Adama Bictogo : «Il n’est plus question de libérer le tabouret»

par Kohan Kioshiko
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ADAMA BICTOGO A JEANNOT – A l’heure de la clarification des positions sur la scène politique ivoirienne, Ahoussou Jeannot, actuel président du Sénat ivoirien, refuse toujours de prendre position entre Ouattara Alassane et Bédié, à savoir choisir entre le RHDP et le PDCI RDA. Ce refus de prendre position a fait réagir l’ancien ministre et hommes d’affaires ivoiriens, qui il y’a quelques mois, avait sommé Guillaume Soro de libérer le tabouret s’il refusait de rejoindre le parti unifié. Et aujourd’hui cette stratégique semble dévolue.

Etre avec moi ou contre moi, c’est en cela que se résumait la politique de clarification lancée par certains cadres du parti unifié, en l’occurrence Adama Bictogo, le président du Comité d’organisation du RHDP. Selon l’ancien ministre, toute personne qui refuserait d’adhérer au parti unifié devrait en conséquence libérer le tabouret. Guillaume Soro a été l’un des premiers poids lourds de la politique ivoirienne à faire les frais de cette politique de clarification. Pour avoir refusé d’adhérer au parti unifié, Guillaume Soro a libéré le tabouret, à savoir la présidence de l’Assemblée Nationale. Menacé d’une éviction à son tour, Ahoussou Jeannot n’a toujours pas clarifié sa position, ce qui n’aurait pas à faire visiblement, si l’on en croit les récentes déclarations de l’homme d’affaires ivoirien.

Adama Bictogo avait sorti ses gangs contre le président du Sénat Ahoussou Jeannot. Pour cause, ce dernier refusait de clarifier sa position dans cette bataille qui oppose le RHDP et le PDCI Rda. Après la nomination des 33 nouveaux sénateurs par le président ivoirien, le patron du sénat avait déclaré qu’il était uniquement au service de l’institution et non d’un groupe parlementaire : «Moi, je n’appartiens à aucun groupe parlementaire. J’ai préféré appartenir au Sénat et travailler pour le Sénat. Le groupe parlementaire a été constitué depuis septembre… Moi, j’appartiens à l’institution. A un moment, il faut qu’on regarde la République, et le futur de la Côte d’Ivoire. Parmi vous, il y a des gens de la société civile… Je suis fidèle au président Henri Konan Bédié, fidèle à toute épreuve. Ne confondez pas la fidélité et la loyauté. Le chien est fidèle à son maître. Quand le chien va à la chasse et qu’il ramène du gibier, le maître mange la chair et ne donne que les os au chien qui le lendemain va tuer encore. Je suis dans cette position. On a besoin de rectitude. Je suis loyal à notre nation, je suis loyal au président Alassane Ouattara, je suis loyal au gouvernement». Comme il fallait s’y attendre, cette confusion a fait réagir Adama Bictogo qui n’a pas hésité à mettre en garde le président du sénat : «. La politique se nourrit de courage et d’autres valeurs. On ne peut être PDCI la nuit et RHDP le jour. Allez-y leur dire que notre patience a atteint ses limites». Cette mise en garde qui vise indirectement le président du sénat ivoirien était comme un ultimatum lancé à ce dernier, afin qu’il se décide à choisir le RHDP, ou, dans le cas échéant rester fidèle au PDCI et libérer par conséquent le tabouret. Mais Jeannot n’aurait visiblement plus besoin de le faire.

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Plus question de libérer le tabouret

«Même si ce don est fait chaque année, celui-ci est particulier, parce qu’il intervient à un moment où en Côte d’Ivoire, jamais aucun parti politique n’a réussi à mobiliser plus de 200 000 participants à un congrès. Nous l’avons réussi grâce à vos bénédictions. Et nous sommes devenus RHDP… J’avais fait une tournée à Touba et dans d’autres localités où j’ai demandé aux gens de libérer le tabouret. Aujourd’hui, il n’est plus question de libérer le tabouret.», lançait la semaine dernière Adama Bictogo depuis la grande mosquée d’Agboville.

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