Election en RDC : Tshisekedi, un président sans véritables pouvoirs ?

par Kohan Kioshiko
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PRESIDENTIELLE EN RDC – La Ceni  a proclamé vainqueur de l’élection du 30 décembre dernier le leader de l’opposition Felix Tshisekedi, un président qui pourra difficilement gouverner s’il est investi.

Felix Tshisekedi a été désigné par la Commission électorale comme le vainqueur du scrutin présidentiel en RDC avec environ 38% des suffrages exprimés. Si la transition démocratique a été saluée au plan national comme international, l’arrivée du président de l’UDPS ne mettrait pas pour autant un terme au règne du clan Kabila qui dure depuis plus de deux décennies. Si la CENI le donne vainqueur de la présidentielle, le candidat de l’UDPS n’a pu décrocher qu’une cinquantaine de postes au sein du nouveau parlement congolais. Sur les 500 sièges, le FCC, parti de l’ancien dirigeant congolais, a récolté environ 350 sièges, ce qui lui donnerait de nombreux privilèges dans le futur gouvernement qui sera mis en place une fois que l’investiture de Tshisekedi aura eu lieu après la confirmation de sa victoire bien entendu, étant entendu que les résultats de la présidentielle sont contestés par le candidat de la coalition Lamuka Martin Fayulu.

Déclaré comme le nouveau président de la RDC, la victoire de Félix Tshisekedi n’est pas encore effective, en raison d’un recours déposé par l’opposant Martin Fayulu. Le chef de file de la coalition Lamuka a déposé un recours semaine dernière au Conseil Constitutionnel pour demander un recomptage des voix de l’élection présidentielle qui s’est déroulée en 30 décembre dernier. En attendant de connaître la réponse des sept sages, la communauté internationale et les organisations sous régionales continuent de mettre la pression pour un recomptage des voix dans ce scrutin. Consacré vainqueur du scrutin, Felix Tshisekedi n’attend plus que la confirmation de sa victoire par le Conseil Constitutionnel qui rappelons-le, est une instance quasiment acquise au président sortant Joseph Kabila. Dans l’éventualité où sa victoire serait confirmée, comment Tshisekedi dirigera-t-il le RDC ? Si sa victoire est confirmée, alors le candidat de l’UDPS n’aura pas les mains libres pour diriger le pays, puisqu’il devrait en principe collaborer avec l’ancienne mouvance présidentielle. Contrairement à la présidentielle ou le FCC est arrivé en troisième position, le parti de Kabila détient la majorité absolue au parlement à l’issue des élections provinciales qui ont eu lieu en marge de la présidentielle du 30 décembre dernier. Sur les 500 députés que compte le parlement congolais, 350 parlementaires sont acquis à la cause du FCC. Bien entendu, cette percée aux législatives et provinciales du camp Kabila lui donne droit à de nombreux privilèges, comme le choix du premier par exemple. Sauf revirement de situation, le FCC, parti majoritaire à l’Assemblée Nationale, devrait désigner le futur premier ministre congolais du gouvernement Tshisekedi.

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Kabila toujours aux affaires sous l’ère Tshisekedi ?

Outre ce fauteuil ministériel stratégique, le camp Kabila devrait contrôler certains portefeuilles ministériels importants comme celui de la sécurité et de l’intérieur. Malgré l’alternance démocratique qui met fin au règne Kabila, rien ne devrait changer en théorie sous le premier mandat de Tshisekedi, si toutefois sa victoire était confirmée par le conseil constitutionnel : « Sur le plan de la forme, une petite étape a été franchie. Kabila part, Félix arrive. Mais le fondement de l’État reste contrôlé par le président sortant. C’est le système de ce dernier qui survivra à travers ses députés, ses élus locaux, son appareil sécuritaire et les entreprises publiques. Kabila aura donc toujours un mot.  Mais cela dépendra également du génie créateur de Félix Tshisekedi pour trouver des voies et moyens de changer le système et d’imprimer sa marque. Sachant que, s’il y va brutalement et radicalement, il risque d’y laisser sa peau ou se heurter à une machine politique mise en place par Kabila. », confiait Dismas Kitenge, l’ancien président de la FIDH, à Jeune Afrique au cours d’une récente interview.

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