Accueil ACTUALITÉ Labellisation de l’attiéké : crise entre ivoiriens et burkinabè

Labellisation de l’attiéké : crise entre ivoiriens et burkinabè

Label de l’attiéké ivoirien – Il y’a quelques jours, des milliers d’ivoiriens criaient leur indignation suite à la présentation de ce met ivoirien comme étant un produit made in Burkina, à l’occasion d’une cérémonie de distinction. Connu comme un met typiquement ivoirien, l’attiéké a fait l’objet d’une labellisation auprès de l’OAPI, a souligné le ministre ivoirien chargé du commerce, rappelant que cette appellation choisie par une entreprise burkinabè pourrait prêter à confusion sur l’origine réelle de ce produit made in Côte d’Ivoire.

Allons-nous assister à une crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ? A Abidjan, le ministre du commerce a décidé d’hausser le ton après la présentation de l’attiéké ivoirien sous le label d’une entreprise burkinabè, durant une cérémonie de récompense. Dans un communiqué officiel, les autorités burkinabè ont démenti la labellisation de ce produit purement ivoirien, même si une entreprise burkinabè l’a présenté sous un label non-ivoirien. Outre le ministre du commerce, l’ancien ministre des sports Alain Lobognon a lui aussi réagi à la polémique autour du label sur ce produit consommé et prisé par des millions d’ivoiriens. Pour l’ancien ministre, labelliser ce produit ne changera rien à la situation. Pour Lobognon, il faudrait inscrire l’attiéké sur la liste du patrimoine national propre à la Côte d’Ivoire.

L’attiéké a-t-il fait l’objet d’une labellisation au Burkina Faso, sans le consentement des autorités ivoiriennes ? Seule certitude, la présentation de ce produit ivoirien sous le label d’une entreprise burkinabè, lors du SARA 2019, a suscité une vive polémique en Côte d’Ivoire. Le ministre du commerce est même monté au créneau pour dénoncer l’appellation ‘‘Faso Attiéké’’, qui visiblement prête à confusion sur l’origine de ce produit made in Côte d’Ivoire : «L’Appellation “Attiéké” a fait l’objet d’un dépôt auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) sous la forme d’une Indication Géographique Protégée. La cérémonie de reconnaissance de cette IGP a eu lieu le samedi 23 novembre 2019 en marge de la 5ème édition du SARA en ma présence, en celle du DG de l’OAPI et en celle du représentant de l’Agence Française de Développement (AFD).  Cette appellation ne peut être associée à un autre pays au risque de créer une confusion dommageable pour la Côte d’Ivoire. Nous élevons une vive protestation contre l’utilisation de ce nom lors d’une cérémonie de récompense sans l’accord préalable des autorités ivoiriennes compétentes et celles de l’OAPI». Et la réaction du côté du Faso n’a pas tardé : «L’ATTIEKE n’a pas fait l’objet de labellisation par le Burkina Faso; le fait qu’une entreprise de droit privé Burkinabè protège le nom commercial (Faso Attiéké) de son produit n’équivaut pas à une labélisation de ATTIÉKÉ ni par elle ni par le pays d’origine de son entreprise.», a fait savoir le ministre du commerce du Faso. Pour l’ancien ministre des sports, la labellisation ne serait pas la solution idéale pour protéger ce produit ivoirien.

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Inscrire l’attiéké au patrimoine national

«Une polémique anime les débats en Côte d’Ivoire. L’Attiéké. Avons-nous besoin de « labelliser » ou « breveter » ce qui appartient à notre patrimoine national pour prouver que la Côte d’Ivoire en est l’unique dépositaire? Non! Ma position depuis plusieurs années n’a pas changé. Ni le label, ni le brevet ne feront de l’Attiéké un produit d’origine Côte d’Ivoire. Ce qu’il faut faire, c’est de dresser la liste du patrimoine national de Côte d’Ivoire. On fera rentrer chaque année ce qu’il manque à la liste. Lorsque j’étais membre du Gouvernement, j’ai régulièrement défendu cette position. À chacune de mes requêtes, l’on m’a indiqué que l’Unesco serait saisi. Pourtant, rappelais-je, il n’appartient pas à l’Unesco de dresser notre patrimoine national. Le jour où on le comprendra, la polémique comme celle du SARA tombera en quelques secondes. Parce qu’il s’agira de dire que le meilleur Attiéké de Côte d’Ivoire est le « Goumain » de Fresco ou le « Vêdaih » de Lahou-Kpanda. Si sur la liste du Patrimoine national de Côte d’Ivoire, ne figure pas l’Attiéké, alors, on pourra polémiquer.», a déclaré l’ancien ministre des sports.

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