent à diagnostiquer le mal et à vous donner le juste remède. Si ce business permet à de nombreuses familles de s’en sortir, il demeure un handicap pour l’Etat de Côte d’Ivoire et une menace sur la santé publique.

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L’Etat lance une opération de destruction totale du site

Un contrôle par la police ivoirienne au sein du marché d’Adjamé

L’opération Epervier, lancée par l’Etat en septembre dernier, visait à mettre fin à ce commerce illégal. Sur ordre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, plusieurs dizaines de policiers sont descendus à Adjamé Roxy pour procéder à la destruction des médicaments contrefaits. Pour se faire, les agents de la police ont fait sortir les cartons et les bals de médicaments pour les incinérer sur la voie publique. C’était le vendredi 6 octobre dernier. La destruction des marchandises a mis en émoi les propriétaires qui n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. L’Etat de Côte d’Ivoire n’entend pas rester là car il sait très bien que le marché renaîtra de ses cendres comme un sphinx.

« Nous envisageons la destruction du bâtiment et cela nécessite une autorisation administrative. Dès que nous l’aurons, la destruction sera faite. »

assure le Colonel Nambala Koné.

Peut-on croire en la fin prochaine de Roxy ?

Dans les jours qui suivent, l’Etat de Côte d’Ivoire prévoit détruire totalement le bâtiment qui abrite une grande partie de cette « pharmacie par terre ». Il semble donc clair que les jours de ce site historique sont comptés. Pourtant tout le monde ne croit pas que la destruction du bâtiment entrainera la disparition du marché, encore moins la fin du commerce des médicaments frauduleux.

« Depuis 1990 je connais ce marché Roxy Adjamé et j’ai vu plusieurs tentatives d’assainissement mais toutes ont échoué. Pourquoi ? Coup de pub et aucun suivi. »

se désole un internaute sur le site du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique. En effet il y a des raisons de ne pas croire que le marché disparaitra comme les échecs ne manquent pas.
A présent, les laboratoires pharmaceutiques et les pharmacies elles-mêmes doivent se frotter les mains car les commerces parallèles de médicaments contrefaits représentent 10% du chiffre d’affaire total sur les médicaments. Leurs plaintes ont été entendues par l’Etat de Côte d’Ivoire qui a préféré opter pour la santé des citoyens que la complaisance politicienne. Cependant la destruction du marché de Roxy Adjamé, même s’il est définitif, ne pourra pas résoudre le problème des pharmacies par terre qui pullulent à Abidjan. Ces commerçantes ne feront que s’installer ailleurs pour reprendre leur commerce.

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