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Espionnage de l’Union Africaine par la Chine : et si c’était vrai ?

L’espionnage du siège de l’Union Africaine a fait l’effet d’une bombe avant la tenue du 30e sommet de l’UA. La Chine a-t-elle vraiment espionné l’organisation panafricaine comme l’indique Le Monde ?

Le nouveau siège de l’Union Africaine offert par la Chine il y’a environ 6 ans serait-il un cadeau empoisonné ? Les autorités chinoises se sont prononcés sur cette affaire d’espionnage qui a défrayé la chronique pendant le 30e sommet de l’UA à Addis-Abeba.

Le nouveau siège de l’Union Africaine était espionné par la Chine depuis quelques années, cinq ans pour être plus précis. L’information a été révélée par le journal français Le Monde à la veille de l’ouverture du 30e sommet de l’UA à Addis-Abeba. Ces révélations du quotidien français ont fait beaucoup de bruit les 48h qu’aura duré le sommet de l’Union Africaine. Dans sa parution du 26 janvier dernier, le quotidien français Le Monde (Joan Tilouine et Ghalia Kadiri) nous explique qu’en « janvier 2017, la petite cellule informatique de l’UA a découvert que ses serveurs étaient étrangement saturés entre minuit et 2 heures du matin. Les bureaux étaient vides, l’activité en sommeil mais les transferts de données atteignaient des sommets. Un informaticien zélé s’est donc penché sur cette anomalie et s’est rendu compte que les données internes de l’UA étaient massivement détournées. Chaque nuit, les secrets de cette institution, selon plusieurs sources internes, se sont retrouvés stockés à plus de 8 000 km d’Addis-Abeba, sur des mystérieux serveurs hébergés quelque part à Shanghaï, la mégapole chinoise. ». Les envoyés spéciaux du journal français vont loin dans leur explication en indiquant que les ingénieurs chinois qui étaient chargé de la mise en place du système de sécurité au sein du nouveau siège ‘‘ont volontairement laissé deux failles : des portes numériques dérobées (« backdoors ») qui donnent un accès discret à l’intégralité des échanges et des productions internes de l’organisation.’’, ce qui confirme bel et bien la théorie d’une collecte de données à l’insu des concernés. Le journal précise également que ‘‘tous les contenus sensibles ont pu être espionnés par la Chine’’. Les chinois étaient-ils réellement derrière cet espionnage du siège comme l’a affirmé le journal français dans un article paru la semaine dernière ?

La Chine a-t-elle vraiment espionné le siège de l’UA ?

Pékin n’a pas mis du temps à réagir aux accusations du journal Le Monde. Le représentant de la Chine au sein de l’Union Africaine s’est offusqué contre les informations révélées par le quotidien français, des informations qu’il qualifie à l’évidence d’allégations : « Comment un journal sérieux comme Le Monde peut publier ce genre d’article ? Ils l’ont fait dans un but, celui de créer un trouble. Ils ne sont pas contents des réussites permises par nos relations avec l’Afrique ces dernières années », a estimé Kuang Weilin. Le nouveau président de l’Union Africaine a également réagi à cette affaire d’espionnage qui a manqué de peu de jeter le discrédit sur les relations entre la Chine et l’Afrique : ‘‘Je ne pense pas que l’espionnage soit une spécialité uniquement des Chinois. Nous sommes entourés d’espions, partout dans le monde’’, a indiqué Paul Kagamé. A l’évidence, le nouveau président de l’UA ne dément pas formellement la théorie d’une tentative d’espionnage et rallonge même la liste en affirmant que les africains sont ‘‘entourés d’espions’’. Et si la Chine avait réellement collecté discrètement des ‘‘données sensibles’’ de l’UA pendant cinq ans ? Vu le niveau de développement de la Chine en matière de technologie, espionner l’Afrique en collectant des informations sur le siège de l’UA ne serait pas une tâche difficile.

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