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Mali : Pourquoi la visite du Premier Ministre à Kidal n’aura pas lieu ?

Au Mali, le statut de l’Azawad divise le gouvernement et les groupes armés indépendantistes du nord depuis plusieurs années.

Ce territoire formé à la suite de l’occupation d’une grande partie du nord par des hommes armés venus de Libye en 2012, n’est toujours pas officiellement reconnu par les autorités maliennes. De leur côté, les séparatistes Touaregs n’ont pas abandonné leur projet d’un Etat indépendant. Aujourd’hui, les dirigeants Maliens ne sont pas les bienvenus dans les zones contrôlées par eux.

La visite du Premier Ministre malien à Kidal n’aura pas lieu, finalement. La raison est que Soumeylou Boubèye Maïga et son gouvernement ne sont plus les bienvenus à Kidal. La Coordination des Mouvements de l’Azawad, CMA, aurait refusé de rencontrer le chef de la primature afin de parler de réconciliation nationale et de réunification du pays.

La visite du Premier Ministre n’aura pas lieu

La visite du Premier Ministre à Kidal, fief des sécessionnistes Touaregs a été annulé au dernier moment. Pourtant, ces derniers jours, cette visite a été annoncée en grande pompe par Bamako et ses médias. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’un tel honneur est accordé par les combattants Touaregs aux autorités maliennes. Depuis la fin de la guerre, c’est presqu’une zone interdite au pouvoir malien ainsi qu’à ces forces armées. En 2014, le Premier Ministre Moussa Mara a connu un voyage très mouvement dans ce gouvernorat avec des combats à l’arme lourde entre les FAMA et les groupes rebelles. Ces derniers ne voulaient point recevoir la délégation du gouvernement malien. Comme pour envoyer un avertissement au sud, la Coordination des Mouvements de l’Azawad a refusé de recevoir Monsieur Boubèye ce lundi 19 mars.

Le président du CMA en tournée dans ses régions

Les responsables politiques et militaires de l’Azawad auraient refusé d’accueillir le premier ministre malien dans leur gouvernorat. Ce faisant, ils violent les accords de paix et de réconciliation nationale signés à Bamako en 2015 après des négociations menées à Alger. Pourtant, la Coordination des Mouvements de l’Azawad estime que le gouvernement du sud n’est pas en phase avec elle quant à la direction à prendre pour une sortie de crise. L’on rapporte que, pour justifier son refus de recevoir le chef du gouvernement malien, le patron de la CMA a trouvé un alibi. Ces dernières heures, Bilal Ag Cherif est en tournée dans toutes les régions sous son autorité à savoir celles de Tombouctou et de Gao. Ainsi, rapporte-t-on, il s’est rendu tour à tour à Ber près de Tombouctou, puis Koigouma et enfin à Gargando près de la frontière mauritanienne. Cette parade lui donnerait un solide argument pour ne pas recevoir le ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

Le Premier Ministre est prié de voir femmes et enfants

Mieux que d’éviter l’émissaire du gouvernement, Bilal Ag Cherif et la Coordination des Mouvements de l’Azawad auraient recommandé au Premier Ministre de voir cela avec les femmes et les enfants de Kidal. Le CMA veut qu’il demande l’autorisation aux femmes et aux enfants de Kidal s’il veut poser les pieds sur leurs terres. Cette façon de procéder aurait énervé Bamako qui voit cela comme un manque de respect à son égard. La presse malienne est unanime pour dire que c’est bien la mauvaise foi qui anime les responsables de la CMA.
Rappelons que l’Azawad est une région sécessionniste du nord Mali couvrant une superficie de 822.000 km². Les indépendantistes Touaregs sont à ce jour les seules forces armées tolérées, peut-être même un peu trop, par la coalition internationale. En 2012, un groupe armée du nom de MNLA, se réclamant des Touaregs, avait pris possession du nord Mali. Quelques mois après ils ont été absorbés par plusieurs autres mouvements djihadistes très radicaux. Ces derniers ont été chassés par l’armée française et les troupes tchadiennes en 2013. Aujourd’hui, seuls les combattants Touaregs occupent encore cette région sous l’œil, jugé trop bienveillant, des forces françaises.

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