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Guillaume Soro peut-il réconcilier la Côte d’Ivoire ?

Armé de son bâton de pèlerin, l’ancien premier ministre ivoirien aujourd’hui président de l’Assemblée Nationale sillonne le pays pour prêcher la paix et la réconciliation.

Guillaume Soro sillonne depuis des mois l’intérieur de la Côte d’Ivoire avec un même discours, un même appel, celui de l’appel à la réconciliation nationale. ‘‘Il y’a un temps pour faire la guerre, il y’a un temps pour se réconcilier’’, faisait savoir le président de l’Assemblée Nationale. Mais le chantier de la réconciliation reste un peu l’envers du décor de la mandature du président Ouattara. Malgré les initiatives mises en place, l’opposition, plus précisément l’ancienne mouvance présidentielle, reste encore réticente au leitmotiv de la réconciliation entre ivoiriens.

Guillaume Soro s’est investi depuis quelques temps d’une nouvelle mission, en plus de la fonction qu’il exerce en qualité de président de président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. L’ancien premier ministre ivoirien a décidé de s’attaquer à l’immense chantier de la réconciliation, une voie sur laquelle tant d’autres avant lui ont échoué. Dès son accession à la présidence de la République, Alassane Ouattara avait mis en place une commission vérité et réconciliation, un organe qui était géré par Charles Konan Banny, l’un des barons du PDCI. Malgré l’implication des chefs coutumiers, des guides religieux, la structure mise en place par le président ivoirien a échoué avant même d’avoir parcouru la moitié du chemin. Au lendemain de la crise post-électorale, les partisans de l’ancienne mouvance présidentielle s’étaient abstenus de toute implication dans le processus démocratique en Côte d’Ivoire. Mais avec le retour d’Affi N’Guessan, le FPI qui reste à ce jour la première force d’opposition au régime Ouattara, a, dans une certaine mesure renoué avec le processus démocratique ivoirien. Mais le front populaire reste à ce jour divisé entre deux principaux courants, avec une tendance qui conditionne son retour au dialogue politique par la libération de certains compagnons de lutte qui seraient encore à ce jour emprisonnés. Pourtant, le gouvernement a été clair sur le sujet, rappelant à maintes reprises que tous les prisonniers politiques avaient recouvré la liberté, mais l’ancienne mouvance présidentielle prétend toujours le contraire. C’est en gros dans ce difficile contexte que Guillaume Soro, armé de son bâton de pèlerin a décidé de sillonner l’intérieur du pays pour appeler les ivoiriens à la réconciliation nationale.

Appel à la réconciliation réitéré à Diawala

En déplacement vendredi dernier à Diawala, dans le nord du pays pour l’inauguration d’une nouvelle mosquée, Guillaume Soro a de nouveau appelé les ivoiriens à se donner la main pour faire de la réconciliation une réalité en Côte d’Ivoire : « Les Imams, je vous demande la Réconciliation, la Paix, l’Amour en Côte d’Ivoire et c’est ce combat que je suis en train de mener. Quelquefois, j’ai l’impression que je suis en train d’aboyer tout seul, parce que je le dis et les gens me regardent ébahis. Mais s’il y a bien une personne bien placée pour parler de la Réconciliation, de la Paix, de l’Amour, c’est moi, parce que moi j’ai vu ce que c’est que la guerre. Moi, j’ai vu des gens mourir à côté de moi, je n’ai plus envie de ça, c’est pourquoi je parle de Paix et de Réconciliation. Mais ceux qui sont là, qui disent ‘’ on ne veut pas réconciliation’’, ils n’ont jamais vu une balle siffler. C’est à la télévision, ils entendent dans les films westerns où on se tire dessus. Ils s’amusent avec la Réconciliation. Mais quand quelqu’un comme moi, tu es dans un avion et puis on tire et tu vois les gens mourir à coté de toi ; ou bien, tu es sur le front et tu vois les gens mourir, tu vois la vie quitter dans leurs yeux ; quand tu sors de là, tu parles de Paix, tu parles de Réconciliation. », a déclaré Guillaume Soro dans son allocution à Diawala. Mais réconcilier les ivoiriens est un chantier bien plus difficile, d’autant plus que l’ancien premier ministre est tenu par certains pour fautif dans la crise que le pays a traversé. Le défi relevé par le président de l’Assemblée Nationale semble donc audacieux mais pas impossible.

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