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Côte d’Ivoire : depuis l’exil, comment Blaise Compaoré manœuvre au Burkina Faso

Depuis la Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré tire les ficelles au Burkina. L’ex-président déchu du Faso fin octobre 2014 vient d’être tout fraichement nommé président d’honneur du CDP, le parti politique qu’il dirigeait pendant qu’il était encore aux affaires. Mais ces manœuvres de l’ancien président burkinabè depuis sa terre d’exil risquent d’embraser une nouvelle fois les relations diplomatiques ivoiro-burkinabè.

Blaise Compaoré n’a fait encore fait ses adieux à la scène politique de son pays, même s’il reste toujours en exil en Côte d’Ivoire. Destitué en octobre 2014 par un soulèvement populaire et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, l’ancien dirigeant du Faso dispose toujours d’une marge de manœuvre importante au CDP, le Congrès pour la démocratie et le progrès. A l’occasion du 7ème congrès extraordinaire du parti, près de 5000 militants avaient effectué le déplacement au palais des sports de Ouagadougou, lieu choisi par les cadres du CDP pour la circonstance. Cette assemblée générale du CDP a été sanctionnée par plusieurs décisions importantes dont certaines seraient liées à la prochaine présidentielle au Burkina Faso. Malgré sa naturalisation, Blaise Compaoré a été nommé par les congressistes comme le président d’honneure du Congrès pour la démocratie et le progrès. A ce titre, il sera le « garant de l’unité et des orientations politiques du parti », ont souligné les congressistes. Parmi les prérogatives liées à sa fonction de président d’honneur du CDP, Blaise Compaoré ‘‘arbitre en dernier ressort les décisions du parti, valide le choix du candidat à l’élection présidentielle et valide les propositions d’union ou de fusion avec d’autres partis’’. Absent de la scène politique de son pays depuis son éviction fin octobre 2014, l’ancien président du Faso reprend donc du service, à la seule différence cette fois qu’il devra tirer les ficelles depuis la Côte d’Ivoire sa terre d’exil. Le CDP accélère sa reconstruction en vue d’un retour effectif sur l’échiquier politique burkinabè, bien entendu avec la présidentielle de 2020 en ligne de mire. Bien que modifiée à diverses reprises, la constitution du Burkina Faso empêche Blaise Compaoré de prétendre à une nouvelle mandature, si toutefois il était sollicité par les cadres de son parti. Mais en tant « qu’arbitre en dernier ressort les décisions du parti », l’ex-président devrait donc jouer un rôle majeur dans le choix du candidat qui représentera le CDP lors de la présidentielle de 2020 au Burkina Faso.

De nouveaux incidents diplomatiques à craindre ?

La naturalisation de Blaise alors qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice burkinabè avait jeté de l’huile sur le feu et détérioré les relations ivoiro-burkinabè bien déjà tendues par les révélations sur le scandale des écoutes téléphoniques. Si cette naturalisation était considérée par certains citoyens burkinabè comme une sorte d’échappatoire pour Blaise Compaoré, les relations entre les deux voisins se sont normalisées au fil du temps, malgré les imbroglios politiques. Malgré une chasse aux sorcières lancée contre certains cadres du CDP, le parti renaît peu à peu de ses cendres. Avec ce retour de Compaoré sur la scène politique burkinabè, les manœuvres politiques de l’ex-président depuis la Côte d’Ivoire pourraient de nouveau embraser les relations ivoiro-burkinabè, puisque le mandat d’arrêt contre Compaoré n’a toujours pas été levé.

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