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Côte d’Ivoire : « Je suis Bouba », grande manifestation ce samedi

La mort du petit Bouba a provoqué une onde de choc et une indignation générale en Côte d’Ivoire et même au-delà. Un acte si révoltant a le don de briser la glace du silence qui frigorifiait la société ivoirienne.

La société civile ivoirienne, pour une fois dira-t-on, a décidé de se mobiliser pour dire non à ce genre d’inhumanité.

Une grande mobilisation dénommée « Je suis Bouba » sera organisée ce samedi 3 mars 2018. Elle est l’œuvre d’internautes qui n’entendent pas restés dans un silence coupable face à ce crime d’une monstruosité innommable. Passé l’écœurement, l’heure de battre le pavé pour se faire entendre a sonné.

Retour sur cet infanticide révoltant

Le jeudi de la semaine dernière, une publication a fait le tour des réseaux sociaux pour faire part de la disparition d’un enfant de quatre ans nommé Bouba (pour Aboubacar). Deux jours plus tard, ce qu’on craignait arriva. Bouba a été tué au cours d’un sacrifice rituel par un individu qui était déjà soupçonné. Pourtant ce dernier avait activement participé aux recherches, aidant même les djélibats dans leur tâche. Les djélibats, précisons-le, sont des crieurs publics chargés de retrouver des personnes perdues ou disparues. Le principal suspect a été le dernier avec qui on aurait vu l’enfant et lui-même l’a confirmé. En Revanche, il affirme qu’il a pris congé de l’enfant après lui avoir donné des friandises. Une information capitale mettra, cependant, la puce à l’oreille des policiers. Son entourage affirme qu’il a déjà tenté de faire des sacrifices. Il aurait proposé à sa femme de sacrifier leur nouveau-né, mais celle-ci a refusé et s’est réfugié chez ses parents. Il aurait aussi proposé à son voisin de sacrifier son petit garçon pour, dit-il, devenir riche tous les deux. Finalement, c’est ce tonton du quartier, en qui le petit Bouba avait toute confiance, qui a perpétré le crime.

Le suspect passe aux aveux

Dans une interview accordée à la police, sur les lieux de son crime, le suspect principal, bijoutier de son état, a tout avoué. Après avoir conduit les enquêteurs dans la fosse où il a enterré le petit Bouba, il a fait des révélations effroyables et troublantes. Il confie qu’il a attiré l’enfant à lui avant de le conduire à l’abri des regards. Une fois qu’il lui a ôté la vie, il l’a enterré dans une fosse improvisée derrière le CHU d’Angré, à Cocody. Sano Etienne, c’est son nom, Guinéen d’origine, a expliqué qu’il avait commis ce crime sur prescriptions d’un marabout. Ce dernier lui aurait promis la richesse s’il accomplissait ce rituel. Le sieur Sano Etienne dit avoir recueilli le sang dans un récipient pour le rapporter plus tard au marabout. Selon le quotidien Soir Info, le meurtrier aurait aussi confié qu’il a été envoyé par une autorité. Celle-ci serait si puissante que révéler son nom n’est pas chose aisée.

Un samedi pour dire ça suffit

Grande fut la mobilisation des internautes ivoiriens et des Ivoiriens tout court. Artistes, hommes politiques et anonymes ont rendu hommage au petit Bouba et crié leur ras-le-bol face à tous ces crimes commis dernièrement. C’est pour dire « ça suffit » qu’une manifestation a été fixée ce samedi devant le CHU d’Angré. « Je suis Bouba, j’ai droit à la vie » tel est le crédo de cette manifestation d’envergure, crédo qui rappelle le drame de Charlie Hebdo en France. En revanche il est plus à rattacher à une autre histoire qui émeut la France en ce moment, celle du meurtre de la petite Maëlys par Nordahl Lelandais. La manifestation doit débuter à 8H pour finir à une heure non précisée.
Comme un seul homme, les Ivoiriens doivent se retrouver devant le CHU d’Angré ce samedi matin à 8H. Le crime de Bouba c’est le crime de trop, dans cette période particulièrement meurtrière. Tous les parents devraient se mobilisés pour protéger leurs enfants. En ces temps d’élections, où chacun voit les mains obscures d’hommes politiques, la vigilance est de mise. Personne ne doit ignorer que nous sommes dans une société magico-spirituelle et particulièrement criminogène. Dès à présent, que chaque parent avise ses enfants quant à l’attitude à adopter face à un inconnu dans la rue. C’est la principale règle de survie qui devrait prévaloir en ce moment.

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