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Gilets Jaunes : Date et événement qui ont marqué cette fin d’année

GILETS JAUNES – Annoncé au départ comme une grogne contre la hausse du carburant, le mouvement social né en France au mois d’octobre 2018 a pris des proportions importantes, contraignant le gouvernement à adopter plusieurs plans d’urgence.

Gilets Jaunes Jésus
Manifestation d'un Gilets Jaunes en Christ à Paris sur le Bl St Germain. Source Cotedivoire.News Paris.

Les gilets jaunes en France n’entendent toujours pas renoncer à leurs actions sociales, et ce malgré les annonces chocs du gouvernement. Alors que l’état français avait décidé d’adopter le ton de la fermeté concernant la question de la hausse du carburant, le gouvernement dirigé par Edouard Philippe a été contraint de revoir sa copie eu égard de l’ampleur que prenaient les manifestations. Pour apaiser les tensions, le premier ministre français avait annoncé un moratoire sur la taxe instaurée sur le carburant, une réponse insuffisante aux préoccupations portées par les gilets jaunes. Le gouvernement français a finalement renoncé à la taxe sur le carburant, mais ce volte-face n’a pas fait baisser d’un cran la colère dans les rues. Après l’acte IV de la mobilisation contre le gouvernement, le président Emmanuel Macron s’est adressé à la Nation quelques jours plus tard. Dans son allocution, le chef d’état français a annoncé toute une série de mesure visant principalement à renforcer le pouvoir d’achat des français en chute libre ces dernières années, des annonces qui n’ont manifestement pas convaincu une bonne partie des manifestants qui ont enchainé avec un acte V et projettent de descendre encore dans les rues le 22 décembre pour un acte.

La question des gilets jaunes préoccupe de plus en plus le gouvernement français. Lancé à la base depuis une pétition sur la hausse du prix du carburant, le mouvement social s’est même aujourd’hui étendu à plusieurs pays outre la France. Si aujourd’hui des milliers de français se reconnaissent à travers les gilets jaunes, c’est en partie grâce à une pétition lancée depuis le mois de mai par une martiniquaise. Agée de 33 ans et tenante d’une boutique en ligne, Priscilla Ludosky est aujourd’hui l’une des figures clés du mouvement auquel le gouvernement Edouard Philippe est confronté depuis le mois d’octobre. C’est au mois de mai que cette automobiliste habitant dans le département de Seine-et-Marne décide de récolter des signatures sur la toile contre la hausse du carburant annoncée par le gouvernement. Très vite, la pétition lancée par Priscilla Ludosky le 29 mai 2018 récolte un énorme succès puisque la martiniquaise a réussi à mobiliser un peu plus de 225 signatures fin octobre. Mais le succès sera encore plus grand lors de la première démonstration de force des gilets jaunes en France. Fin novembre, la pétition lancée par Priscilla dépasse les 1 millions de signature, signature de l’ampleur des contestations sociales dans l’Hexagone. Après avoir adopté dans les premières semaines le ton de la fermeté, le gouvernement est revenu sur sa position en cédant face aux pressions des manifestants. L’état français renonce à la hausse du prix du carburant, une mesure qui n’a pas fait reculer les manifestants. Très vite, ce qui semblait à la base destiné à un mouvement contre la taxe sur le carburant se transformera rapidement en un vaste mouvement de contestation sociale avec plusieurs revendications à la clé. Malgré cette première victoire, les gilets jaunes continuent d’accentuer la pression sur le gouvernement en dressant une longue liste des revendications auxquelles l’état restera d’abord sourd. Mais eu égard des nombreux dégâts causés en marge de la contestation, plus précisément dans la ville de Paris, Emmanuel Macron s’est adressé à toute la nation quelques jours seulement après l’acte cinq. Durant son allocution, Emmanuel Macron a toute une série de mesure visant à soulager les classes sociales les plus défavorisées. L’une des mesures les plus importantes prises par le président français fut la hausse de 100 euros perçue par tout salarié français payé au SMIC. D’après le président français, cette hausse visant à renforcer le pouvoir d’achat, ne coutera pas un sou à l’employeur. Mais comme on peut s’en douter, tous les gilets n’ont pu bénéficier de cette faveur faite par le président français aux salaires les plus bas, car aucune augmentation n’a été consentie aux travailleurs qui gagnent au-delà du SMIC. Cette raison parmi tant d’autres a donc poussé les manifestants à poursuivre le bras de fer contre le gouvernement en dévoilant de nombreuses revendications parmi lesquelles une revalorisation du SMIC à 1300 euros nets par mois.

