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Côte d’Ivoire : Baoulés et Guérés sont-ils au bord d’une guerre ethnique ?

A la fin de la crise post-électorale de 2010 et 2011, la Côte d’Ivoire était en proie à des dissensions communautaires nées des divisions politiques.

A la faveur des nouveaux rapports de force, certaines haines ont été exacerbées et certaines attitudes poussées à l’extrême. Les groupes ethniques qui se regardaient jusqu’ici en chiens de faïence se sont laissé emporter par les ressentiments encore en latence. Parmi ces groupes ethniques figurent les baoulés et les Guérés que tout oppose à l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Les Baoulés et les Guérés sont au bord de la guerre ethnique depuis environ un mois maintenant. Ce conflit, qui s’aggrave avec le temps, semble ne pas vraiment préoccuper les autorités ivoiriennes. Pourtant tout semble réuni pour vivre une guerre inter-communautaire sans précédent en Côte d’Ivoire. Quelles sont donc les raisons de ce conflit ? Qu’est ce qui a été fait jusqu’ici pour désamorcer la bombe sociale naissante ?

Aux origines du conflit

La querelle entre Guérés et Baoulés est née d’un conflit foncier. Les autochtones Guérés et les allogènes Baoulés se disputent une parcelle de terres depuis plus d’un mois. En effet, la richesse des terres de la forêt classée de Goindébé constitue la pomme de discorde entre les deux peuples. Ces terres arables d’une vaste superficie sont convoitées par les deux communautés depuis le départ du dernier propriétaire. Celui-ci est Salam Yaméogo, un ressortissant burkinabé qui occupa illégalement cette forêt classée de 2002 à 2014. Cette année-là il fut arrêté par l’Etat ivoirien puis jeté en prison. Depuis son incarcération, les deux ethnies qui vivaient dans le périmètre ont commencé à revendiquer les terres en question. Il s’agit bien sûr des Guérés, peuple local, et les Baoulés des allogènes établis là depuis des lustres. La cohabitation devenant de plus en plus impossible, les deux groupes ethniques en sont venus aux mains début octobre.

Guérés et Baoulés revendiquent la propriété terrienne

Les deux peuples en conflit revendiquent chacun la possession de ces terres arables. Les Guérés estiment que la terre leur revient de droit puisqu’ils l’ont héritée de leurs ancêtres. Quant aux Baoulés ils en réclament la propriété au nom du travail accompli depuis des années. Houphouët Boigny, le père fondateur de la nation ivoirienne, avait dit en son temps que : « La terre appartient à celui qui la met en valeur ». Encore bien tenace dans les esprits, cette conception a trouvé un terreau propice à son expansion : les différents politiques. Ces derniers sont, il faut se l’avouer, la source d’alimentation principale d’un conflit qui n’a pas de raison d’être. Ce conflit-disons le net- absurde a déjà fait plusieurs victimes.

Un conflit inquiétant et pourtant presqu’ignoré

Commencés en début octobre, les affrontements ont déjà fait d’énormes dégâts matériels et humains. Un peu comme un médecin après la mort, le gouvernement ivoirien a tardé à réagir. Cependant, il a dressé un tableau très alarmant de ce conflit à l’issue du dernier conseil des ministres. Depuis le 2 octobre à ce jour, l’on enregistre 7 morts, 28 blessés dont un gendarme, 2 cas de viols, 18 écoles saccagées et plus de 800 personnes déplacées. Au regard de ce triste bilan, l’Etat de Côte d’Ivoire a vite fait de prendre des mesures idoines. Ainsi il a délégué des autorités civiles et militaires pour désamorcer la bombe. Cependant, en dépit de la présence très dissuasive des forces de l’ordre et de leurs supplétifs dozos, dont quelques-uns ont d’ailleurs été tués, rien n’a changé. Pis, la délégation baoulé dépêché pour signer un accord de paix, aurait refusé toute réconciliation. De son côté, la diaspora Wê aurait appelé à la mobilisation de ses fils et filles pour repondre à ce qu’elle appelle « l’agression des Baoulés ».
Un mois après le début du conflit, les Guérés et les Baoulés ne semblent pas vouloir chercher l’apaisement des tensions. Dans une attitude de guerriers, chaque communauté veut en découdre avec celle d’en face. Sans nul doute, les divisions politiques sont la principale cause de ces conflits terriens. Cela est d’autant plus vrai que ces deux peuples ont toujours vécu en harmonie depuis des lustres. Il est bien temps de retrouver la concorde d’antan qui faisait que Baoulés et Guérés cohabitaient pacifiquement sur les mêmes terres. Tenir des discours guerriers ne ferait qu’envenimer la situation, situation de laquelle personne ne sortira vainqueur, assurément pas.

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