Accueil ACTUALITÉ Procès Gbagbo: Doumbia Major révèle «l’erreur de la CPI»

Procès Gbagbo: Doumbia Major révèle «l’erreur de la CPI»

Affaire Gbagbo et Blé Goudé – Acquittés en début d’année, l’ancien dirigeant et son protégé n’ont toujours pas regagné la Côte d’Ivoire. Leur sort est désormais confié aux juges de la Chambre d’appel qui devront se prononcer à une date qu’ils sont les seuls à connaître. L’acquittement de l’ancien dirigeant qui suscite des réactions mitigées en Côte d’Ivoire, a été remise en cause par Fatou Bensouda. Pour le Procureur de la Cour Pénale International, des erreurs ont été commises sur le plan procédural par les juges de la majorité qui se sont prononcés en faveur de l’acquittement de l’ex-dirigeant ivoirien. S’exprimant à son tour sur cette affaire, Doumbia Major a révélé l’erreur commise par les juges de la Cour Pénale Internationale.

L’acquittement de Laurent Gbagbo suscite de nombreux sentiments en Côte d’Ivoire. Pour les militants du RDR qui estiment avoir été victimes de l’ex-dirigeant, cette décision suscite une grande colère et une indignation. Dans le camp des partisans de Laurent Gbagbo, l’acquittement est considéré comme la manifestation de la vérité sur la crise post-électorale ivoirienne de 2011. Mais cette décision d’acquittement n’est pas encore définitive, puisque la Procureure de la Cour Pénale Internationale a décidé de faire appel du verdict des juges de la première instance. Pour le président du CPR, les juges de la CPI ont commis une erreur dans l’appréciation des charges évoquées par Fatou Bensouda à l’encontre de l’ancien président ivoirien et son protégé.

Doumbia Major a partagé ce mercredi ses sentiments sur la décision d’acquittement rendue par les juges de la CPI en janvier 2019. Sur les trois juges de la Cour Pénale Internationale, deux se sont prononcés en faveur de la libération immédiate de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Pour le président du Congrès Panafricain Pour le Renouveau, les magistrats ont commis une erreur dans l’appréciation des charges contre l’ex-dirigeant ivoirien : «La responsabilité dans les cas de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité, est soit directe, soit elle est hiérarchique dans un système de commandement. L’erreur de la CPI dans le cas Gbagbo Blé Goude, c’est de ne s’être focalisé que sur la responsabilité directe, alors qu’il est difficile de trouver des preuves matérielles de responsabilité directe dans ce genre de crimes…Gbagbo était chef suprême de l’armée et de la police au moment des faits et blé Goudé était le chef suprême des milices dites « patriotiques » au moment des faits.», a révélé ce jour l’enseignant universitaire. Doumbia Major poursuit dans son analyse en rappelant que l’ex-dirigeant et son protégé avaient la possibilité de mettre un terme aux violences post-électorales : «De par leurs positions hiérarchiques dans la chaîne de commandement étatique ou dans la chaîne de commandement mise en place( pour le cas des « jeunes patriotes »), ces deux individus avaient la possibilité d’éviter des tueries qu’ils ont plutôt encouragées par l’impunité et par leur refus de condamnation des tueries».

Des preuves flagrantes encore disponibles

«Mieux, la télévision nationale était utilisée sous leur régime pour indiquer les caractéristiques culturelles et éthniques de ceux qui devraient être tués, en indiquant clairement qu’ils étaient reconnaissables par le port des amulettes (il existe une vidéo de la RTI dans laquelle le porte parole de l’armée au moment de la crise post électorale le dit clairement).», a poursuivi le président du Congrès Panafricain pour le Renouveau. Si l’acquittement est considéré comme une première victoire pour l’ancienne majorité présidentielle dans ce procès, la bataille judiciaire est loin d’être terminée, en témoigne l’appel déposé par Fatou Bensouda contre la décision de la majorité des juges de la Cour Pénale Internationale, au motif que des erreurs auraient été commises par les magistrats : «la majorité a acquitté M. Gbagbo et M. Blé Goudé sans rendre de décision formelle en vertu de l’article 74 ; en rendant une décision orale ; en ne fournissant pas un exposé complet et motivé des constatations de la majorité sur les preuves et conclusions… et en violant le principe que la Chambre de première instance rend une décision».

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