Les dates Importantes

Parmi les grandes dates à retenir dans ce mouvement social, il y’a tout naturellement la date du 29 mai 2018. En effet, c’est de la pétition lancée par Priscilla Ludosky que le mouvement des gilets jaunes a pris forme pour se transformer en une vaste contestation sociale. C’est en date du 29 mai que la toute première révolte a démarré, puisque c’est à cette date que la pétition contre la hausse du carburant annoncé par le gouvernement, a été lancée. Après la pétition lancée par la martiniquaise, le 10 octobre 2018 sera lancée un appel à bloquer les principales routes en France pour dire non à la hausse du carburant voulu par le gouvernement français. Deux conducteurs de poids lourds sont à l’origine de cet appel qui sera repris par de nombreux manifestants dans les jours suivants. La date du 17 novembre reste très importante pour les gilets jaunes puisqu’elle marque le début de la première mobilisation dans les rues contre la hausse du prix du carburant. Cette première démonstration de force attirera selon le ministère de l’intérieur plus de 287 000 manifestants. Le samedi 24 novembre 2018 marque l’acte 2 de la mobilisation contre le gouvernement qui refuse toujours de renoncer à cette nouvelle taxe sur le prix du carburant, taxe instaurée par l’état dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Après trois semaines de pression, le président français se décide enfin à répondre aux revendications sociales des gilets jaunes. La date du 10 décembre correspond à celle de l’allocution faite par le président français en réponse à la colère des manifestants dont certains réclamaient son départ.

Lieux qui ont le plus marqué

Si la marche des gilets jaunes était à l’origine une marche pacifique, plusieurs scènes de violences ont dans une certaine mesure, entachée la lutte des manifestants. Parmi les lieux qui ont le plus marqué durant les manifestations, la commune de Paris. La capitale française reste l’épicentre des manifestations sociales qui ont lieu chaque samedi depuis le mois de novembre en France. A Paris, plusieurs véhicules ont été incendiés, de nombreux magasins saccagés et vandalisés, des scènes qui rappellent trait pour trait une guérilla urbaine. Outre les magasins vandalisés, les gilets jaunes s’étaient également rassemblés sur une place très importante à Paris, l’Arc-de-Triomphe. Ce symbole fort de la République française a été ‘‘souillée’’ lors des manifestations dans la capitale français par des tags souvent en lettres capitales. Cette action a même été dénoncée par certains manifestants. Sur les Champs-Elysées, un hôtel a même été incendié en marge des contestations sociales, sans compter les nombreux magasins qui jonchaient cette célèbre place. Selon certains médias, les dégâts causés par les gilets jaunes se chiffrent à plusieurs millions d’euros. Le saccage de l’Arc-de-Triomphe a même fait réagir le président français : «Aucune cause ne justifie que les forces de l’ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des bâtiments publics ou privés soient incendiés, que des passants ou des journalistes soient menacés, que l’Arc de Triomphe soit ainsi souillé.», a tweeté Emmanuel Macron.

Les représentants des Gilets Jaunes

Officiellement, le mouvement n’a pas encore désigné de responsables, puisqu’il n’a pas encore été structuré, même si les appels à manifester sont lancés par certains depuis les réseaux sociaux. Mais de nombreux manifestants font office de porte-parole ou de représentants aux yeux de la presse pour le mouvement. Nous avons entre autre Christophe Chalençon qui est considéré comme le porte-parole des gilets jaunes dans le Vaucluse. L’autoentrepreneuse de 37 ans, Laetitia Dewalle, est actuellement considérée comme la porte-parole des GJ dans le département du Val-d’Oise. Cette liste n’en serait pas une si nous omettions de citer celle qui fut à l’origine de cette série de contestation sociale. Priscilla Ludovsky, âgée aujourd’hui de 33 ans, est l’une des représentantes du mouvement. Maxime Nicolle est aujourd’hui l’une des figures qui représentent les manifestants en France. Il se charge plus particulièrement de la mobilisation des manifestants sur les réseaux sociaux. Le trentenaire a par ailleurs été invité à plusieurs reprises par des télévisions françaises. Cette liste est loin d’être exhaustive.

