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Nouvelle constitution au Burkina Faso : le gros dilemme de Kaboré

A l’instar de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devrait également migrer vers une nouvelle constitution en vue de marquer la rupture avec l’ère Compaoré. Mais les choses ne sont pas aussi simples dans la pratique, le président Kaboré actuellement confronté à un gros dilemme sera amené à faire un choix historique en 2018.

L’adoption d’une nouvelle constitution au Burkina Faso entre dans sa phase critique. Si la volonté du chef de l’Etat de passer à la Ve République a été salué par nombre de citoyens burkinabè, dans la pratique il y’a encore du chemin à parcourir pour doter le pays d’une nouvelle législation, la cinquième de son histoire. Le président Roch Kaboré a déjà reçu la mouture de nouvelle constitution qui remplacera celle instaurée par Blaise Compaoré en 1991. Mais le chef suprême des armées au pays des hommes intègre sera amené à faire un choix décisif en 2018, à savoir celui de la méthode à suivre pour faire adopter cette nouvelle législation. Pour cela, deux possibilités s’offrent au président du Faso, deux alternatives avec chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Pour permettre au Burkina de passer de la IVe à la Ve République, Roch Kaboré devra naturellement soumettre la nouvelle constitution au vote référendaire pour recueillir l’avis des burkinabè. Mais la facture risque d’être salée pour le gouvernement si le président opte pour cette méthode. D’après une source proche du chef de l’Etat, l’organisation d’un référendum au Burkina Faso pourrait coûter à l’Etat la bagatelle de 20 milliards de francs Cfa. Pour éviter de mobiliser une pareille somme pour les consultations sur la révision de la constitution , le président Kaboré a aussi la possibilité de passer par un plan B, certes moins couteux que le premier mais qui n’est pas sans risque.

Choisir entre référendum et voie parlementaire

Pour faire adopter la nouvelle constitution du Burkina Faso, le président pourrait comme l’avions indiqué passer par l’organisation d’un référendum, une option d’ailleurs soutenue par Halidou Ouédraogo, le président de la Commission Constitutionnaliste. En optant pour la voie référendaire, le président Kaboré associe ainsi tout le peuple burkinabè à cette décision historique qui permettra au pays de tourner la page Compaoré pour de bon. La seconde option pour faire passer la nouvelle constitution burkinabè consistera à soumettre le texte à l’approbation des représentants du peuple, à savoir les députés. Pour faire valider la nouvelle loi, le président devra recueillir au moins une majorité des trois quarts d’avis favorables au Parlement. Certes, cette méthode paraît moins couteuse que la première mais elle exclut dans une certaine mesure l’avis du peuple burkinabè, tandis que le vote référendaire associera chaque citoyen du pays au processus. Pour l’instant, aucune réponse du président du Faso concernant l’option qui sera choisie mais selon l’entourage de Kaboré, l’adoption du texte à travers un référendum serait l’hypothèse la plus probante pour l’adoption du texte. Le calendrier n’est pas encore clairement défini mais lors du premier trimestre de l’année 2018, une vaste campagne qui couvrira toute l’étendue du territoire devrait se tenir pour permettre à toute la population de s’imprégner de cette nouvelle réalité. Quant au vote sur la nouvelle constitution, il pourrait se tenir dans le courant du premier semestre de la nouvelle année.

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