Législatives au Bénin : Boni demande à Talon de suspendre le processus électoral

par Kohan Kioshiko
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ELECTIONS LEGISLATIVES BENIN – Les béninois procèderont d’ici quelques jours au renouvèlement de leur parlement. Mais ce scrutin se déroulera pour la toute première fois sans une participation de l’opposition béninoise, les candidats n’ayant pas réussi à remplir les nouvelles conditions exigées dans les délais impartis.

A trois jours de la tenue des législatives, le président Patrice Talon peut-il encore suspendre le processus électoral ? Pour Yayi Boni, ancien président de la République béninoise, ‘‘l’arsenal juridique du pays permet cette démarche salutaire’’, salutaire dans le sens que le pays se dirige vers une élection sans participation de l’opposition. La raison officielle n’est pas un boycott du scrutin, mais plutôt l’incapacité des opposants béninois à satisfaire aux nouvelles conditions sur le plan juridique pour faire acte de candidature à ce scrutin. Dans une lettre ouverte adressée au président béninois, l’ex-dirigeant a appelé le nouvel homme fort du pays à suspendre ce processus électoral en cours qui se déroule actuellement sans l’opposition.

Le report des élections législatives au Bénin était le message central transmis par Yayi Boni à Patrice Talon dans sa lettre ouverte. Prévu pour le dimanche 28 avril 2019, le scrutin qui conduira au renouvèlement du parlement béninois aura lieu sans la participation de l’opposition béninoise. La cause, l’opposition béninoise n’a pas été en mesure de remplir les nouvelles conditions exigées pour faire acte de candidature aux législatives. Si cette élection venait donc à avoir lieu, le Bénin se retrouverait sans surprise avec un parlement uniquement composé de députés issus du camp présidentiel. Préoccupé par la situation qui prévaut actuellement dans la République béninoise, l’Union Africaine a dépêché depuis quelques jours une mission d’observation, puisque «ces élections interviennent dans un contexte marqué par une rupture du consensus sur lequel repose la démocratie béninoise et auquel la Cour Constitutionnelle a conféré une valeur constitutionnelle.». Selon le communiqué de l’Union Africaine, « la Mission rencontrera toutes les parties prenantes au processus électoral notamment les autorités politiques, administratives et judiciaires du pays, les institutions en charge des élections, les formations politiques ainsi que les organisations de la société civile. La Mission rendra compte de ses constats préliminaires avant son départ de la République du Bénin. À la fin du processus électoral, la Mission publiera un rapport final détaillé sur le processus électoral au Bénin.». Pour l’heure, l’UA n’a pas encore préconisé un report du vote qui aura lieu d’ici quelques jours, trois jours plus exactement. Mais l’ancien président béninois a, dans une lettre ouverte adressée à Talon, demandé au nouveau président du Bénin de suspendre le processus électoral, dans le but de reprendre les discussions avec l’opposition pour des élections législatives inclusives.

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Le cri de cœur de Boni Yayi

«Monsieur le Président de la République, J’ai eu l’occasion de confirmer les gémissements de notre Peuple dus aux dérives autoritaires que véhicule le processus électoral du Prochain scrutin parce que ignorant le consensus et se situant aux antipodes d’une gouvernance électorale qui reconnaît de fait deux catégories de citoyens. En ma qualité d’Ancien Président de la République, donc un des garants de notre loi Fondamentale pendant dix ans, et au nom de mon cher Aîné le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO, premier Président de l’ère Démocratique, je vous demande une fois de plus d’écouter les gémissements et les angoisses de notre Peuple, en suspendant ce processus électoral qui divise le BENIN, ses filles, ses fils, ses régions, ses ethnies, ses tribus et déchire les familles. Je vous demande très sincèrement et fraternellement de le faire sans délai dans un message à la Nation, aux fins d’épargner à ce peuple déjà exposé à la misère, des lendemains encore plus difficiles .Au demeurant, votre logique ne peut que conduire à une Institution mort-née, en raison de l’opposition populaire que cette démarche suscite.», a souligné l’ancien dirigeant.

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