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Enquête sur les enfants exploités dans la culture du cacao

TRAVAIL DES ENFANTS – Le Cacao est l’une des principales ressources économiques de la Côte d’Ivoire qui se positionne comme le premier producteur à l’échelle mondial. Si les fèves made in Côte d’Ivoire sont courtisées par les grands industriels, la réalité sur le terrain, à savoir du processus de la récolte à la transformation en produit fini, donne froid dans le dos.

Le travail des enfants en Côte d’Ivoire n’est pas un fait anodin. Si de nombreuses ONG continuent toujours de lutter contre l’exploitation abusive des adolescents dans la cacao-culture, les chiffres restent encore alarmants. D’après un rapport de l’ONG ‘‘The International Labor Rights Forum- ILRF’’, environ 1,5 millions d’adolescents seraient à ce jour encore exploités dans les plantations de cacao au niveau de l’Afrique de l’ouest. La Côte d’Ivoire n’est pas épargnée par cette exploitation abusive des enfants. Selon un reportage diffusé par France 2 au cours de l’émission Envoyé Spécial, il y’aurait urgence à agir face à cette pratique puisque les adolescents s’exposent à des dangers encore plus grands en manipulant des produits dangereux comme le glyphosate.

Une enquête sur le travail des enfants dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire a suscité l’effroi il y’a quelques mois. En janvier, la chaîne France 2, à travers son émission ‘‘Envoyé spécial’’, a fait une incursion dans l’univers du cacao ivoirien. D’après la chaîne française, «Des enfants parfois très jeunes, avec des pulvérisateurs sur le dos. Lors de son enquête en Côte d’Ivoire, le journaliste Paul Moreira en a croisé beaucoup sur le chemin des plantations de cacao. L’industrie du chocolat s’est engagée en 2001 à lutter contre le travail des enfants, et la Côte d’Ivoire a fourni de réels efforts, sans réussir à endiguer ce fléau. Un fléau qui s’accompagne d’une catastrophe écologique.». Selon un rapport de l’OCDE, «Près de 7,5 millions de personnes sont employées dans la production de cacao ouest-africaine, principalement dans de petites exploitations familiales de 5 hectares en moyenne. L’exploitation du cacao requiert une main-d’œuvre très importante et les producteurs sont soumis à de fortes pressions de réduction des coûts. Lors des pics de production, tous les membres de la famille sont impliqués, y compris les enfants». L’ONG ‘‘The International Labor Rights Forum- ILRF’’ estime pour sa part qu’entre 500 000 et 1,5 millions d’enfants travaillent dans la cacao-culture en Afrique de l’ouest. La situation est encore plus alarmante en Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao au monde. La raison, les enfants exploités dans les champs manipulent souvent du glyphosate sans protection, ignorant les dangers auxquels ils s’exposent lorsqu’ils utilisent ces herbicides communément appelés ‘‘tête rouge’’.

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Silence sur les dangers du glyphosate

«Les ouvriers sont-ils informés des dangers potentiels de ce produit ? « Que c’est dangereux, que ça peut tuer, on ne nous a jamais dit ça », affirme l’un d’eux. Sur la bouteille, un pictogramme avertit qu’il faut porter des protections pour manipuler le produit, mais ici, personne n’en a. « On sait qu’il faut se protéger avant de pomper, mais comme on n’a pas de protections, on est obligés de pomper comme ça », explique le même ouvrier.», explique France 2 dans son reportage sur le cacao ivoirien. D’après l’OCDE, «L’Afrique de l’Ouest représente plus de 70% de la production mondiale de cacao (38% pour la Côte d’Ivoire, 21% pour le Ghana, 5% pour le Cameroun et 5% pour le Nigeria). La Côte d’Ivoire et le Ghana sont les deux plus grands producteurs mondiaux et cumulent 80% de la production totale de l’Afrique de l’Ouest.». Mais ces deux mastodontes de la culture cacaoyère n’ont pas encore trouvé la formule magique pour l’éradication de ce phénomène. L’enquête exclusive sur le cacao ivoirien en janvier a même soudainement arrêtée lors de sa diffusion. Très vite, certains ont versé dans la théorie d’une censure du reportage, ce que la responsable de communication de Canal+ en Côte d’Ivoire a démenti.

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