Accueil ACTUALITÉ Franc Cfa : le ministre des finances du Niger soutien la monnaie coloniale

Franc Cfa : le ministre des finances du Niger soutien la monnaie coloniale

LUTTE FRANC CFA – Alors qu’une partie de l’élite africaine dénonce une nouvelle forme d’oppression de la France à travers la devise africaine, au Niger on fait plutôt les éloges de la monnaie africaine présente depuis plus de 60 ans sur le continent.

Suite à une sortie médiatique des nouvelles autorités italiennes, le débat sur le Franc Cfa a refait surface, divisant encore de plus belle les intellectuels du continent africain. A l’instar de certains dirigeants du continent africain, le ministre des finances du Niger se range du côté des défenseurs de la monnaie coloniale. Dans une interview accordée à RFI ce mardi, Hassoumi Massaoudou a rejetté l’idée selon laquelle certains économistes africains soutiendraient que le Franc des anciennes coloniales ne contribuait guère au développement de ces pays.

L’Italie a relancé depuis quelques jours le débat sur l’utilité du Franc Cfa pour les pays africains qui en sont membres. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite italienne, les relations franco-italiennes sont régulièrement marquées par de nombreuses tensions. Semaine dernière, le numéro 2 du conseil italien laissait entendre que sans le Franc Cfa, la France serait érigée au rang de 15e puissance mondiale aujourd’hui, une façon pour lui dire de dire que la monnaie des anciennes coloniales françaises d’Afrique est un outils d’asservissement et d’appauvrissement de ses pays. Mais tous les intellectuels africains ne sont pas de cet avis. C’est le cas du président Ouattara qui, au plus fort du débat sur l’avenir du Franc, soutenait que son pays (membre du CFA) avait une monnaie solide. Dans une interview accordée à RFI ce mardi, le ministre nigérien des finances, s’est lui aussi gardé d’apporter des critiques négatives sur la monnaie africaine. A en croire Hassoumi Massaoudou, le Franc est une monnaie qui protège plutôt le pouvoir d’achat des africains : « L’essentiel, c’est la politique monétaire mise en œuvre. Et nous avons une politique monétaire qui a l’avantage de protéger le pouvoir d’achat de nos populations et qui ne va pas contre la croissance, qui attire les investisseurs et qui permet d’avoir des politiques budgétaires, qui permettent de créer les conditions de l’industrialisation et du développement. Dans le temps long, je ne pense pas que les pays de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine], par exemple, soient plus en retard que les pays hors CFA. Donc ce type de comparaison n’a de pertinence que du point de vue émotif. Sincèrement, ce rappel du lien colonial, je ne pense pas que le franc CFA d’aujourd’hui soit comparable à un franc colonial. C’est un choix tout à fait souverain, qui peut changer, d’ailleurs, qui peut évoluer et qui continuera à évoluer.». Mais ne c’est pas tout, selon le ministre nigérien des finances, «l’abandon de souveraineté de chacun des Etats au profit de l’ensemble de l’UEMOA ne veut pas dire que cet abandon de souveraineté soit au profit de la France. Du point de vue de la distribution des pouvoirs, la France n’a pratiquement aucun rôle dans les choix fondamentaux que font nos Etats du point de vue monétaire et économique.».

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Polémique sur la gestion du compte d’opérations

L’une des raisons pour lesquels le franc Cfa est considéré par certains intellectuels comme une monnaie d’asservissement, c’est tout simplement parce que les états membres doivent alimenter leur compte d’opération avec 50% de leurs réserves de change. Ces fonds transférés dans le compte du trésor français remettent selon certains en cause la souveraineté économiques des pays membres du Cfa, un avis que ne partage le ministre nigérien des finances : « Le compte d’opérations, c’est d’abord 50% de nos réserves de change. D’ailleurs, il est rémunéré et ce compte d’opérations pourrait exister à la Banque d’Angleterre ou bien dans une autre banque. C’est un choix qui a été fait. C’est pour cela que je dis que ce type d’accord monétaire existe aussi ailleurs.».

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