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Abidjan bat le record de l’arnaque en ligne en Afrique francophone

Cyber Côte d'Ivoire : arnaque en ligne

Lutte contre la cybercriminalité – Dans le cadre de la lutte contre les cybers arnaqueurs, le gouvernement ivoirien a mis en place une plateforme spécialement dédiée à la traque des escrocs ivoiriens. Si en Afrique de l’ouest le Nigéria a été l’un des premiers pays à se lancer dans les escroqueries sur internet, le phénomène connaît aujourd’hui une ascendance particulièrement chez les pays voisins, notamment en Côte d’Ivoire. Au niveau de l’Afrique francophone, Abidjan reste de loin la capitale la plus touchée par ces arnaques sur le web.

Dans bien des cas, il est difficile de voir venir l’arnaque de loin, tant les escrocs à Abidjan ne manquent pas d’imagination et d’alternative, quand il s’agit de mettre en place une stratégie d’escroquerie. Aux premières heures de ce phénomène à Abidjan, les arnaqueurs appâtaient leurs victimes en leur faisant croire qu’ils auraient gagné une importante somme d’argent dans une loterie européenne. Dans le fameux mail reçu par les victimes, les potentielles cibles étaient invitées à prendre attache avec un avocat par contact mail en vue de connaître les modalités de retrait de ce fameux gain à la loterie. Cette stratégie étant désormais dévolue, les arnaqueurs à Abidjan n’ont pas pour autant renoncé à ces escroqueries, allant même à mettre en place des plans beaucoup plus ingénieux visant cette fois de nouvelles cibles : les ivoiriens.

En Afrique francophone, la ville d’Abidjan reste l’une des capitales les plus actives dans le phénomène de l’arnaque en ligne. Si les nigérians sont à l’origine de ces escroqueries sur le web au niveau de la sous-région, la capitale économique ivoirienne regorge aujourd’hui de nombreux escrocs communément appelés ‘‘brouteurs’’. Selon les statistiques de la PLCC, la plateforme de lutte contre la cybercriminalité, ce sont 2860 plaintes qui ont été enregistrées auprès de l’instance de lutte contre les arnaques en ligne en Côte d’Ivoire. Mais le plus inquiétant reste le montant de ce préjudice financier subi par les victimes. Selon la PLCC, le préjudice financier des escroqueries serait chiffré à 8,3 millions d’euros au cours de l’année dernière, soit environ 5,5 milliards de Francs Cfa. Si ces chiffres semblent alarmants, l’Europe est paradoxalement moins ciblée par les escrocs du web. Au départ, les européens, en l’occurrence les français, étaient les cibles privilégiées des brouteurs ivoiriens. Mais depuis quelques années, les arnaqueurs s’intéressent désormais aux citoyens ivoiriens. Dans son rapport d’activité de l’année 2018, la PLCC rapporte que 98% des plaintes déposées proviennent des victimes ivoiriennes. Avec la prolifération du portefeuille électronique, les arnaqueurs consacrent moins de temps aux arnaques classiques qui demandent souvent de longues préparations et de la patience avec les victimes. Et aujourd’hui, l’argent n’est l’unique motivation des escrocs sur le web, du moins en ce qui concerne les personnes ciblées en Côte d’Ivoire. Depuis quelques temps, le chantage en ligne, sur les réseaux sociaux, est devenue monnaie courante. Il y’a quelques mois, une jeune ivoirienne, à la recherche du grand amour sur la toile, a été victime de chantage sexuel. Mais grâce à une plainte déposée par la victime, les agents de la lutte contre la cybercriminalité ont rapidement identifié l’auteur du chantage en ligne dont le but était uniquement d’avoir des relations sexuelles avec sa victime.

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Récit d’une victime ivoirienne

«Comme la majorité de mes collègues, j’ai ouvert un compte Facebook dans le but de rencontrer mes anciens amis et d’en faire de nouveaux. Suite à plusieurs années d’existence sur ce réseau social, j’ai reçu une demande d’ami d’un certain «FRANCK LANDRY». D’après les informations de son profil: il est français, résidant en région parisienne et célibataire sans enfants à la recherche d’un véritable amour. Dans le rêve d’une vie amoureuse, j’accepte sa demande d’ami dans l’espoir d’entretenir une relation passionnante. La confiance naît au fur et à mesure que les échanges deviennent quotidiens… Ce dernier dit détenir mes photos et vidéos intimes, il menace de les publier à condition que j’accepte de coucher avec lui.», rapporte la victime dans un témoignage cité par la PLCC.

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