Le journaliste Jacques Matand licencié de BBC après une interview controversée

Licenciement à la BBC – En service pour le compte de la chaine anglaise depuis des années, le journaliste congolais Jacques Matand a été licencié par la rédactrice en chef du bureau de Dakar, pour de graves manquements à la ligne éditoriale du la station britannique. A l’origine de ce limogeage, une interview réalisée en novembre dernier avec le controversé auteur camerounais Charles Onana, un entretien qui a exclusivement porté sur le génocide rwandais des années 1994. Par la voie de son secrétaire général, l’Union Nationale de la presse congolaise a vivement protesté contre le limogeage du congolais par la radio britannique. Said Penda s’est lui aussi exprimé sur le licenciement de Jacques Matand annoncé par le bureau de Dakar de la radio britannique.

Le journaliste congolais Jacques Matand Diyambi a été licencié par la chaine BBC à la suite d’une interview accordée il y’a plusieurs mois au très controversé auteur camerounais Charles Onana. Connu pour ses positions sujettes à controverse sur le génocide rwandais, l’auteur camerounais sortait au mois d’octobre dernier un ouvrage sur cette page sombre de l’histoire du Rwanda. Dans son ouvrage le camerounais soutient que Paul Kagame, l’actuel président rwandais, serait à l’origine du massacre de plus de 800 000 tutsis en 1994, en plus des dizaines de milliers de Hutus tués. Mais ces affirmations de l’auteur camerounais ne sont malheureusement pas soutenues par des preuves matérielles. C’est à la lumière de ce constat que la rédactrice en chef a pris la décision de licencier le journaliste congolais à l’origine de l’interview sur le génocide rwandais en novembre dernier, puisque cet entretien controversé a ouvert la porte à de nombreuses spéculations sans preuves sur le génocide rwandais.

«La semaine dernière, Jacques Matand, journaliste Congolais (RDC) a reçu une lettre de licenciement signée de la rédactrice en Chef du bureau de la radio britannique à Dakar. La raison, des « manquements graves à la politique éditoriale » de la BBC. Il ressort de mon investigation qu’il est reproché au confrère de la section en Français de la BBC la manière dont il a mené l’interview, en Novembre dernier, avec le controversé écrivain camerounais, charles onana. En clair, la BBC estime que son journaliste a ouvert ses tribunes à une propagande fondée sur des informations erronées, non étayées par des éléments factuels irréfutables, mais fondée sur des suppositions et des interprétations fantaisistes. Or, un journaliste, de surcroit de la BBC, est tenu de bien cerner le personnage à qui il ouvre son antenne.», révélait le journaliste Said Penda après le licenciement de son confrère congolais par le bureau de Dakar de la chaine britannique BBC. Auteur du livre Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise : Quand les archives parlent, l’écrivain camerounais soutient l’hypothèse du double génocide commis par Paul Kagame en 1994. Dans son ouvrage, l’auteur camerounais accuse l’actuel président rwandais d’avoir massacré plus de 800 000 ressortissants de sa propre ethnie, les tutsis. A cela il faut ajouter le massacre des dizaines de milliers de hutus, l’ethnie rivale au Rwanda, autant d’affirmations qui ne sont malheureusement pas soutenus de preuves dans l’interview controversée sur le Rwanda. Pour le journaliste Said Penda, son confrère Jacques Matand devait ‘‘en tout temps amener l’interviewé à apporter des preuves de ses affirmations et/ou accusations et, dans le cas contraire, il fait prendre acte aux auditeurs de ce que les affirmations de son interlocuteur ne sont pas soutenues par des faits’’.

Un licenciement condamné par l’Union des journalistes congolais

«Ma réaction est celle de réprouver totalement cette décision inique juste pour faire plaisir à un individu.  La lecture que j’en fais est que le Rwanda aujourd’hui a comme soutien de taille la Grande Bretagne, depuis qu’il a rejeté le français au profit de l’anglais et qu’il est devenu le plus grand pourvoyeur des minerais qu’il vole en RDC…Les actions qui peuvent être faites: au-delà de la pétition, s’il n’est pas réintégré, décréter un embargo total sur toute l’étendue du pays. Aucun Congolais ne peut plus suivre ce média.», a révélé le président de l’UNPC.

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