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Côte d’Ivoire : les travailleurs du pétrole donnent 72h à leur direction

Les agents du secteur pétrolier de Côte d’Ivoire sont en colère contre leur direction depuis plusieurs mois maintenant.

En novembre 2017, ils avaient lancé un préavis de grève par la voix du Syntepci, entendez par là le Syndicat National des Travailleurs des Entreprises Pétrolières de Côte d’Ivoire.

Depuis, ils se sont rongés les pouces, espérant que leurs patrons seront réceptifs à leurs plaintes. Rien n’aurait été fait, c’est pourquoi, ces agents ont décidé de passer à la vitesse supérieure.
Les travailleurs du secteur pétrolier de Côte d’Ivoire donnent 72h à leur direction pour répondre à leurs préoccupations. Ils sont rentrés en grève tôt ce matin, tambour battant. Selon eux, leur préavis de grève du 3 novembre dernier n’a pas trouvé échos auprès des dirigeants d’OiLibya et du Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale. C’est pourquoi, ils décident de prendre le taureau par les cornes en lançant une grève de 72 heures. Résolus à ne pas se laisser intimider par qui que ce soit, ils manifesteraient en ce moment devant le siège d’OiLibya à Abidjan.

Une grogne qui ne date pas d’aujourd’hui

Les agents du secteur pétrolier de Côte d’Ivoire grognaient depuis plusieurs mois. Pour faire savoir leur mécontentement, ils avaient adressé un préavis de grève au Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale. Leurs revendications portaient sur leurs conditions de travail et sur le sort de certains de leurs camarades. Au nombre de leurs griefs figurent le refus de l’application du protocole d’accord de 2008 signé par OiLibya aux travailleurs partis depuis un an, le refus de la réintégration de certains travailleurs depuis huit mois, le non-respect de l’application du décret 96 – 194 du 7 mars 1996 portant sur le travail temporaire dans le domaine pétrolier et la violation des libertés syndicales. Face au mutisme et à l’inaction de leurs employeurs, les travailleurs n’auraient eu d’autres choix que de de battre le pavé.

Joindre l’acte à la parole

Les travailleurs du secteur pétrolier de Côte d’Ivoire, réunis au sein du Syntepci, sont rentrés en grève ce mercredi matin 31 janvier. Cette grève devrait s’étendre sur 3 jours, soit 72 heures minimum. Dans une lettre rendue publique ce matin le Syndicat National des Travailleurs des Entreprises Pétrolières de Côte d’Ivoire le SNTEPCI, au terme de l’énumération des points de leurs revendications, déclare :

« En conséquence, le camarade Wondje Nguessan Jérémie, Secrétaire Général Exécutif, décrète à compter de ce mercredi 31 janvier, une grève générale de 72 heures de tous les travailleurs membres du Syntepci du secteur du pétrole pour exiger le respect des droits des travailleurs bafoués et l’application de toutes nos revendications, ci-dessus indiquées. ».

Ce matin, pancartes en mains et sifflets en bouche, ils manifestent devant le siège d’OiLibya.

Tension entre les manifestants et les autorités

Comme constatés sur les lieux, les travailleurs sont bel et bien là. Le mot d’ordre de grève a été suivi à la lettre par tous les agents du groupe pétrolier. Ils auraient reçu la visite du Commissaire de Police dépêché sur place pour faire retomber la tension. Celui-ci, aidés des patrons arabes d’OiLibya, tenterait de disperser la foule à coup de menaces. Pour les travailleurs, ces tentatives d’intimidations sont vaines. Il ne serait plus question que certains soient au-dessus des lois tandis que les autres croulent sous la misère. Les patrons de OiLibya et de Klenzi, un autre groupe indexé, seraient des intouchables.
A l’heure où nous mettons sous presse, des discussions seraient en cours entre les autorités ivoiriennes, les dirigeants d’OiLibya et de Klenzi et les travailleurs en grève. Espérons que la médiation aboutisse pour que OiLibya se remette au travail. Toutefois, les agents d’OiLibya estiment que toute issue autre que la satisfaction immédiate de leurs revendications, ne serait pas la bienvenue. Vu la tournure des évènements, l’on ne s’étonnera pas bientôt de voir débarquer un détachement de la police pour libérer le siège d’OilLybia des assaillants.

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