Orpaillage clandestin, ivoirité : Jean-Louis Billon défend Henri Konan Bédié

par Kohan Kioshiko
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RETOUR DE L’IVOIRITE – A l’approche de la prochaine présidentielle en Côte d’Ivoire, la question de l’orpaillage clandestin abordée par le président du PDCI, a suscité diverses réactions. Dans le camp du pouvoir en place, on dénonce une volonté de stigmatisation des étrangers en Côte d’Ivoire, dont certains détiendraient des frauduleusement des cartes d’identité. Selon le chef du PDCI, le pouvoir en place envisagerait de faire inscrire ces étrangers qui prospèrent dans l’orpaillage clandestin, des propos que le porte-parole du pdci a confirmé lors d’une conférence de presse.

Le concept de l’ivoirité, considéré comme sujet tabou par certains, continue de diviser la classe politique ivoirienne. Il y’a de cela quelques années, cette question sensible privait le président Ouattara d’une candidature à la présidentielle en Côte d’Ivoire, au motif qu’il y’aurait des doutes sur sa nationalité. En abordant la question de l’orpaillage, le président Henri Konan  Bédié a dénoncé la présence d’étrangers qui déposséderaient même les ivoiriens de leurs terres sans aucune impunité. Le chef du Pdci va jusqu’à affirmer que certains auraient des cartes d’identité, ce qui de facto ferait d’eux des potentiels électeurs pour le compte du parti en place, lors de la prochaine présidentielle ivoirienne. Alors que le gouvernement a condamné ces propos de l’ex-dirigeant, le porte-parole du pdci, le ministre revient à la charge en donnant de plus amples explications sur la position de son parti concernant la question de l’orpaillage.

Le porte-parole du Pdci a donné une conférence de presse après les propos controversés d’Henri Konan Bédié sur la question de l’orpaillage clandestin et la fraude à la nationalité. Visiblement, cette conférence avait pour but d’étayer le point de vue formulé il y’a quelques jours par le président du PDCI RDA lors d’une rencontre avec une délégation de son parti. Sans détour, le sphinx de Daoukro avait révélé que des étrangers armés seraient à l’origine de l’exploitation abusive des ressources minières du pays dans certains villages : «On fait venir des étrangers armés qui sont stationnés dans beaucoup de villages… Il faut simplement que nous soyons conscients que le moment venu, nous agirons pour empêcher ce hold-up de la Côte d’Ivoire, sous le couvert de l’orpaillage… Il faut que nous réagissions pour que les ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement on fait en sorte que l’ivoirien soit étranger chez lui. Mais les ivoiriens n’accepteront jamais cela.». En conférence de presse, Jean-Louis Billon, porte-parole du PDCI RDA, a indiqué qu’en «Côte d’Ivoire on finit par avoir un complexe de ne pas vouloir parler de choses qui existent. L’ivoirien est multi ethnique, multi racial, multi religieux. Si vous allez au garbadrome, c’est un nigerien qui tient le garbadrome. Si vous allez acheter du bois de construction, c’est un haoussa. Si vous allez acheter de la viande on va vous dire c’est un malien. Il y a des pans entiers de l’économie qui sont détenus par des non ivoiriens et on vit avec… Mais le dire n’attise aucune haine, c’est une réalité. En France les bureaux de tabac sont détenus par des chinois et les français le disent. Encore une fois, le PDCI ne se fera plus jamais avoir parce qu’on va nous traiter de xénophobes quand on va sur un terrain économique».

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Des propos condamnés par le gouvernement

««Ces propos, d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger, sont de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la stabilité du pays. Cette déclaration intervient à un moment où plusieurs localités du pays sont secouées par des violences intercommunautaires qui se sont soldées par des morts, des blessés, des dégâts matériels importants, ainsi que par des déplacements de populations en détresse humanitaire.», réagissait le porte-parole du gouvernement ivoirien, le ministre Sidi Touré.  

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