Alain Lobognon se considère comme un prisonnier politique

par Kohan Kioshiko
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ARRESTATION D’ALAIN LOBOGBON – Suite à un tweet posté dans l’affaire Ehouo Jacques, l’ancien ministre des sports est depuis le 15 janvier, enfermé à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. A l’occasion de son procès pour divulgation de fausses nouvelles, le procureur a requis une peine de 12 mois de prison et une amende.

A l’instar du dénommé Soul to Soul, Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro, est depuis trois semaines derrière les barreaux suite à son arrestation pour divulgation de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Après une audition le 15 janvier, l’ancien ministre des sports a été placé sous mandat de dépôt et déféré à la MACA, la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. En réaction à son arrestation, l’ancien ministre par ailleurs député de la circonscription de Fresco laisse entendre qu’il serait détenu depuis trois semaines pour ses opinions politiques, en l’occurrence son opposition à l’idée de troisième mandat du président Ouattara Alassane en 2020.

«Je suis aujourd’hui, le premier prisonnier politique de la Troisième République». C’est à travers ces propos que l’ancien ministre Alain Lobognon a justifié sa détention depuis le 15 janvier dernier à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Pour avoir déclaré sur les réseaux sociaux que le Procureur de la République était sur le point d’ordonner l’arrestation d’Ehouo Jacques, l’ancien ministre des sports a été convoqué par la justice, une convocation à laquelle il répondra le 15 janvier : «Prisonnier politique, je suis donc, depuis le 15 janvier 2019, quand le procureur Adou Richard a été instruit pour me faire arrêter en violation flagrante de mon immunité parlementaire. Mon crime ? Un tweet que j’aurais écrit le 8 janvier 2019 à 21h29 qui aurait provoqué des violences à Abidjan le samedi 5, le dimanche 6 et Le lundi 7 janvier 2019. De mémoire de citoyens en possession de toutes mes facultés physiques et psychiques, jamais, je n’ai été témoin de telles accusations farfelues.». Après avoir été auditionné, Alain Lobognon a été placé sous mandat de dépôt ce jour et conduit dans sa cellule à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Après une première journée d’audience mouvementée, le Procureur a requis un an de prison à l’encontre d’Alain Lobognon pour avoir incité à la violence en annonçant l’arrestation imminente d’Ehouo Jacques sur ordre d’Adou Richard. Mais l’élu de Fresco explique qu’il s’y attendait vu que son arrestation était programmée depuis des mois.

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Arrêté à cause du troisième mandat du président Ouattara ?

«Je ne suis point étonné. Puisque c’était prévisible car annoncé par le Curé de la Paroisse de lmmaculée Conception de Fresco qui me fit la confidence de ma future arrestation pour mon opposition à un troisième mandat du Président de la République, à la tête de l’Etat. C’était en début du mois d’octobre 2018. Pourquoi devrais-je accepter après avoir milité pour la limitation des mandats présidentiels en Côte d’Ivoire, à deux, de m’engager pour une violation des dispositions pertinentes de la Constitution du 8 novembre 2016 ?». Outre Alain Lobognon, l’ancienne ministre de la communication Affoussiata Bamba Lamine, également proche de Guillaume Soro, s’oppose aussi à l’éventualité d’un troisième mandat du président Ouattara en 2020. S’exprimant sur la question, le chef de l’Etat dit réservé sa réponse pour 2020, une année cruciale dans la conquête du pouvoir d’état en Côte d’Ivoire.

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