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Élection Kenya : La Cour Suprême à nouveau saisi pour trancher sur le contentieux électoral

Le jeudi 26 octobre, les Kenyans avaient repris le chemin des bureaux de vote pour élire leur nouveau président. Malheureusement cette élection n’a pas connu meilleure sanction que celle annulée du 8 août. Ce vote bis a été émaillé de violences entre partisans et adversaires du pouvoir.

Ces affrontements, parfois avec la police, ont conduit à l’annulation du vote dans quatre comtés favorables à l’opposition emmenée par Raila Odinga. Malgré la proclamation de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta le lundi 30 octobre, Raila Odinga et les siens continuent de protester.
A présent, la Cour Suprême a été saisie pour trancher sur le contentieux électoral comme elle l’a fait en août dernier. Les juges de cette institution ont à nouveau l’avenir de tout un pays sur leur épaule. Contrairement à la première élection annulée, les sept magistrats devront cette fois-ci faire face à des velléités politiques plus qu’à la force de la loi.

Election reportée, bis repetita

Le sentiment qui ressort de cette élection du 26 octobre est celui d’avoir inutilement perdu le temps. Deux longs mois pour finalement arriver aux mêmes effets. Comme pour la première élection d’août annulée pour « irrégularités », celle d’octobre est entaché de couacs plus encore graves. Quatre comtés n’ont pas été pris en compte dans les résultats finaux à cause des violences qui ont empêché la tenue du vote. Suite à la proclamation de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta par la commission électorale, l’opposition emmenée par Raila Odinga a appelé au boycottage. Même si ce dernier semble peu suivi, car les Kenyans se sont presque tous remis au travail, de sérieux troubles planent sur le pays. Cette menace s’amplifie avec un certain mutisme de l’opposition qui, dit-on, n’a pas déposé de recours devant la Cour Suprême.

Quelques recours sans grands poids déposés devant les juges

Si l’opposition avait déposé un recours devant la Cour Suprême après l’élection du 8 aout, elle reste pour l’heure muette au sujet du vote du 26 octobre. Aucun cadre de la coalition de l’opposition n’aurait déposé un quelconque dossier anti-élection sur la table des juges bien qu’ils vocifèrent depuis la proclamation de la victoire d’Uhuru Kenyatta. Quelques timides actions de contestations légales ont été enregistrés de la part d’organisations et de personnalités presqu’inconnues de la majorité des Kenyans. Il s’agirait de l’obscure entre autres du Black Flag Movement (Mouvement du Drapeau Noir) et d’un ex député et champion du tir à la carabine John Harun Mwau. Ces recours n’auraient aucun poids contrairement à celui de Njonje Mue et Khelef Khalifa, deux leaders de la défense des droits de l’homme.

Que dire de l’attitude de l’opposition

L’absence d’un recours de Raila Odinga à la Cour Suprême pourrait s’expliquer par la posture qu’il a adoptée pour l’élection du 26 octobre. En effet, il avait appelé au boycott du scrutin et s’était retiré au dernier moment. Ce faisant, il n’avait plus l’autorité ni la caution de revendiquer quoi que ce soit par voie légale. L’opposition aurait à présent choisi la voie de la résistance et de la rue en se fondant sur les propos de l’IEBC qui déclarait qu’environ ¼ des votes n’avaient été pris en compte. Vraisemblablement Raila Odinga et ses militants ont opté pour le boycott actif.
Tout le Kenya est à nouveau suspendu à la décision de la Cour Suprême qui devrait statuer dans les jours à venir. La raison veut qu’elle entérine définitivement la victoire d’Uhuru Kenyatta. Réorganiser encore une fois le scrutin serait une décision plus historique et inutile. Mais tout est encore possible au regard du phagocytage des votes par l’IEBC. De leur côté, les juges pourraient craindre pour leurs vies vu que le garde du corps de l’un d’entre eux avait été agressé à deux jours de la reprise du vote. Les intimidations pourraient-elles peser dans leur décision finale ? Attendons de voir.

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