Un gilet jaune jugé en juillet pour avoir appelé les policiers au suicide

par Kohan Kioshiko
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JUGEMENT GILET JAUNES – En affichant à l’arrière de son fourgon, «Flic suicidé, à moitié pardonné», André Roth était loin de se douter que ce slogan le conduirait devant une Cour de Justice le 12 juillet prochain.

Après le boxeur jugé pour avoir frappé un policier, un autre gilet jaune se retrouve dans le collimateur de la justice française. Le cinquantenaire avait affiché à l’arrière de son fourgon le slogan «Flic suicidé, à moitié pardonné». Signalé par certains automobilistes, l’homme en question a été identifié par la gendarmerie. Placé en garde-à-vue, il sera jugé le 12 juillet prochain pour avoir appelé au suicide des forces de l’ordre, un slogan que le concerné refuse de prendre au premier degré, contrairement au préfet de la police de Tarn-et-Garonne. Dans une interview accord à BFM TV, le cinquantenaire mis en cause a nié la paternité du slogan, arguant qu’il n’a fait que reproduire une inscription qui était déjà ‘‘pondue en Bretagne’’.

Lors de l’acte 23 des manifestations gilets jaunes, de nombreux manifestants lancé aux policiers «Suicidez-vous, suicidez-vous». Après la manifestation, un cinquantenaire résidant dans la commune de Caussade à Tarn-et-Garonne avait affiché à l’arrière de son fourgon un slogan similaire à celui qui était scandé par certains manifestants le 20 avril dernier : «Flic suicidé, à moitié pardonné». Après que son signalement ait été donné aux forces de l’ordre, le propriétaire du fourgon a été rapidement identifié et interpellé par la gendarmerie. Placé en garde-à-vue, il sera jugé le 12 juillet prochain pour avoir appelé au suicide des policiers. Mais le gilet jaune de 52 ans, mécanicien aujourd’hui à la retraite explique que son slogan a fait l’objet d’une mauvaise interpellation, arguant qu’il n’a jamais appelé au meurtre des policiers : «C’est une provocation mais de là à revendiquer la violence et le décès des gens, non. Je n’ai jamais appelé à tuer personne. Un nombre de policiers a perdu la vie mais pas qu’eux, y en a d’autres. Les agriculteurs, les chômeurs, les gens en ont marre, ils n’arrivent pas à finir les fins de mois. Et ils se flinguent. Leur vie vaut autant que celle des policiers, c’est ce que je veux dire». Le gilet jaune explique par ailleurs qu’il n’est nullement l’auteur du slogan qu’il a pourtant affiché à l’arrière de son fourgon : «Déconnez-pas, appel au meurtre, j’ai jamais appelé à tuer personne. ‘‘Suicidez-vous”, c’est pas du tout mon propos…C’est une boutade, on va appeler ça comme ça». Interrogé par Europe 1, le gilet jaune de 52 ans affirme qu’il n’a fait que reproduire une inscription déjà existante : «C’est une inscription qui était pondu déjà en Bretagne, je l’ai reproduite». En depit des justifications apportées, le gilet jaune sera fixé sur sa sentence le 12 juillet prochain, une condamnation que le préfet de police de Tarn-et-Garonne espère voir «à la hauteur de l’ignominie des propos».

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Un délit grave selon Pierre Besnard

«Ce n’est à mon avis ni un slogan, ni une boutade, c’est un délit. Ce sont des propos que moi je qualifie de dégueulasses. Le problème, c’est le sens des mots qui est complètement galvaudé et qui devient insupportable. Il fallait réagir. Ce n’est pas de la défiance, renchérit Pierre Besnard, excusez-moi le terme mais c’est de la bêtise. Il faut savoir sonner la fin de la récré. Moi j’ai déjà eu des quenelles devant la préfecture, maintenant on s’en prend aux forces de l’ordre. On le voit dans les dernières manifestations où il y a des blacks-blocs, on voit bien que la violence est de plus en plus forte tant au niveau verbal que physique. On ne peut pas ne pas réagir. Force doit rester à la loi», a déclaré Pierre Besnard lors de son passage dans le JT de 18 de France Bleu.

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