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Grève des magistrats au Bénin : première grande fronde sociale pour Talon?

Les magistrats béninois sont entrés en grève ce lundi en réponse au vote du parlement sur l’interdiction du droit de grève aux hommes de justice. Cette fronde sociale sous l’ère Talon pourrait s’amplifier avec l’entrée en scène des agents de la santé.

La grève des magistrats au Bénin a été lancée ce lundi 08 janvier comme cela convenu. Réunis la semaine dernière en Assemblée Générale extraordinaire, les agents de la justice avaient déposé une motion d’arrêt de travail auprès de leur ministère de tutelle pour protester contre le gouvernement béninois. L’atmosphère sociale entre Patrice Talon et les magistrats s’est dégradée depuis une dizaine de jours suite à un vote du parlement en faveur d’un texte privant du droit à la grève les agents de la justice et les agents de la santé. Cette loi votée à une grande majorité par les députés au Bénin a suscité une colère noire chez les hommes de loi qui en réponse au gouvernement ont décidé de combattre ce texte. A l’issue d’une réunion qui s’est tenue le jeudi dernier, l’UNAMAB, l’union nationale des magistrats du Bénin a donc décidé d’aller au bras de fer avec le régime de Patrice Talon en décrétant un arrêt de travail à compter de ce lundi 08 janvier 2018 : « En décidant de sacraliser le droit de grève, le constituant a engagé l’Etat à reconnaître et garantir ce droit à tous les travailleurs, y compris les forces de défense et de sécurité(…). L’Assemblée nationale a, le 28 décembre 2017, retiré subrepticement le droit de grève aux agents de la santé, de la justice et de sécurité. Non satisfait de ce coup de force constitutionnel, le 02 janvier 2018, lors de l’examen de la loi portant statuts de la magistrature, l’Assemblée nationale a confirmé son désir d’en découdre avec les magistrats en leur retirant le droit de grève par une disposition introduite dans cette loi(…). C’est pourquoi, elle (l’UNAMAB) décide d’observer, à compter du lundi 08 janvier 2018, jusqu’au retrait de cette disposition liberticide de la nouvelle loi portant statuts de la magistrature, un mouvement de grève de protestation de cinq (05) jours, tacitement reconductible, du lundi au vendredi.», a fait savoir le corps de la magistrature dans un communiqué officiel.

Une grève soutenue par des intersyndicales au Bénin

Selon les agents de la justice, il s’agit d’une grève sans service minimum assuré et qui s’étendra cinq jours sur cinq, à savoir du lundi au vendredi. En cas de non retrait de la loi interdisant les agents de justice et de la santé du droit à la grève, les magistrats pourraient reconduire le mouvement la semaine prochaine, d’autant plus qu’ils sont désormais soutenus dans leur lutte par plusieurs associations syndicales du Bénin. Fin de semaine dernière, au moins cinq associations syndicales béninoises se sont réunis pour examiner la loi privant du droit à la grève les magistrats et agents de la santé. A l’issue de la rencontre, les centrales syndicales ont décidé de soutenir la cause des magistrats en organisant un sit-in dans les jours à venir. Patrice Talon fait aujourd’hui face à l’une de ses plus grandes frondes sociales depuis son accession au pouvoir, une fronde qui pourrait gagner en intensité avec l’entrée en grève des agents de la santé. Les différents syndicats du secteur sanitaire poursuivent les consultations et projettent de paralyser les services sanitaires du pays si la disposition votée par les députés est toujours maintenue. Patrice Talon va-t-il faire volte-face au poursuivre le bras de fer avec les agents de la santé et magistrats ?

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