Acquittement de Laurent Gbagbo : pourquoi Simone ne le verra pas maintenant ?

par Kohan Kioshiko
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ACQUITTEMENT LAURENT GBAGBO – La remise en liberté de l’ancien président a été confirmée par les juges de la chambre d’appel, une liberté qui est toutefois soumise à de nombreuses conditions.

A l’instar de son épouse, Laurent Gbagbo a été acquitté par les juges de la première chambre de la Cour Pénale Internationale mi-janvier, une décision qui redistribue dans une certaine mesure les cartes pour la prochaine présidentielle ivoirienne. Mais l’acquittement de l’ancien président ivoirien n’est pas encore définitif, raison pour laquelle il n’a pu regagner la Côte d’Ivoire depuis la confirmation de sa libération par la chambre d’appel. L’ancien dirigeant ivoirien a plutôt élu domicile en Belgique qui s’était proposé de l’accueillir, en raison du fait que sa seconde épouse y réside, tout comme l’un de ses fils. La première épouse Simone a elle aussi été acquittée il y’a quelques mois plutôt et grâce à l’amnistie signée par le président Ouattara en août dernier, aucune charge ne pèse contre elle, du moins en Côte d’Ivoire.

L’acquittement de Laurent Gbagbo a été salué par ses partisans, l’ancienne première dame en particulier. Mais l’ancien dirigeant est loin d’en avoir fini avec la Cour Pénale Internationale puisque la chambre d’appel s’est uniquement prononcée à l’unanimité en faveur d’une libération sous conditions. Parmi les conditions fixées à cette liberté, l’impossibilité pour l’ancien dirigeant de rejoindre la Côte d’Ivoire, son pays d’origine. En attendant les prochaines audiences sur sa remise en liberté définitive ou non, l’ancien président ivoirien a élu domicile en Belgique, l’une des principales conditions étant qu’il soit accepté dans l’un des pays européens ayant ratifié le statut de Rome. L’ancien dirigeant ivoirien devrait très rapidement retrouver en Belgique sa seconde épouse, la dénommée Nady Bamba. Cette dernière avait trouvé refuge en Belgique à la faveur de la crise post-électorale ivoirienne de 2011. Si la chambre d’appel n’a pas fixé de restrictions particulières aux visites que devraient recevoir Laurent Gbagbo en Belgique, il sera en revanche difficile pour lui de revoir l’ancienne première dame actuellement en Côte d’Ivoire. En dépit de son acquittement et de l’amnistie dont elle a pu bénéficier en août dernier, l’ancienne première dame reste toujours dans le collimateur de la Cour Pénale Internationale. Pour rappel, la Procureure Fatou Bensouda n’a pas encore renoncé à traduire l’ancienne première dame devant la Cour Pénale Internationale, en dépit du refus de la Côte d’Ivoire d’extrader Simone Gbagbo à la Haye. La Belgique faisant partie des pays ayant ratifié le statut de Rome, l’ancienne première dame n’est donc pas à l’abri d’une possible extradition à la CPI depuis le Royaume belge si elle tentait de s’y rendre pour y rencontrer Laurent Gbagbo.

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Un acquittement définitif pour un retour de Laurent Gbagbo au pays

Pour un retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, la Cour devrait se prononcer au préalable sur son acquittement définitif, ce qui n’est guère le cas pour l’instant. Cela devrait tout naturellement passer par de nouvelles audiences à la Cour Pénale Internationale, mais aucun calendrier n’est pour le moment fixé pour une décision sur son libération définitive au non. La Procureure peut toujours faire appel de la décision des juges de la première chambre, un appel qui, s’il était validé par la chambre d’appel, signifierait la poursuite du procès de l’ancien dirigeant ivoirien accusé de crimes contre l’humanité par Fatou Bensouda. Théoriquement, Simone Gbagbo devrait patienter encore pendant quelques temps avant de revoir son époux.

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