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Cameroun : grève des instituteurs, les examens menacés

A l’approche de la fin d’année scolaire, le syndrome des grèves du corps enseignant refait surface dans la plus part des pays africains.

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Au Cameroun, comme en Côte d’Ivoire ou au Sénégal, les pédagogues ont toujours su le moment propice pour faire plier leurs gouvernements. Ces gouvernements, qui jouent parfois les sourds sur toute l’année scolaire, sont constamment obligés de fléchir leurs positions pour voir se dérouler les examens officiels.

A quelques semaines de la fin d’année, le spectre d’une grève des instituteurs plane à nouveau sur les examens scolaires au Cameroun. Sentant que c’est le bon moment pour avoir gain de cause, les enseignants du primaire menacent de boycotter les examens officiels. C’est ce qui ressort des tractations qui ont lieu actuellement entre les protagonistes de cette crise de l’éducation nationale camerounaise.

L’hypothèse d’une grève de plus en plus évidente

L’éducation nationale au Cameroun est secouée, ces derniers jours, par des bruits de grève qui vont s’enflant. Comme pour obéir à la traditionnelle coutume des grèves de fin d’année, le corps enseignant a sorti le carton jaune cette semaine pour prévenir le ministère de tutelle, et partant le gouvernement d’un arrêt de travail. En effet, un préavis de grève a été envoyé, le 14 avril passé, au Premier ministre Philémon Yang. Le Syndicat National des Instituteurs Contractuels et Maîtres des Parents, en abrégé SNICOMP, a projeté une grève de ses membres le 23 avril prochain. Les modalités de cet arrêt de travail ont été portées à la connaissance du public hier lundi 16 avril. Ces modalités consistent pour les enseignants à être présents en classe pendant une semaine, sans donner de cours.

Que demandent-ils au gouvernement

Les instituteurs du Cameroun rentreront bientôt en grève, comme stipulé dans un préavis adressé au Premier ministre Philémon Yang la semaine dernière. Leur mauvaise humeur est motivée par le besoin de voir enfin se réaliser quelques-uns des engagements pris par l’Etat camerounais. Le point principal de leurs revendications est la prise en compte de leur intégration par vagues successives à la fonction publique. Hormis cette revendication focale les instituteurs sollicitent aussi le recrutement des nouveaux titulaires du CAPIEMP (Certificat d’Aptitudes Pédagogiques d’Instituteurs d’Enseignement Maternel et Primaire) et du CAPIET (Certificat d’Aptitude Professionnelle d’Enseignant Technique. Enfin, ils pointent du doigt la lenteur de la procédure d’intégration des instituteurs contractuels de la vague 2005/2006 et l’accumulation des contractuels dans l’enseignement. Les instituteurs veulent rapidement voir régler ces questions au risque de « boycotter tous les examens officiels auxquels ils ont souvent pris part ».

Un boulet que traine l’Etat camerounais

Les revendications portées par le SNICOMP et les instituteurs ne datent pas de cette année. Il y a déjà trois ans que les instituteurs avaient attiré l’attention de leur ministère de tutelle. Depuis le 28 juillet 2016, les instituteurs n’ont eu de cesse de faire planer le spectre de la grève, mais le gouvernement a toujours su calmer les esprits. La dernière tentative de grève remonte au 8 janvier dernier, date à laquelle l’Etat avait tenu certaines promesses, ce qui a étouffé encore une fois le mouvement d’humeur. Après 90 jours de sursis, n’ayant rien vu de concret, les enseignants menacent donc à nouveau de paralyser l’école camerounaise.
Si rien n’est fait d’ici le 23 avril prochain, les instituteurs rentreront effectivement en grève. Celle-ci met en péril les examens de fin d’année qui se tiendront sous peu. Surement que le gouvernement trouvera une nouvelle fois une parade pour désamorcer la bombe et relancer le sursis à défaut de résoudre définitivement le problème. La même ambiance prévaut dans d’autres pays où l’Etat a jusqu’ici déplacer les problèmes au lieu de les juguler. Il reste au gouvernement camerounais de prendre ses responsabilités s’il veut voir l’année scolaire finir en beauté et surtout à temps.

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