Béoumi à feu et à sang : premières réactions politiques

par Kohan Kioshiko
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AFFRONTEMENT INTER COMMUNAUTAIRE – Le calme règne pour l’instant dans la ville de Béoumi mais le retour à la normale est loin d’être effectif au moment où nous écrivions ces lignes. Selon un nouveau bilan, 9 personnes ont été tuées dans ces affrontements qui opposent dioula et baoulé dans la ville située à 60 kilomètres de Bouaké.

Les réactions politiques au conflit inter-communautaire qui secoue la ville de Béoumi n’ont pas tardé. Du Front populaire ivoirien aux anciens alliés du pouvoir en place, la classe politique ivoirienne a unanimement condamné l’escalade de la violence dans la ville, violence qui tire son ancrage d’une simple altercation entre transporteurs dans la ville. Le porte-parole du gouvernement a pour sa part invité les hommes religieux et chefs coutumiers à s’investir d’avantage dans cette crise.


« Béoumi ne mérite pas cette situation», c’est à travers ces mots que le porte-parole du gouvernement, fils de la région, a exprimé sa profonde indignation après les violences intercommunautaires signalées depuis mercredi entre dioula et baoulé. Mais le ministre de la communication est allé plus loin dans ses propos : «Nous sommes condamnés à vivre ensemble car depuis les temps anciens, nous avons tous vécu en symbiose. Nous devons continuer de donner l’exemple du vivre ensemble au reste de la Côte d’Ivoire. L’État est le garant des libertés fondamentales, mais aussi de la sécurité des personnes et des biens. Toutes tendances confondues. Vous devez éviter les provocations, les vengeances personnelles, et éviter de vous rendre justice vous-même. L’exercice de la solidarité communautaire ne doit pas devenir synonyme de pertes en vies humaines, de casse des biens d’autrui, et d’incitation à la haine.». Sidy Touré a également invité les autorités de la ville de Béoumi, en l’occurrence les personnalités religieuses et coutumières de haut rang, à s’impliquer d’avantage dans la résolution de la crise qui secoue actuellement la ville depuis le mercredi : «Je demande aux sages, aux religieux, aux jeunes, aux femmes, aux forces de l’ordre, aux élus locaux et aux leaders d’opinion d’appeler au calme, à l’apaisement et au dialogue sur l’ensemble du département de Béoumi». A cette heure, le préfet du département dresse un tableau des plus sombres de ces affrontements entre malinké et baoulé. Selon les derniers chiffres annoncés, on dénombre dans ce conflit à Béoumi 9 morts et 84 blessés. En disgrace avec l’actuel régime, l’ancien ministre Gnamien Konan a appelé à préserver l’unité et le vivre-ensemble : «Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les scientifiques: avant le commencement, nous étions UN. Il est alors facile de comprendre que le lien qui nous unit est inaltérable. Nous sommes tous des frères et sœurs. Croire le contraire est tout simplement de l’illusion. C’est croire que la terre est immobile et que le soleil se déplace au-dessus d’elle. Hum, il est ainsi impossible à certains de se rendre compte que c’est contre eux-mêmes qu’ils prennent les armes et non contre autrui».

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Le FPI accuse le régime Ouattara

Dans l’analyse de la situation actuelle, le Front populaire ivoirien, tendance Gbagbo ou rien, « parti politique qui a toujours œuvré à la coexistence pacifique des différentes communautés vivant en Côte d’Ivoire, note que le régime Ouattara a échoué dans le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire…Dénonce le silence coupable du Gouvernement et l’invite instamment à rétablir l’ordre dans le département de Béoumi et à prendre toutes les mesures pour y circonscrire ces événements…Condamne les violences récurrentes intercommunautaires accentuées et entretenues depuis l’avènement du régime Ouattara et tient le régime Ouattara pour responsable de la division entre les communautés vivant dans notre pays». Sans pour autant accuser directement le régime, le maire Tiémoko Assalé a déploré «les paroles de destruction massive prononcées par une certaine race d’hommes politiques immatures, démagogues et sans culture démocratique».

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