Les principales revendications

« Smic à 1300 euros net
•Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. (cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) plus de parkings gratuits dans les centres-villes.
•Grand plan d’isolation des logements. (Faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages).
•Que les gros (Mac do, Google, Amazon, Carrefour…) payent gros et que les petits (artisans, tpe pme) payent petit.
•Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du rsi.
•Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
•Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
•Pas de retraite en dessous de 1 200 euros ».
La liste des revendications est encore plus longue car d’un gilet jaune à l’autre, les préoccupations diffèrent. Certains manifestants exigeaient même par moment la démission de Macron ou encore la dissolution de l’Assemblée Nationale, des exigences pour l’instant écartées par le gouvernement.

Liste des réponses du gouvernement

Devant l’ampleur du mouvement social, le gouvernement français n’a pas tardé à réagir. L’une des premières mesures du gouvernement a été de renoncer à la hausse du prix du carburant comme annoncé au départ. La défiscalisation des heures supplémentaires fait aussi partie de la liste des mesures prises par Emmanuel Macron pour satisfaire les revendications des gilets jaunes. Une mesure exceptionnelle a cependant été prise, celle de donner un coup de pouce au SMIC. Les salariés payés au SMIC percevront dès l’année prochaine une prime supplémentaire de 100 euros sur leurs salaires. En gros, le SMIC brut passe donc à 1 521,22 euros : « Le bonus individuel de la prime d’activité sera augmenté de 90 euros au niveau du Smic. Ajouté à la revalorisation du Smic qui entrera en vigueur au 1er janvier, la hausse dépassera les 100 euros supplémentaires pour un célibataire sans enfant. ». aussi, une partie des retraités français sera épargnée du CSG selon le gouvernement : « Nous revenons sur cette situation et nous allons faire en sorte que seuls 30% des retraités soient concernés par cette augmentation qui, je le répète, finance la baisse de cotisations et donc le pouvoir d’achat des salariés. », a fait savoir le premier ministre.

Réaction de Macron à la pétition de Priscilla

« Vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, et avez décidé de réagir en signant cette pétition. Votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison. Vous me dites : Nous sommes déjà dépendants des cours du pétrole, il n’est pas question qu’en plus nous subissions une augmentation des taxes ! Et vous avez raison : l’action contre le réchauffement climatique est un combat nécessaire, mais il ne doit pas opposer les problèmes de fin du monde aux problèmes de fins de mois. Le gouvernement a donc annoncé l’annulation de l’augmentation de la taxe sur le carburant et qu’aucune hausse des tarifs de gaz et d’électricité n’interviendrait pendant l’hiver. », a écrit en réponse le président français à la pétition de Priscilla.

Dégâts lors des manifestations

Comme il fallait s’y attendre, de nombreux dégâts sont occasionnés chaque semaine en marge des manifestations des gilets jaunes. A Paris par exemple, plusieurs enseignes étaient restées fermées suite aux actes de vandalismes qui eurent lieu lors de certaines manifestations, des actes de vandalisme occasionnés par des casseurs auxquels refusent de s’identifier les gilets jaunes. En plus des centaines de blessés, ces manifestations sociales en France ont occasionnés près d’une dizaine de décès dont le dernier en date serait survenu le jeudi. Selon une information rapportée par Le Monde citant l’AFP, « Un homme participant au mouvement des gilets jaunes, âgé de 61 ans, est mort jeudi 20 décembre au matin près d’Agen (Lot-et-Garonne), renversé par un poids lourd près d’un rond-point donnant accès à l’autoroute A62.». Mais ces cas de décès n’ont pas encore fait renoncé certains manifestants qui projettent un acte VI que certains rebaptisent ‘‘Macron démission’’.

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