Amnistie de Simone Gbagbo : Amnesty International et le gouvernement ivoirien en désaccord

par Kohan Kioshiko
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AMNISTIE ACCORDEE A SIMONE GBAGBO – A l’occasion d’un discours prononcé le 6 août dernier, le président ivoirien a décidé d’accorder l’amnistie à l’ancienne première dame mais aussi des centaines de prisonniers accusés de faits pendant la crise post-électorale ivoirienne.

Dans un nouveau rapport sur les détentions ‘‘arbitraires’’ en Côte d’Ivoire, Amnesty International n’a pas manqué de critiquer la décision d’amnistier Simone Gbagbo et de nombreux prisonniers accusés d’avoir commis des faits répréhensibles pendant la crise post-électorale ivoirienne. Selon l’ONG internationale des défenses des droits de l’homme, cette ordonnance signée par le président ivoirien va à l’encontre du droit des victimes à la justice. Arrêtée le 11 avril 2011, l’épouse de l’ancien président ivoirien avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison, avant d’être totalement remise en liberté le 6 août dernier grâce à l’ordonnance d’amnistie signée par Ouattara Alassane.

A l’occasion de son discours tenu le 6 août dernier, le président ivoirien a accordé l’amnistie à 800 personnes reconnues coupables de faits reprehensibles pendant la crise post-électorale de 2011 en Côte d’Ivoire. Parmi les prisonniers amnistiés, Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien président ivoirien. Condamnée à 20 ans par la justice ivoirienne en 2015, l’ex-première dame jouit pleinement de sa liberté et de ses droits depuis l’ordonnance d’amnistie signée par le président Ouattara Alassane. Mais cette liberté ne saurait être totale puisque l’ancienne première dame est toujours dans le collimateur de la Procureur de la CPI qui attend toujours son extradition à la Haye. Pour Amnesty international, l’ordonnance signée par le président ivoirien le 6 août dernier va à l’encontre du droit des victimes de la crise :«Le 6 août 2018, le président Alassane Ouattara a adopté une ordonnance accordant l’amnistie à 800 personnes, dont Simone Gbagbo, accusées ou condamnées pour des crimes liés à la crise de 2010-2011 ou inculpées d’atteintes à la sûreté de l’État, privant ainsi les victimes du droit à la vérité et à la justice», a souligné l’ONG des droits de l’homme dans un rapport dévoilé il y’a quelques jours. Mais le gouvernement ivoirien n’est pas de cet avis.

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Simone Gbagbo amnistiée au nom de la cohésion sociale

Dans une réponse officielle au rapport accablant d’Amnesty International, le gouvernement ivoirien a laissé entendre que cette ordonnance d’Amnistie contribuait plutôt au renforcement de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire : «le Gouvernement voudrait réaffirmer que la mesure d’amnistie du 6 août 2018 ne consacre en rien l’impunité. En effet, l’ordonnance d’amnistie a exclu les personnes en procès devant une juridiction pénale internationale et les militaires et membres de groupes armés.  Les crimes les plus graves ayant été commis par ces personnes, on ne peut avec sérieux prétendre que la Côte d’Ivoire prive les victimes du droit à la vérité et à la justice. L’amnistie du 6 août 2018 est une mesure d’apaisement du climat social de la Côte d’Ivoire qui a été unanimement saluée.». Mais pour l’heure, les mouvements de l’ancienne première dame sont limités puisque les charges de la Procureure ne sont toujours pas abandonnées, l’une des raisons d’ailleurs pour lesquelles elle n’a pu se rendre en Belgique pour voir son époux acquitté par la CPI le 15 janvier dernier.

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