Libération de Laurent Gbagbo : une militante du PDCI passe aux aveux

par Kohan Kioshiko
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ACQUITTEMENT LAURENT GBAGBO – Alors que sa remise en liberté suscite un énorme sentiment de joie chez ces partisans, dans l’autre camp on manifeste contre cette décision historique rendue par la CPI.

La remise en liberté de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé a suscité une vague de joie en Côte d’Ivoire. Outre les partisans de l’ancien dirigeant qui ont célébré dans la joie cette libération ordonnée par la Cour Pénale Internationale, la classe politique ivoirienne de l’opposition a dans son ensemble salué cette décision rendue par la CPI en début de semaine. Le président Henri Konan Bédié a d’ailleurs été l’un des premiers à se prononcer sur cette décision de liberté immédiate de l’ancien dirigeant et le leader des jeunes patriotes. Dans une lettre ouverte diffusée sur la toile, une militante du Parti d’Henri Konan Bédié s’est également exprimée sur l’acquittement de l’ancien dirigeant. Après avoir manifesté sa joie pendant son arrestation, Natogoma Bamba qui est membre du Grand Conseil du parti, a confessé ses regrets et appelé à la réconciliation nationale.

Les appels à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire se multiplient depuis la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. A l’issue d’une audience qui a eu lieu le mardi, la Cour Pénale Internationale a ordonné l’acquittement de l’ancien dirigeant et de son protégé, le leader de la galaxie patriotique. Cette décision historique de la CPI a suscité des scènes de liesses dans plusieurs quartiers d’Abidjan, mais aussi dans la ville de Gagnoa, ville natale de l’ancien président ivoirien. Mais il n’y a pas que les partisans de l’ancien dirigeant qui ont salué sa libération après 7 ans de détention et trois ans de procès à la Cour Pénale Internationale. Rangé dans l’opposition depuis son départ du parti unifié, le PDCI RDA a également salué cette décision historique des juges de la Haye via un communiqué officiel du président Henri Konan Bédié. La secrétaire de section Natogoma Bamba, membre du Grand Conseil du parti démocratique de Côte d’Ivoire, a emboité le pas à son président. Dans une lettre ouverte adressée à l’ancien président ivoirien, la militante PDCI se confesse et dit aujourd’hui regretter d’avoir manifesté sa joie lors de l’arrestation de l’ancien dirigeant ivoirien le 11 avril 2011.

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La lettre de Natogoma Bamba à Laurent Gbagbo

« J’ai souhaité ton emprisonnement. J’ai même dansé quand on t’a pris. J’étais contente de ton transfèrement à La Haye. Je l’avoue. Mais sept ans après, tu as suffisamment payé. Sept ans après, je me rends compte que le combat contre toi n’en valait pas la peine. Sept ans après, je me rends compte que j’ai été honteusement manipulée.  Sept ans après je me rends compte que j’ai été honteusement manipulée. C’est pourquoi je me repens aujourd’hui et regrette tout ce qui s’est passé. Je m’en veux aujourd’hui, poussée par la passion, d’avoir rompu, gâché des amitiés chères. Aussi, si on te libère aujourd’hui même, ça fait quoi ? C’est quel palabre qui ne finit pas ? Sept ans, c’est trop. Allons à la réconciliation de tous les enfants de la Côte d’Ivoire ! ».

Si ce discours semble appeler à la réconciliation nationale, le PDCI ne cache plus ses intentions de tendre la main au FPI pour la mise en place de sa plateforme contre le RHDP en 2020. Pour la présidentielle à venir, le président Bédié n’exclut pas une alliance avec le front populaire ivoirien et toutes les autres formations politiques de l’opposition. Mais les contours de cette plateforme restent encore à définir. De plus, rien ne garantit pour l’instant que le FPI partagera cette vision du PDCI, étant donné que la priorité du FPI reste également la conquête du pouvoir d’état en 2020.

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