Niger : le ministre des finances limogé après ses propos sur le Franc Cfa?

par Kohan Kioshiko
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DEMISSION MINISTRE AU NIGER – Le ministre des finances nigérien a été limogé seulement quelques jours après ses propos polémiques sur la monnaie coloniale.

Hassoumi Massaoudou n’est plus le ministre des finances du Niger depuis quelques heures. Considéré comme l’un des membres les plus influents du parti au pouvoir, le ministre nigérien a été limogé de son poste dans la soirée du jeudi alors qu’il était en déplacement à Maradi dans le cadre d’une mission. Quelques jours avant ce limogeage qui a surpris plus d’un ce soir, Hassoumi Massaoudou s’exprimait au micro de RFI sur le Franc Cfa. Contrairement à de nombreux intellectuels du continent, le cadre du PNDS n’avait pas hésité à faire les éloges de la monnaie héritée par plusieurs pays africains depuis 1945. Y’a-t-il lieu d’établir un lien entre sa démission et sa sortie médiatique sur la devise africaine ?

Un peu plus de 48h avant l’annonce de sa démission Hassoumi Massaoudou prenait position pour le Franc Cfa, une monnaie combattue par de nombreux intellectuels africains. C’est à travers un décret lu sur les antennes nationales que la démission du ministre nigérien des finances a été annoncée ce jeudi soir. Ancien directeur de campagne du président Mahamadou Issoufou du Niger, Hassoumi Massaoudou saluait pourtant il y’a quelques jours le processus d’arrimage du Cfa à l’euro au micro de nos confrères de RFI : «Le franc CFA a une qualité essentielle liée surtout à la gestion par la Banque centrale, c’est la stabilité, c’est la protection du pouvoir d’achat des populations. En ce qui concerne le lien avec l’euro, je voudrais juste rappeler que ce n’est pas un cas particulier. Il y a plus de trente pays africains qui ont des arrangements monétaires du type du franc CFA, donc ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel. L’essentiel, c’est la politique monétaire mise en œuvre. Et nous avons une politique monétaire qui a l’avantage de protéger le pouvoir d’achat de nos populations et qui ne va pas contre la croissance, qui attire les investisseurs et qui permet d’avoir des politiques budgétaires, qui permettent de créer les conditions de l’industrialisation et du développement.». Le ministre nigérien des finances avait aussi touché de près la question du compte d’opération que certains intellectuels africains ont qualifié de moyen de pression de la France sur certains pays africains, un avis que ne partage pas du tout : «Le compte d’opérations, c’est d’abord 50% de nos réserves de change. D’ailleurs, il est rémunéré et ce compte d’opérations pourrait exister à la Banque d’Angleterre ou bien dans une autre banque. C’est un choix qui a été fait. C’est pour cela que je dis que ce type d’accord monétaire existe aussi ailleurs. Il existe pour plus de trente pays africains et il existe un peu partout dans le monde. La liberté que nous avons de changer de lieu de compte d’opérations est là, elle existe. Deuxièmement, la politique monétaire se décide au niveau de la Banque centrale et au niveau de l’UEMOA. Elle ne se décide pas à Paris. C’est nous qui décidons de la politique des taux d’intérêt, etc.».

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Les raisons d’une démission surprise

A priori, l’on serait tenté de dire qu’il y’aurait un probable rapprochement entre les propos du ministre sur le CFA et son limogeage jeudi soir. Mais selon certains médias nigériens, ce limogeage du ministre des finances serait lié à ses possibles ambitions politiques pour la prochaine présidentielle. Selon le site Actu Niger, l’ancien directeur de campagne de Mahamadou Issoufou envisagerait de briquer le fauteuil présidentiel en 2021. L’information n’est pas encore officielle mais elle aurait été déjà confirmée par nombre de ses proches, ce qui expliquerait son limogeage surprise ce jeudi soir.

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